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Nous traiter avec respect

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Washington D.C. – 20. 01. 2021 – Joe Biden a prêté serment sur la Bible familiale, traduction anglaise imprimée à Douai à la fin du 16ème siècle.

Extraits

« …Aujourd’hui, nous célébrons le triomphe, non pas d’un candidat, mais d’une cause, la cause de la démocratie. Nous avons appris une fois de plus que la démocratie est précieuse. La démocratie est fragile.

Rares sont ceux dans les annales de notre pays qui ont eu plus de défis à relever ou qui ont vécu à une époque aussi difficile que la nôtre. Un virus extrêmement rare hante silencieusement le pays. Il a fait autant de victimes que l’Amérique a pleurées pendant l’ensemble de la Seconde Guerre mondiale. Des millions d’emplois ont disparu, des centaines de milliers d’entreprises ont fermé, un appel à la justice raciale en gestation depuis 400 ans nous émeut. Le rêve d’une justice pour tous ne sera plus différé. (Applaudissements)

Un cri pour la survie vient de la planète elle-même. Un cri qui ne saurait être plus désespéré ni plus clair, et maintenant la montée de l’extrémisme politique, du suprémacisme blanc, du terrorisme intérieur que nous devons affronter et que nous vaincrons. (Applaudissements)

La voie de l’unité

Aujourd’hui, en ce jour de janvier, voici ce à quoi mon âme est pleinement attachée : rassembler l’Amérique, unir notre peuple, unir notre nation. Et je demande à chaque Américain de se joindre à moi dans cette cause. (Applaudissements)

Je sais que parler d’unité peut paraître une idée folle de nos jours. Je sais que les forces qui nous divisent sont profondes et qu’elles sont réelles. Mais je sais aussi qu’elles ne sont pas nouvelles. Notre histoire est un combat constant entre l’idéal américain, celui qui veut que nous sommes tous créés égaux, et la dure et laide réalité que le racisme, le nativisme, la peur, la diabolisation nous déchirent depuis longtemps.

L’histoire, la foi et la raison nous montrent la voie, la voie de l’unité. Nous pouvons nous voir les uns les autres, non pas comme des adversaires, mais comme des voisins. Nous pouvons nous traiter les uns les autres avec dignité et respect. Nous pouvons unir nos forces, cesser de crier et baisser le ton. Car sans unité, il n’y a pas de paix ; il n’y a que de l’amertume et de la fureur. Pas de progrès, mais rien qu’une indignation épuisante. Pas de nation, mais rien d’autre que le chaos.

Et donc, aujourd’hui, maintenant, en ce lieu, prenons un nouveau départ, tous ensemble. Recommençons à nous écouter les uns les autres. À nous entendre les uns les autres. À nous voir les uns les autres. À nous respecter les uns les autres. Il n’est pas dit que la politique doive être un incendie qui fait rage, détruisant tout sur son chemin. Chaque désaccord n’a pas à être une cause de guerre totale. Et nous devons rejeter la culture dans laquelle les faits eux-mêmes sont manipulés, et même fabriqués. (Applaudissements)

À tous ceux qui ont soutenu notre campagne, je suis plein d’humilité face à la confiance que vous avez placée en nous. À tous ceux qui ne nous ont pas soutenus, permettez-moi de vous dire ceci. Si vous n’êtes toujours pas d’accord, qu’il en soit ainsi. La démocratie, c’est cela. L’Amérique, c’est cela. Le droit de ne pas être d’accord pacifiquement.

Mais écoutez-moi attentivement, un désaccord ne doit pas mener à la désunion. Et je m’y engage devant vous, je serai le président de tous les Américains, de tous les Américains. (Applaudissements) Et je vous le promets, je me battrai aussi bien pour ceux qui ne m’ont pas soutenu que pour ceux qui l’ont fait. (Applaudissements)

Un peuple selon saint Augustin

Il y a de nombreux siècles, Saint Augustin, un saint de mon Église, a écrit qu’un peuple était une multitude d’êtres définis par leur amour commun des mêmes choses. Définis par leur amour commun des mêmes choses. Quels sont les choses que nous, Américains, aimons en commun, qui nous définissent en tant qu’Américains ?

