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Dimanches Fêtes et solennités

Dimanche des Rameaux et de la Passion – Année A – 9 avril 2017
Évangile de Matthieu 21, 1-11

LA PARABOLE DE L’ÂNE

On n’imagine pas Alexandre le Grand, Jules César, Napoléon et autres prédateurs montés sur un âne pour faire leur Joyeuse entrée dans leur capitale. Jésus, lui, l’a fait. Non pour jouer à l’excentrique, au faux humble. Mais parce que c’était la volonté de son Père nettement mentionnée dans les Ecritures.

« Tressaille d’allégresse, fille de Sion…Voici que ton Roi s’avance vers toi : il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne…Il supprimera le char de guerre ; il brisera les arcs et il proclamera la paix pour les nations. Sa domination s’étendra d’une mer à l’autre… »
( Zacharie 9, 9)

« Crie de joie, fille de Sion, pousse des acclamations, Israël, réjouis-toi de tout ton cœur…Le Seigneur a levé les sentences qui pesaient sur toi, il a détourné ton ennemi. Le Roi d’Israël, le Seigneur lui-même, est au milieu de toi…il est tout joyeux à cause de toi ; dans son amour, il te renouvelle…Je sauverai les brebis boiteuses, je rassemblerai les égarées…Je vous ramènerai…je changerai votre destinée »
(Sophonie 3, 14).

Jésus sait qu’il est ce Roi et que là est son programme : mission de supprimer les armements, d’instituer la paix entre tous les peuples, de sauver les démunis – bref d’aimer pour changer la destinée.
L’âne n’était pas un désir folklorique mais le signe pour faire comprendre la mission de ce Messie : bien écouter Dieu et non ses idées personnelles, aller lentement, porter de lourdes responsabilités, s’attendre à des coups et des rebuffades. Rester un pauvre, refusant honneurs et enrichissement.
La foule n’a pas compris : elle voulait un chef, la force, la gloire, les honneurs, les tambours.
Et nous, acceptons-nous d’être des ânes qui apportent un tel Seigneur ?

R.D.

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5ème dimanche de Carême – Année A – 2 avril 2017
Évangile de Jean 11, 1-45

SIGNES ECRITS POUR CROIRE ET POUR VIVRE

Aujourd’hui nous écoutons le long et célèbre récit dit de « la résurrection de Lazare », le plus sensationnel miracle opéré par Jésus. Mais Jean ne dit jamais que Jésus a fait des « miracles » et il faut toujours relire le dernier verset de son évangile où il explique pourquoi et comment il a écrit son livre :

« Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d’autres signes qui ne sont pas consignés dans ce livre. Ceux-ci l’ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom » (20,30).

Un signe est une chose, un geste qui renvoie à au-delà de lui-même : ainsi un feu rouge vous dit de vous arrêter, un bouquet de fleurs vous dit la gratitude et l’affection de celui qui vous l’offre. Donc Jean n’a pas l’intention de lancer un scoop pour épater ses lecteurs et il ne veut pas restituer parfaitement un événement ancien pour que nous soyons au courant. Ni l’admiration ni la connaissance ne sauvent.
Je n’ai pas écrit, dit Jean, pour que vous connaissiez un fait, pour que vous croyiez que Lazare a été ressuscité mais pour que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Sauveur, le Fils de Dieu, celui qui vous donne la vie. Tout le récit est scandé par l’affirmation : « Afin que vous croyiez » (11, 15) ; « Crois-tu cela ? » (11, 26) ; « J’ai parlé afin qu’ils croient que tu m’exauces » (11 ? 42) ; etc.
La finalité du récit est de conduire le lecteur à croire à Jésus et donc à vivre. Jean rédige son texte pour faire comprendre comment l’action de Jésus est « significative », comment la résurrection de Lazare peut être un signe qui provoque ma résurrection. Essayons de comprendre le signe

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4ème dimanche de Carême – Année A – 26 mars 2017
Évangile de Jean 9, 1-41

