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32ème dimanche – Année B – 11 novembre 2018 – Évangile de Marc 12, 38-44

Le 4 octobre 1965, le pape PAUL VI, en pleine guerre du Vietnam, vint à New-York au siège de l’Organisation des Nations-Unies et, devant les représentants de 117 nations, fit un discours qui eut un immense retentissement mondial. Pathétique était la frêle silhouette blanche qui, au centre de l’immense hémicycle, lançait l’appel à la paix.

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……Impossible d’être frère si l’on n’est humble. Car c’est l’orgueil, si inévitable qu’il puisse paraître, qui provoque les tensions et les luttes du prestige, de la prédominance, du colonialisme, de l’égoïsme: c’est lui qui brise la fraternité.

……. Jamais plus les uns contre les autres, jamais, plus jamais!
Ecoutez les paroles lucides d’un grand disparu, John Kennedy, qui proclamait: « L’humanité devra mettre fin à la guerre, ou c’est la guerre qui mettra fin à l’humanité »…

Le sang de millions d’hommes, des souffrances inouïes et innombrables, d’inutiles massacres et d’épouvantables ruines sanctionnent le pacte qui vous unit, en un serment qui doit changer l’histoire future du monde: jamais plus la guerre, jamais plus la guerre!

C’est la paix, la paix, qui doit guider le destin des peuples et de toute l’humanité ! ………. »

[ L’intégralité du discours ]

[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

ÉVANGILE DE MARC 12, 38-44

JESUS ENSEIGNE : ECOUTONS BIEN

Jésus avait bien calculé la durée de son long voyage et il atteignit Jérusalem juste quelques jours avant la fête de la Pâque, au moment où sans arrêt des multitudes de pèlerins venus de la diaspora entraient joyeusement dans la Ville sainte en chantant les psaumes. On acclamait ce jeune prophète galiléen qui annonçait la venue du Royaume de Dieu : était-il le Messie tellement attendu qui allait enfin libérer son peuple ? On racontait qu’il faisait des guérisons extraordinaires et on se montrait Bartimée, l’ancien aveugle à qui il avait rendu la vue. La ville était donc toute prête à s’enflammer pour chasser ces odieux païens qui souillaient la terre sainte depuis plus de 90 ans. Les zélotes avaient rempli des caches d’armes dans des lieux secrets. Que Jésus fasse un geste et la guerre éclatait.

Première grande surprise : tout au contraire Jésus appela au calme et conseilla même de continuer à payer le tribut annuel à César. Lâcheté ? Non : l’histoire allait lui donner raison car, 40 ans plus tard, l’insurrection armée éclata pour échouer dans un épouvantable massacre: Jérusalem fut détruite et le temple livré aux flammes.

Jésus causa une seconde surprise. Prophète intrépide et peut-être Messie, il aurait dû, comme son maître Jean-Baptiste, fustiger la conduite immorale de certains de ses compatriotes, dénoncer les méfaits, secouer les impies, menacer de la colère divine voleurs et prostituées, appeler à la conversion tous ceux qui n’observaient pas tous les préceptes de la Loi. Le Messie ne devait-il pas opérer un nettoyage moral ?

Jésus n’est ni un guerrier ni un pharisien. Le Royaume de Dieu ne vient ni par la violence ni par la morale. L’homme ne peut le construire comme il en a toujours envie : en supprimant ses ennemis ou en acquérant toutes les vertus.

Alors où était le problème pour Jésus ? Au cœur de la ville et du pays : au Temple, dans la Maison de Dieu. C’est vers le lieu le plus saint qu’il se dirige dès son entrée et c’est là qu’il va demeurer chaque jour jusqu’à ce que, excédés, ses adversaires l’arrêtent.

D’abord il chasse les vendeurs de l’esplanade : on ne transforme pas le temple en un lieu de commerce. On n’achète pas les grâces de Dieu à coup de sacrifices.

Ensuite il s’en prend aux responsables : soucieux de belles liturgies, ils observent tous les rites avec méticulosité mais ils n’apprennent pas aux participants à constituer le vrai peuple de Dieu, dans le droit et la justice. Le rituel ne fructifie pas en conduite sociale. Jésus recentre toute la vie croyante sur l’essentiel : l’amour de Dieu et l’amour du prochain.

Et enfin il affirme avec force qu’il y aura résurrection des morts car Dieu est le Dieu des vivants.

Mais au-delà de ces critiques, Jésus, le laïc, le paysan, le sans grade, laisse entendre son identité profonde : il affirme avoir le droit de purifier le temple, il se présente comme le vrai Fils envoyé par le Père, le Seigneur dont parlait David dans les psaumes. Prétention exorbitante, scandaleuse ! Qui donc est-il ?

Tout cela avait déjà été dit dans l’homélie précédente mais je le reprends pour souligner l’activité essentielle en ces jours de Jésus et que Marc appelle l’ENSEIGNEMENT.

