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Véronique Devise, à la tête du Secours catholique France

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Véronique Devise, 56 ans, doit succéder ce mardi 15 juin à Véronique Fayet à la présidence du Secours catholique. Originaire du Pas-de-Calais, cette assistante sociale de formation est réputée pour son écoute et son efficacité.

Quand on lui parle de ce nouveau poste à la tête du Secours catholique elle désamorce d’un sourire : « Au Secours catholique on ne prend pas de responsabilité, on répond à un appel ». Elle y voit surtout « l’aboutissement de quinze ans d’engagement au sein du Secours catholique ». « J’ai dit oui pour continuer à lutter contre la pauvreté et ses causes mais j’ajouterai avec les pauvres. Avec et à partir des pauvres ».

Quinze ans au Secours catholique

Véronique Devise, 56 ans, mère de quatre enfants et grand-mère de bientôt cinq petits-enfants, a constamment choisi d’orienter sa vie vers les plus démunis. Par son métier d’assistante sociale d’abord, qu’elle exerce depuis une trentaine d’années. elle travaille en milieu hospitalier en pédiatrie, où elle accompagne des familles avec des enfants atteints de maladie incurable. Puis enchaîne avec une expérience dans une structure d’insertion professionnelle, une autre d’aide à la personne et une dernière consacrée à l’accueil des personnes handicapées.

« Les parents étant souvent en situation de pauvreté, quand on a des enfants porteurs d’un handicap, parfois le handicap a une origine sociale et non génétique. Elle prend son origine dans la pauvreté des familles …Je trouvais qu’on ne comprenait pas toujours assez la complexité de ces familles que l’on condamnait un peu vite. »

Une vie professionnelle riche, tournée vers les plus fragiles, à laquelle il faut ajouter ses nombreuses activités bénévoles et associatives. Bénévole dans une prison elle a par la suite lancé un groupe de parole pour les personnes atteintes de longue maladie incurable.

« Et les orientations du Secours catholique permettent vraiment de réfléchir à comment accompagner, comment remettre les gens debout ». Véronique parle calmement, doucement. « Si on regarde dans les évangiles, songez que les trois-quarts des textes sont liés à des personnes exclues ! ». Parmi les figures qui l’inspirent on retrouve saint François d’Assise « qui a su défendre les plus pauvres avec une grande humilité ». Mais aussi le pape François « qui a connu toutes les pauvretés dans son pays et qui a une profonde sensibilité aux plus pauvres ».

« Pour moi c’est le vrai message : l’Église doit aller aux périphéries et notamment dans ces lieux où personne ne va », reprend-t-elle.

L’ancien Président du Secours catholique de 2008 à 2014, François Soulage, a lui aussi marqué Véronique Devise. « En voyant sa manière d’agir en tant que chrétien au niveau politique, j’ai réalisé qu’il fallait que je travaille cela, que je réussisse à assumer et témoigner de mes convictions religieuses ». D’ailleurs, pas question pour elle d’enlever le terme « catholique » du nom de l’association. « Dans le Secours catholique, le « catholique » est important ! On se pose régulièrement la question de l’enlever mais cela dit quelque chose de qui nous sommes. Il faut l’assumer tout simplement. »

C’est la parabole du Bon Samaritain que Véronique évoque spontanément lorsqu’on lui demande un passage de la Bible qui l’a nourri particulièrement. « Il y a deux messages importants dans ce texte », détaille-t-elle. « Je retiens que le plus important est d’aller vers son prochain, vers la personne souffrante ». « Ensuite, tout simplement, nous ne sommes pas seul. Le Bon Samaritain fait appel à l’aubergiste. Au Secours catholique nous fonctionnons en réseau, nous ne sommes pas isolés les uns des autres. Dans les situations les plus complexes on a besoin des autres. Seul, on ne peut y arriver ».

Deux certitudes fondatrices pour Véronique Devise : « Il ne faut pas réduire les personnes à leurs difficultés, leurs fautes ou leurs incompréhensions. En chacun de nous on peut appeler ce fond de l’homme qui est bon et qui peut donc nous donner l’espérance que le monde sera meilleur demain. Et je pense qu’il est en route ».

(Dans Aleteia 16 juin 2021)