« JE SAIS UNE CHOSE :
J’ETAIS AVEUGLE ET MAINTENANT JE VOIS »

Marc, Matthieu et Luc racontent que Jésus a opéré des guérisons et que notamment il a rendu la vue à certains aveugles. Lorsque Jean écrit son évangile, plusieurs années se sont passées et avec sa communauté d’Ephèse, il a beaucoup médité la portée de ces événements.
Si Jésus est Seigneur vivant, Verbe de Dieu, ses paroles et ses actions ne peuvent demeurer fixées dans un passé dont il suffirait d’évoquer le souvenir.
D’ailleurs la cécité se réduit-elle à une infirmité corporelle ? Si oui, pourquoi Jésus n’a-t-il pas rendu la vue à tous les aveugles qu’il rencontrait ?
Suffit-il d’être guéri d’un handicap pour entrer dans le Royaume tel que Jésus l’a précisé ?…Quel est donc le sens profond de ces guérisons ?

D’autre part 75 ans après sa mort et sa disparition, beaucoup de Juifs ne reconnaissent toujours pas Jésus, « ils ne voient pas » qui il est en réalité et l’hostilité des autorités religieuses est telle qu’on a décidé de chasser des synagogues ceux qui se convertissent à la foi nouvelle.

Voilà pourquoi Jean ne raconte pas la guérison d’un aveugle comme un « miracle » (mot qu’il n’utilise jamais) mais comme l’histoire qui arrive à celui qui commence à voir, qui reconnaît Jésus comme son Seigneur en se laissant baptiser.
L’Evangile n’est pas une histoire ancienne mais rejoint l’actualité même du lecteur croyant.

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3ème dimanche de Carême – Année A – 19 mars 2017
Évangile de Jean 4, 5-42

SEIGNEUR, DONNE-MOI CETTE EAU VIVE

Lors de ces trois dimanches, nous écoutons des pages célèbres de l’évangile de Jean qui nous conduiront à pénétrer dans la Grande Semaine puis dans le Mystère pascal :

  • La rencontre de Jésus avec une femme de Samarie
  • La guérison puis le procès d’un aveugle-né à Jérusalem
  • La réanimation de Lazare, à Béthanie.

On reconnaît tout de suite le style de Jean si différent des évangiles précédents. Pendant quelques dizaines d’années après ceux-ci, l’école de Jean, à Ephèse sans doute, a médité, approfondi le mystère de Jésus.
Rappelons la conclusion de son évangile qui en dit le but : « Ces signes ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu – et pour que, en croyant, vous ayez la Vie en son Nom » (20, 31)
Rien n’est plus important sur terre que de le connaître et de lui faire confiance, c.à.d. de croire en lui.

Il faut bien voir la différence. Un historien enquête soigneusement pour reconstituer le passé aussi parfaitement que possible : il donne à ses lecteurs la joie de faire un saut en arrière et de se plonger dans l’histoire à jamais révolue. Jean est un génie spirituel et théologique mais d’abord un évangéliste : il sait que Jésus a été naguère un personnage de l’histoire mais il est le Seigneur, la Parole incarnée de Dieu, celui qui demeure vivant dans l’histoire et qui peut donner à tout homme l’Esprit.
La rencontre avec la Samaritaine montre comment Jésus Seigneur nous rejoint dans notre aujourd’hui, nous propose l’Esprit qui, comme une eau vive, irriguera notre cœur desséché, lavera nos souillures et nous fera vivre de la Vie de Dieu.

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2ème dimanche de Carême – Année A – 12 mars 2017
Évangile de Matthieu 17, 1-9

TRANSFIGURATION
« QUE TON VISAGE S’ECLAIRE ET NOUS SERONS SAUVES »

(Psaume 80)

Le baptême avait marqué le premier tournant de la vie de Jésus : l’artisan de Nazareth était intronisé Roi par Dieu son Père et se lançait seul dans sa mission.
Ses options de base étaient fermes : faire vivre les hommes en leur annonçant la Parole de Dieu, sans recours à la magie ni à la violence.
Dans un coin perdu du monde, la Parole commence à éveiller une humanité nouvelle.

