Catégories
Église

La Messe de Demain ?

Imprimer

Lettre parue dans le “Courrier des lecteurs » – Journal La Croix 9 09 2022

En France et dans d’autres pays, le nombre de prêtres est en déclin rapide. Les prêtres qui restent s’épuisent à « gérer » une dizaine de paroisses ou plus, avec comme seule perspective, d’en avoir le double à « gérer » dans dix ans. N’est-il pas possible de voir cette situation comme un appel fort et positif de l’Esprit Saint ? Une chance même ?
Est-ce que notre situation n’est pas analogue à celle de saint Paul qui visitait tous les deux ou trois ans au mieux les communautés qu’il avait créées ? Est-ce que ses communautés n’étaient pas vivantes et ne leur devons-nous pas l’expansion extraordinaire de la Bonne Nouvelle apportée par Jésus ?

Quelques siècles plus tard dans la France de Clovis, guère plus païenne que celle du XXIème siècle, est-ce que ce ne sont pas encore des missionnaires itinérants, très peu nombreux, comme saint Maurice ou saint Martin, qui ont donné leur essor à des communautés locales puis à la France fille aînée de l’Église ?

Est-ce qu’au lieu de fermer les églises, on ne pourrait pas inciter les petits groupes de fidèles qui vivent auprès de chacune d’entre elles à s’y retrouver le dimanche plutôt que de prendre, quand ils le peuvent, leur voiture pour « attraper » une messe à vingt km de chez eux ? Ils pourraient y lire les textes du dimanche, les méditer, lire aussi l’épître envoyée par le prêtre le plus proche et partager un repas fraternel en commun dans l’église.

En quoi ce retour aux sources de la pratique des premiers temps de l’Église serait-il en contradiction avec ce que vivaient les premiers disciples. ?

Serait-ce plus choquant que ce qu’on observe souvent actuellement où, pour créer une communauté vivante, on multiplie les apéros ou autres animations après la messe ? N’est-ce pas en creux un indice fort que la messe actuelle ne suffit pas à donner une âme à une communauté de chrétiens ? Bientôt nous « assisterons » (combien il y a de passivité dans ce terme !) à la messe comme un hors d’œuvre pour pouvoir participer à l’apéro d’après-messe où la communauté s’exprimera et pourra manifester vraiment sa fraternité.

Oui, je suis convaincu que le Saint Esprit fera du petit nombre de prêtres une force qui emportera tout et non plus seulement un sujet de lamentation sans espoir. Pourquoi pas, dans ma paroisse, demain plutôt que dans 50 ans ?

(signé : J. Pouzet)