Ce sont les opportunités, la sécurité, la liberté, la dignité, le respect, l’honneur et, oui, la vérité. Les semaines et les mois derniers nous ont appris une leçon douloureuse. Il y a la vérité et il y a les mensonges, les mensonges dits pour le pouvoir et le profit.

Et chacun de nous a le devoir et la responsabilité, en tant que citoyens, en tant qu’Américains, et surtout en tant que dirigeants, de dirigeants qui se sont engagés à honorer notre Constitution et à protéger notre nation, de défendre la vérité et de vaincre les mensonges. (Applaudissements)

Je comprends que beaucoup de mes compatriotes américains envisagent l’avenir avec peur et appréhension. Je comprends que, comme mon père, allongés dans leur lit la nuit, les yeux rivés au plafond, ils se demandent : « Est-ce que je vais pouvoir garder ma couverture santé, est-ce que je vais pouvoir rembourser mon prêt immobilier ? »

Mais la réponse n’est pas de se replier sur soi, de se réfugier au sein de factions rivales, en se méfiant de ceux qui ne ressemblent pas — qui ne nous ressemblent pas, ou qui n’exercent pas leur foi comme nous, ou qui s’informent auprès de sources différentes des nôtres.

Nous devons arrêter cette guerre incivile qui oppose le rouge au bleu, la campagne à la ville, les conservateurs aux progressistes. Nous pouvons y arriver si nous ouvrons nos âmes au lieu d’endurcir nos cœurs.

Et si on se comporte comme cela, notre pays va être plus fort, plus prospère, plus préparé pour l’avenir. Et cela n’empêche pas d’avoir des avis différents. Mes chers compatriotes, dans la tâche qui nous attend, nous allons avoir besoin les uns des autres. Il nous faut toutes nos forces pour préserver — pour persévérer pendant ce sombre hiver. Nous entrons dans ce qui sera peut-être la phase la plus difficile et la plus mortelle du virus.

Pour ma première action en tant que président, j’aimerais vous demander de vous joindre à moi dans un moment de prière silencieuse en hommage à tous ceux que nous avons perdu à cause de la pandémie au cours de l’année écoulée : 400 000 concitoyens —

[MOMENT DE SILENCE]

Amen. Mes amis, l’heure est à l’épreuve. Nous sommes confrontés à une attaque contre notre démocratie et la vérité, à un virus qui fait rage, à des inégalités croissantes, à la douleur cinglante du racisme systémique, à la crise climatique, à la question du rôle de l’Amérique dans le monde. Ne serait-ce qu’un seul de ces problèmes constituerait un défi de taille. Mais le fait est que nous devons les affronter tous en même temps. C’est la plus grande responsabilité que cette nation ait jamais eu à assumer. Nous allons être mis à l’épreuve.

Allons-nous faire face à nos responsabilités et transmettre à nos enfants un monde nouveau et meilleur ? Je suis persuadé que nous allons réussir. Et lorsque nous aurons réussi, nous écrirons le prochain grand chapitre de l’histoire des États-Unis d’Amérique aux accents d’une chanson qui me tient à cœur. Cette chanson a pour titre American Anthem. Un de ses couplets revêt une importance particulière pour moi.

Voici ce qu’il dit : « Le travail et les prières des siècles nous ont menés jusqu’à ce jour. Que laisserons-nous à la postérité ? Que diront nos enfants ? Que je sache en mon cœur quand mes jours seront terminés. Amérique, Amérique, je t’ai donné le meilleur de moi-même. »

Si nous agissons ainsi, à la fin de nos jours, nos enfants et les enfants de nos enfants diront de nous : « Ils ont fait de leur mieux, ils ont accompli leur devoir, ils ont pansé les plaies d’un pays brisé. » Mes compatriotes, je conclus cette journée comme je l’ai commencée, avec un serment sacré devant Dieu et devant vous tous. Je vous donne ma parole, je serai toujours honnête avec vous. Je défendrai la Constitution. Je défendrai notre démocratie. Je défendrai l’Amérique.

Avec résolution et détermination, nous prenons la responsabilité de ces tâches du moment, soutenus par la foi, animés par la conviction et dévoués les uns aux autres ainsi qu’au pays que nous aimons de tout notre cœur. Que Dieu bénisse l’Amérique et que Dieu protège nos soldats. Merci, l’Amérique.

Joe BIDEN