Après un certain temps, un second tournant va s’effectuer. Aux sources du Jourdain, Jésus annonce à ses disciples effarés qu’il a décidé de monter à Jérusalem, qu’il y sera refusé, condamné et exécuté, qu’il a toute confiance en son Père qui lui rendra la vie. Et il ajoute : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il me suive sur ce même chemin ».
« 6 jours après cette annonce » a lieu la célèbre scène de l’évangile d’aujourd’hui : sur la montagne, Jésus est transfiguré. Son visage rayonne de la présence d’amour de son Père. La vision est furtive mais la voix entendue au baptême répète : « Oui il est mon Fils : écoutez-le ».
L’annonce de la croix est confirmée par la Lumière divine.
Visage crispé par la peur et visage rayonnant de lumière sont les indices, les présages de la Pâque prochaine.

La vision n’est pas le terme : elle fait place à l’audition. « Ecoutez-le ».

L’arrêt sur la montagne, ou à la messe du dimanche, n’est qu’une étape : il faut redescendre, sortir, poursuivre la route où nous attendent refus des hommes et grâce de Dieu.

Oui Jésus est bien la Lumière du monde. Et la Lumière de Dieu brille sur un visage d’homme.
La vraie beauté d’un visage humain n’est pas cosmétique mais transparence de l’amour.

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1er dimanche de Carême – Année A – 5 mars 2017
Évangile de Matthieu 4, 1-11

LE VRAI SENS DU CARÊME

Les apôtres et les premières générations chrétiennes n’ont jamais « fait carême ». Groupes minuscules perdus dans les multitudes païennes, ils se rassemblaient chaque premier jour de la semaine (Jour du Seigneur = Dimanche) et, au printemps, ils célébraient Pâques, la grande fête de la Résurrection du Seigneur qu’ils préparaient par trois jours de jeûne et qu’ils prolongeaient par les 50 jours joyeux de la Pentecôte.
Ce temps Pâques-Pentecôte reste le sommet de l’année liturgique.

Plus tard, en souvenir douloureux de la croix, on allongea le temps de pénitence d’abord à toute la semaine, dite « semaine sainte », puis peu à peu aux semaines précédentes.
Et comme il était depuis toujours strictement interdit de jeûner le dimanche – Jour du Seigneur, jour de joie et d’allégresse -, on remonta jusqu’au mercredi précédent afin d’obtenir une période de 40 jours. Le mot latin « quadragesima » donna le mot français carême dont l’entrée fut symbolisée par le rite de l’imposition des cendres.

Le carême n’est donc pas d’abord un temps d’ascèse, un ramadan chrétien, mais un chemin orienté vers son terme : Pâques. C’est en décidant de mieux communier au Christ mort et ressuscité que l’on décide de la façon de « faire carême » donc de « faire pénitence ».
Et il faut rappeler que le mot « pénitence » ne veut pas dire d’abord effort pénible, punition, privation, flagellation, souffrance…mais « conversion », changement d’orientation.
Cette conversion est une bonne nouvelle, une merveille de la foi judéo-chrétienne : elle affirme que l’homme n’est pas prisonnier dans la prison de ses fautes passées, dans le carcan de ses habitudes.
Elle remplace le « remords » qui ronge et décourage par le « repentir » qui espère à bon droit que du neuf est toujours possible.

