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FRANCOIS DIAGNOSTIQUE LES MALADIES DE LA CURIE

En présentant en 2014 ses vœux de Noël aux Cardinaux de la Curie romaine, le pape François a tenu un discours qui a secoué l’auditoire et a eu un impact considérable dans le monde. Plutôt que les pieuses mièvreries habituelles, les Eminences ont eu droit à entendre, de la part de quelqu’un qui les connaît bien, un diagnostic précis sur les « maladies » qui les guettent. La miséricorde doit dévoiler la vérité afin de permettre la guérison. En voici quelques extraits.

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je voudrais que notre rencontre et les réflexions que je vais partager avec vous deviennent, pour nous tous, un soutien et un stimulant pour un véritable examen de conscience afin de préparer notre cœur à la sainte fête de Noël….

La Curie étant un corps dynamique, elle ne peut vivre sans se nourrir ni se soigner… sans avoir un rapport vital, personnel, authentique et solide avec le Christ. Un membre de la Curie qui ne se nourrit pas quotidiennement de cet Aliment deviendra un bureaucrate (un formaliste, un fonctionnaire, un simple employé) : un sarment qui se dessèche, meurt peu à peu et est jeté au loin. La prière quotidienne, la participation assidue aux Sacrements, en particulier à l’Eucharistie et à la réconciliation, le contact quotidien avec la Parole de Dieu et la spiritualité traduite en charité vécue sont pour chacun de nous l’aliment vital.

Par conséquent, la relation vivante avec Dieu nourrit et renforce aussi la communion avec les autres, c’est-à-dire que plus nous sommes intimement unis à Dieu, plus nous sommes unis entre nous parce que l’Esprit de Dieu unit et l’esprit du malin divise.

Comme tout corps, la Curie est exposée aussi aux maladies, aux dysfonctionnements. Ce sont les maladies les plus habituelles dans notre vie de Curie qui affaiblissent notre service du Seigneur. Je crois que le « catalogue » de ces maladies dont nous parlons aujourd’hui – à l’instar des Pères du désert, qui faisaient de tels catalogues – nous aidera: il nous aidera à nous préparer au sacrement de la Réconciliation.

15 MALADIES REELLES,
PAS TOUJOURS REMARQUEES

1. La maladie de se sentir “immortel”, “à l’abri” et même “indispensable”, outrepassant les contrôles nécessaires ou habituels. Une Curie qui ne s’autocritique pas, qui ne se met pas à jour, qui ne cherche pas à s’améliorer est un corps infirme. Une simple visite au cimetière pourrait nous permettre de voir les noms de nombreuses personnes, dont certaines pensaient être immortelles, à l’abri et indispensables ! …..L’antidote à cette épidémie est la grâce de nous sentir pécheurs et de dire de tout cœur : « Nous sommes de simples serviteurs ; nous avons fait ce que nous devions faire » (Lc 17, 10).

2. La maladie d’une activité excessive ou de ceux qui se noient dans le travail et qui négligent, inévitablement “la meilleure part” , le fait de s’asseoir aux pieds de Jésus (cf. Lc 10, 38-42).

3. Il y a la maladie de ceux qui ont un cœur de pierre et une “nuque raide”; de ceux qui, chemin faisant, perdent la sérénité intérieure, la vitalité et l’audace, et qui se cachent sous les papiers devenant “des machines à dossiers” et non plus des “hommes de Dieu” (cf. Heb 3, 12)

4. La maladie de la planification excessive et du fonctionnarisme. se transformant ainsi en expert-comptable ou en fiscaliste. Il est nécessaire de tout bien préparer, mais sans jamais tomber dans la tentation de vouloir enfermer et piloter la liberté de l’Esprit Saint…

5. La maladie de la mauvaise coordination. Quand les membres perdent la communion entre eux et que le corps devient un orchestre qui produit du vacarme parce que ses membres ne collaborent pas et ne vivent pas l’esprit de communion et d’équipe.

6. Il y a aussi la maladie « d’Alzheimer spirituel » ou l’oubli de l’histoire personnelle avec le Seigneur, du « premier amour ». Il s’agit du déclin progressif des facultés spirituelles qui produit de graves handicaps chez la personne, la rendant incapable d’exécuter une activité autonome, vivant un état d’absolue dépendance de ses vues souvent imaginaires. Nous le voyons chez ceux qui construisent autour d’eux des murs et des habitudes, devenant chaque jour plus esclaves des idoles qu’ils ont sculptées de leurs propres mains.

