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Le Pape contre le gaspillage alimentaire

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« Dans le moment si dur que nous traversons, les aliments ne peuvent pas être objet de spéculation », écrit le pape François dans un message adressé au directeur général de la FAO, le Chinois Qu Donyu, à l’occasion ce jeudi de la Journée internationale de la prise de conscience des pertes et du gaspillage alimentaire. Le Pape dresse aussi, en filigrane, une sévère critique de l’inefficacité des organisations internationales face à cette crise.

« Il est vraiment honteux et inquiétant de voir des aliments jetés à la poubelle ou gâchés par manque de ressources pour les acheminer vers leurs destinataires », avertit le Pape. Une « alimentation adéquate » est « un droit basique et prioritaire de chaque personne », particulièrement dans le « moment si dur que nous sommes en train de vivre ».

Ces pertes « divisent l’humanité entre ceux qui ont trop et ceux qui manquent de l’essentiel », avertit le Pape. « Le cri des affamés, privés d’une forme ou d’une autre du pain quotidien, doit résonner dans les centres où se prennent les décisions ».

Une dénonciation du « consumérisme compulsif »

En reprenant une expression de Jean Paul II, le pape François dénonce le « paradoxe de l’abondance » qui marque le monde actuel, avec des ressources suffisantes pour nourrir huit milliards de personnes, mais de graves inégalités dans leur gestion et leur répartition. 

« C’est un scandale que les grands producteurs encouragent le consumérisme compulsif pour s’enrichir, sans même considérer les besoins réels des êtres humains », s’insurge le Pape venu d’Argentine qui exporte une grande partie de sa production agricole alors qu’une partie de sa population souffre de la faim. 

Face « au cri déchirant des affamés qui réclament justice », « nous ne pouvons pas nous contenter d’exercices rhétoriques, qui terminent dans des déclarations qui ne sont pas respectées par oubli, mesquinerie ou cupidité ». Il demande aux dirigeants internationaux d’assumer leurs responsabilités vis-à-vis de l’humanité actuelle comme vis-à-vis des « générations futures » et de ceux qui sont « frappés par la misère économique et existentielle ». 

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