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8ème dimanche ordinaire – Année A – 26 février 2017
Évangile de Matthieu 6, 24-34

Là où est ton trésor, là est ton cœur

Il obture notre angoisse de manquer. Il nous permet de satisfaire nos besoins vitaux : manger, boire, se vêtir, habiter, se soigner. Il apaise notre inquiétude du lendemain.
L’argent est donc un instrument très utile, nécessaire, indispensable. L’argent liquide est comme le sang qui circule pour apporter la vie à tout l’organisme humain. S’il circule !!
Mais en avoir plus, toujours plus, offre tellement d’avantages ! Il ouvre des possibilités de jouissances nouvelles, offre notoriété, réputation. Le riche oublie le devoir de le partager – or tout homme doit vivre.
L’argent rend sourd aux cris des affamés : des fortunes gigantesques s’édifient tandis que des multitudes s’enlisent dans la misère.
L’argent rend aveugle au désastre écologique et à la destruction insensée de la planète.
La convoitise brûle : on gaspille, on se consume à consommer de façon effrénée.
Quel monde laisserons-nous à nos enfants ?

Ecoutons aujourd’hui le grave avertissement du Seigneur. Le tout premier danger qui torpille la vie dans le Royaume de Dieu, c’est la déification de l’argent. L’outil devient maître.
La cupidité donne la confiance. La fortune éteint l’espérance. L’avarice tue la charité.

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7ème dimanche ordinaire – Année A – 19 février 2017
Évangile de Matthieu 5, 38-48

« AIMEZ VOS ENNEMIS » : LA RÉVOLUTION CHRÉTIENNE
(Pape Benoît XVI)

« L’Évangile de ce dimanche contient l’une des paroles les plus typiques et fortes de la prédication de Jésus: « Aimez vos ennemis »… Pourquoi Jésus demande-t-il d’aimer ses ennemis, un amour qui dépasse les capacités humaines ? En réalité, la proposition du Christ est réaliste, car elle tient compte du fait que dans le monde il règne trop de violence, trop d’injustice, et que par conséquent, on ne peut surmonter cette situation qu’en lui opposant un supplément d’amour, un supplément de bonté. Ce « supplément » vient de Dieu, c’est sa miséricorde qui s’est faite chair en Jésus et qui seule peut « faire basculer » le monde du mal vers le bien, à partir de ce « monde » petit et décisif qu’est le cœur de l’homme.

Cette page de l’Évangile est considérée, à juste titre, comme la « grande charte » de la non-violence chrétienne, qui ne consiste pas à se résigner au mal mais à répondre au mal par le bien (Rom 12, 17-21), en brisant ainsi la chaîne de l’injustice.

On comprend alors que pour les chrétiens, la non-violence n’est pas un simple comportement tactique, mais bien une manière d’être de la personne, l’attitude de celui qui est tellement convaincu de l’amour de Dieu et de sa puissance, qu’il n’a pas peur d’affronter le mal avec les seules armes de l’amour et de la vérité.

L’amour  pour  l’ennemi constitue le noyau de la « révolution chrétienne », une révolution qui n’est pas fondée sur des stratégies de pouvoir économique, politique ou médiatique.

Un amour qui ne s’appuie pas, en définitive, sur les ressources humaines, mais qui est un don de Dieu que l’on obtient uniquement en faisant confiance sans réserves à sa bonté miséricordieuse.

Voilà la nouveauté de l’Évangile, qui change le monde sans faire de bruit.

Voilà l’héroïsme des « petits », qui croient dans l’amour de Dieu et le diffusent même au prix de leur vie ».

Pape Benoit XVI (Angelus du 18.02.2007)
Ce texte est cité par le pape François dans son Message pour la Journée de la Paix 2017 (cf. ci-dessous) 

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6ème dimanche ordinaire – Année A – 12 février 2017
Évangile de Matthieu 5, 17-37

Je ne suis pas venu abolir mais accomplir.

En adoptant le style du prophète pauvre et itinérant,
en proclamant avec assurance qu’il vient inaugurer le Royaume de Dieu,
en pressant les gens de changer leurs conceptions et de vivre comme il le dit et le pratique,
en enseignant que l’entrée dans ce royaume s’opère par les chemins des 8 béatitudes,
en présentant la Bonne Nouvelle de la Miséricorde de Dieu à tous les pécheurs,
est-ce que Jésus n’apportait pas quelque chose d’absolument nouveau ?