7. La maladie de la rivalité et de la vanité. Quand l’apparence, les couleurs des vêtements et les insignes de distinctions honorifiques deviennent l’objectif premier de la vie, oubliant les paroles de saint Paul : «Que chacun par humilité estime les autres supérieurs à soi. Ne recherchez pas chacun vos propres intérêts, mais plutôt que chacun songe à ceux des autres » (Ph 2, 1-4).

8. La maladie de la schizophrénie existentielle. C’est la maladie de ceux qui mènent une double vie, fruit de l’hypocrisie typique du médiocre et du vide spirituel progressif que diplômes et titres académiques ne peuvent combler. Une maladie qui frappe souvent ceux qui, abandonnant le service pastoral, se limitent aux tâches bureaucratiques, en perdant ainsi le contact avec la réalité, avec les personnes concrètes.

9. La maladie du bavardage, du murmure et du commérage. C’est une maladie grave, qui commence simplement, peut-être seulement par un peu de bavardage, et s’empare de la personne en la transformant en ‘‘semeur de zizanie’’. C’est la maladie des personnes lâches qui n’ont pas le courage de parler directement ; ils parlent par derrière. Frères, gardons-nous du terrorisme des bavardages !

10. La maladie de diviniser les chefs : ceux qui courtisent les Supérieurs, en espérant obtenir leur bienveillance. Ils sont victimes du carriérisme et de l’opportunisme, ils honorent les personnes et non Dieu (cf. Mt 23, 8-12). Ce sont des personnes qui vivent le service en pensant uniquement à ce qu’elles doivent obtenir et non à ce qu’elles doivent donner.

11. La maladie de l’indifférence envers les autres. Quand chacun pense seulement à soi-même et perd la sincérité et la chaleur des relations humaines. Quand le plus expert ne met pas sa connaissance au service des collègues moins experts. Quand on apprend quelque chose et qu’on le garde pour soi au lieu de le partager positivement avec les autres. Quand, par jalousie ou par ruse, on éprouve de la joie en voyant l’autre tomber au lieu de le relever et de l’encourager.

12. La maladie du visage funèbre. C’est-à-dire des personnes grincheuses et revêches, qui considèrent qu’il faut arborer un visage de mélancolie, de sévérité et traiter les autres avec rigidité et arrogance. L’apôtre doit s’efforcer d’être une personne courtoise, sereine, enthousiaste et gaie qui transmet la joie où qu’elle se trouve. Un cœur plein de Dieu est un cœur heureux qui irradie et communique sa joie à tous ceux qui sont autour de lui.

13. La maladie de l’accumulation : quand l’apôtre cherche à combler un vide existentiel dans son cœur, en accumulant des biens matériels, non par nécessité, mais seulement pour se sentir en sécurité. En réalité, nous n’emporterons rien de matériel avec nous parce que ‘‘le linceul n’a pas de poches’’.

14. La maladie des cercles fermés, où l’appartenance au groupe devient plus forte que celle au Corps et, dans certaines situations, au Christ lui-même. Cette maladie aussi commence toujours par de bonnes intentions, mais avec le temps, elle asservit ses membres en devenant un cancer qui menace l’harmonie du Corps et cause beaucoup de mal – des scandales – spécialement à nos frères les plus petits.

15. Et la dernière : la maladie du profit mondain, des exhibitionnismes, quand l’apôtre transforme son service en pouvoir, et son pouvoir en marchandise pour obtenir des profits mondains ou plus de pouvoirs. C’est la maladie des personnes qui cherchent insatiablement à accroître leurs pouvoirs, et à cette fin ils sont capables de calomnier, de diffamer et de discréditer les autres …………..

* * * * *

Frères, ces maladies et ces tentations sont naturellement un danger pour tout chrétien et pour toute curie, communauté, congrégation, paroisse, mouvement ecclésial…Il faut qu’il soit clair que c’est seulement l’Esprit qui guérit toute infirmité. C’est l’Esprit Saint qui soutient tout effort sincère de purification et toute bonne volonté de conversion. La guérison est aussi le fruit de la conscience de la maladie et de la décision personnelle et communautaire de se soigner, en supportant le traitement avec patience et avec persévérance.

J’ai lu un jour que les prêtres sont comme les avions : on parle d’eux seulement lorsqu’ils tombent, mais il y en a beaucoup qui volent. Beaucoup les critiquent et peu prient pour eux. C’est une phrase très sympathique mais aussi très vraie, parce qu’elle indique l’importance et la délicatesse de notre service sacerdotal et quel mal pourrait causer à tout le corps de l’Église un seul prêtre qui ‘‘tombe’’.

Tous mes vœux de sainte fête de Noël à vous tous, à vos familles et à vos collaborateurs. Et, s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi ! Merci de tout cœur!

Pape François

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