LA PAROLE DE DIEU RETENTIT

Sous l’impulsion du roi Hérode, après des dizaines d’années de travaux gigantesques, le Temple de Jérusalem resplendit à l’époque comme un des plus monuments du monde. Les Grands Prêtres, avec une foule de prêtres et de lévites, y célèbrent chaque jour un culte majestueux. Les foules apportent des offrandes et s’y pressent en nombre. Les Romains respectent ce lieu sans y pénétrer car le grand Tribunal, le Sanhédrin, a obtenu d’en interdire l’accès aux païens.

C’est là qu’avec Jésus une voix forte s’y fait entendre. Le temple devient le lieu de la Parole. Chanter la Gloire de Dieu, lui offrir des sacrifices, c’est bien mais ce qui importe en premier lieu c’est de l’écouter. La confession de foi fondamentale, la première prière n’est-elle pas : « SHEMA ISRAËL », Ecoute, Israël, ce que dit ton Dieu ?

Parole publique non murmurée dans un cercle d’initiés mais lancée à tous vents. Parole intrépide qui ne ronronne pas des conseils pieux mais proclame la vérité sans concession. Parole franche qui ose dénoncer les défaillances et, en premier lieu, celles des responsables, des guides. Parole qui ne s’entortille pas dans des subtilités théologiques abstraites mais qui se centre sur l’essentiel : voici ce qu’il faut croire et mettre en pratique, maintenant tout de suite. Parole simple que le peuple comprend et qu’il écoute avec plaisir (11, 18 et 12, 37). Parole périlleuse car elle excite la haine de ceux qui ne veulent pas être dérangés dans leurs habitudes et met en danger la vie de celui qui l’énonce. Parole authentique parce qu’il y a adéquation entre son contenu et celui qui la proclame.

Aujourd’hui nous écoutons la fin de ce long affrontement public par un avertissement contre les mauvais enseignants.

MISE EN GARDE CONTRE LES SCRIBES

Ces spécialistes de la Torah avaient une mission essentielle : garder les Ecritures, en donner l’interprétation exacte, en dégager tous les sens, apprendre leur application précise au peuple. Mais ce n’est pas parce qu’on exerce une fonction importante, que l’on doit jouer à l’important.

Admirés par le peuple pour leur intelligence, leur finesse d’analyse, leur éloquence, ces érudits (pas tous : ne généralisons pas) se grisaient des compliments qui leur étaient adressés et avaient une certaine tendance à la vanité. Ils déambulaient en robes solennelles, ils goûtaient les salutations respectueuses, les compliments et les révérences, ils se laissaient prier, avec une discrète jouissance, pour se glisser aux premiers rangs des offices de la synagogue ou aux places d’honneur dans les banquets. « Après vous, cher ami, oh je n’en ferai rien, chochotte… ».

Pire, en hommes de loi rusés, certains abusaient de la confiance et de la naïveté des personnes âgées, sollicitaient de juteuses rétributions, proposaient des dons, d’abord à leur profit ou pour leur famille.

Et ce qui ajoutait à cette vanité et à cette cupidité, c’est qu’ils se présentaient comme des abonnés fidèles à la prière, des super-pieux. « Ils seront d’autant plus sévèrement condamnés » prévient Jésus qui, rappelons-nous, avait mis en garde ses disciples qui guignaient les honneurs et rivalisaient pour obtenir les premières places : dans le Royaume le premier est le serviteur de tous (9, 34 ; 10, 43). Tentation de Tartufe !

EN CONTRASTE : LA PAUVRE VEUVE

En un coin de l’esplanade, il y avait la salle du trésor avec, au mur, des fentes où les fidèles glissaient leurs aumônes. Jésus s’assied et observe la scène. Des riches, dodus et chamarrés, manœuvraient pour qu’on les remarque donnant de grosses pièces. Naïfs, les disciples béaient d’admiration : « Quelle générosité ! Quels braves gens ! ». Et voilà qu’une petite vieille s’approche et glisse deux sous : « A quoi ça sert ? ».

La scène permet à Jésus de donner un enseignement important : la générosité n’est pas une question de quantité financière mais de rapport entre ce que l’on a et ce que l’on donne. Le millionnaire qui plastronne en lâchant 3000 euros – et qui en outre le fait de façon ostentatoire pour s’attirer l’admiration – n’est pas généreux. Il n’a cédé que de son superflu : ce don n’égratigne pas son train de vie. Tandis que cette pauvre femme, dit Jésus, « qui a pris sur son indigence, a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre ».

Edifié par cet exemple, Jésus dans quelques heures donnera sa vie entière sur la croix.

QUE L’EGLISE ENTENDE CES ENSEIGNEMENTS

Donc trois points à méditer ce jour.

Le culte chrétien ne dérape pas en déploiement de fastes et se centre sur la proclamation de la Parole de Dieu. Une Parole qui dérange parfois mais qui récapitule tout sur l’amour.

Toute responsabilité est un service qui n’admet ni vanité, ni cupidité ni hypocrisie.

Et sachons évaluer la véritable générosité.[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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