Est-ce que son Evangile ne remplaçait pas la Loi ?
Est-ce que la Nouvelle Alliance ne rendait pas l’Ancienne caduque?
Est-ce que les 8 Béatitudes ne supplantaient pas les 10 Paroles du Décalogue ?
Est-ce que la liberté s’épanouissait au-delà de la morale ?….

« NON ! Ne pensez pas… »

Enchaînant sur les Béatitudes, Jésus tout de suite écarte cette fausse interprétation.
Le Nouveau Testament ne dévalorise pas l’Ancien : il « l’accomplit ».

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5ème dimanche ordinaire – Année A – 5 février 2017
Évangile de Matthieu 5, 13-16

Pape François : Partager le sel et la lumière donnent à la vie chrétienne sa saveur
Homélie lors de la messe du 7 juin 2016 à la Maison Sainte-Marthe.

Jésus, a insisté François, parle toujours «avec des paroles faciles, avec des comparaisons faciles, pour que tous puissent comprendre le message». Comme, par exemple, la définition du chrétien qui doit être lumière et sel. Aucune des deux choses, a observé le Pape, n’est pour elle-même : «La lumière sert à illuminer autre chose, le sel sert à donner une saveur à autre chose, à la conserver.»

La batterie du chrétien, pour faire de la lumière, c’est la prière
Mais comment peut donc faire le chrétien pour que le sel et la lumière ne manquent pas, pour faire en sorte que l’huile ne manque pas pour allumer les lampes ?
«Quelle est la batterie du chrétien pour faire la lumière ? Simplement la prière. Tu peux faire beaucoup de choses, beaucoup d’œuvres, aussi des œuvres de miséricorde, tu peux faire beaucoup de grandes choses pour l’Église, une université catholique, un collège, un hôpital, et ils te feront un monument de bienfaiteur de l’Église, mais si tu ne pries pas, il sera un peu obscur et sombre. Beaucoup d’œuvres deviennent sombres, par manque de lumière, par manque de prière. Ce qui maintient la lumière, ce qui donne la vie à la lumière chrétienne, ce qui illumine, c’est la prière.»
La prière «sérieuse», a insisté le Pape, «la prière d’adoration au Père, de louange à la Trinité, la prière de remerciement, aussi la prière de demander les choses au Seigneur, mais la prière du cœur.»

Le chrétien donne de la saveur à la vie des autres avec l’Évangile
…. «Le sel devient sel quand il se donne. Et ceci est une autre attitude du chrétien : se donner, donner de la saveur à la vie des autres, donner de la saveur à tant de choses avec le message de l’Évangile.»
«Se donner, ne pas se conserver soi-même. Le sel n’est pas pour le chrétien, il est pour le donner. Le chrétien l’a pour le donner, il est sel pour se donner, mais il ne l’est pas pour lui-même. La lumière ne s’illumine pas elle-même. Le sel ne se rend pas savoureux lui-même.»
Certes, a-t-il observé, on pourrait se demander jusqu’à quand pourraient durer le sel et la lumière, et si nous pouvions continuer à nous donner sans arrêt. Mais alors, «entre la force de Dieu, parce que le chrétien est un sel donné par Dieu dans le baptême», c’est «une chose qui t’est donnée et continue à t’être donnée si toi tu continues à la donner, en illuminant et en donnant. Et elle ne finit jamais.»

Se garder de la tentation de la «spiritualité du miroir»
….. «Illumine avec ta lumière, mais défend-toi de la tentation de t’illuminer toi-même. Ceci est une chose mauvaise, c’est un peu la spiritualité du miroir : illumine-moi. Défend-toi de la tentation de prendre soin de toi-même. Sois lumière pour illuminer, sois sel pour donner de la saveur et conserver.»
Le sel et la lumière, a-t-il affirmé encore, n’existent pas «pour eux-mêmes», mais existent pour donner aux autres «dans les bonnes œuvres». Et ainsi, a-t-il exhorté, «resplendit votre lumière devant les hommes. Pourquoi ? Parce qu’ils voient vos bonnes œuvres et rendent gloire à votre Père qui est dans les Cieux. C’est-à-dire : retourner à Celui qui t’a donné la lumière et t’a donné le sel.»
«Que le Seigneur nous aide en cela, a repris le Pape, toujours prendre soin de la lumière, ne pas la cacher, la mettre en acte». Et le sel, «en donner la juste proportion, ce qui est nécessaire, mais le donner», parce qu’ainsi il grandit. «Ce sont les bonnes œuvres du chrétien», a-t-il conclu.

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4ème dimanche ordinaire – Année A – 29 janvier 2017
Évangile de Matthieu 5, 1-12

LES 8 COLONNES DE LA MAISON DE DIEU

Au temps de sa grandeur (- 5e siècle), Athènes édifie le temple du Parthénon au sommet de l’acropole en l’honneur de sa divinité protectrice Athéna, déesse de la raison. Chef d’œuvre, symbole du miracle grec.
En son centre la statue écrasante, gigantesque (11 mètres.), couverte d’ivoire et d’or, de la déesse.
La façade s’ouvre sur 8 colonnes.
« Il y a un lieu où la perfection existe…Quand je vis l’acropole, j’eus la révélation du divin…O déesse, le monde ne sera sauvé qu’en revenant à toi » (Ernest RENAN)

Aujourd’hui, les touristes affluent du monde entier pour admirer et photographier ce chef-d’œuvre, « patrimoine mondial de l’humanité ». Un vestige d’une haute civilisation.
Un monument en partie ruiné. La statue a disparu.

5 siècles plus tard, sur une colline de Galilée, Jésus ne construit pas un édifice, il n’écrit rien.
Il parle, il expose son programme pour la paix du monde.
Il s’adresse à un peuple de pauvres, une population écrasée par le joug étranger.
Au cœur de son enseignement : le « Notre Père ». En portique : les 8 colonnes des Béatitudes.

Aujourd’hui, dans le monde entier, des multitudes infinies de cœurs simples continuent à découvrir le bonheur de vivre selon les 8 béatitudes. 8 Paroles qui créent un temple spirituel.
En entrant dans l’Evangile, le croyant découvre Dieu comme son PÈRE (hébreu : AB), donc il est son FILS (hébreu : BEN) ; donc il est « AB-BEN »(en hébreu : PIERRE).

En communauté, les disciples de Jésus sont les pierres vivantes du TEMPLE de l’Esprit.
Il ne sera jamais en ruines. Patrimoine éternel à la Gloire de Dieu le Père.

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3ème dimanche ordinaire – Année A – 22 janvier 2017
Évangile de Matthieu 4, 12-23

SUIVEZ-MOI : JE VOUS FERAI PÊCHEURS D’HOMMES

Jésus qui, dans la solitude, méditait sur l’appel de Dieu entendu à son baptême, apprend la nouvelle de l’arrestation de son maître Jean. Il l’interprète comme le signal pour commencer sa propre mission.
Toutefois il ne reprend pas la place de Jean au gué du Jourdain: traversant la Judée, il fuit vers le nord dans la province de Galilée. Pourquoi cette fuite?
Passant dans le village de Nazareth où il a vécu, il ferme son atelier et fait ses adieux à sa mère.
Puis il va s’installer dans la ville de Capharnaüm, sur le bord nord-ouest du lac de Galilée.
À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux s’est approché ». .. Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer. Il leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes ».

Jésus décide de répondre à l’appel de Dieu entendu à son baptême. Il s’installe en plein monde là où croyants et païens se mêlent.
Pauvre, seul, il proclame la Nouvelle qui va changer la face du monde.
Il appelle quelques jeunes ouvriers pour collaborer à son œuvre : empêcher les hommes de se noyer dans le superflu, le mensonge, l’égoïsme, la haine.

Voulons-nous nous décider à poursuivre cette mission ?