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27ème dimanche – Année B – 7 octobre 2018 – Évangile de Marc 10, 2-16

Les rythmes de vie, la banalisation du divorce, le contrôle des naissances, les mères porteuses,
la quête du bonheur immédiat dans une société de consommation,
l’invasion de la pornographie, le « mariage » de personnes du même sexe…….. :
les sciences apportent des découvertes extraordinaires, les mœurs évoluent très vite.

Pour beaucoup aujourd’hui, l’Eglise en ce domaine est une vieille marâtre
qui a peur de la sexualité, réprime le désir, impose des principes moraux dépassés.

C’est pourquoi, il y a plusieurs années déjà,
le pape François a initié un immense travail de réflexions et de recherches.

Des enquêtes ont été menées dans toutes les nations du monde,
avec évêques, théologiens, laïcs et jeunes.

Deux grandes assemblées (des Synodes) à Rome, en 2014 et 2015,
ont permis des échanges internationaux et la relance des débats.

Enfin le 19 mars 2016, le pape a publié une synthèse des échanges
dans une longue Exhortation qu’il a intitulée
AMORIS LAETITIA : LA JOIE DE L’AMOUR.

« L’annonce chrétienne qui concerne la famille
est vraiment une BONNE NOUVELLE » (n°1)

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ÉVANGILE DE MARC 10, 2-16

LA JOIE DE L’AMOUR

Après la leçon de Jésus à ses apôtres et aux responsables de communauté, Marc nous rapporte son enseignement à propos du mariage et des enfants.

Le mariage est-il indissoluble ? Ce sont des pharisiens, donc des hommes très croyants, très soucieux d’observer les lois, qui ouvrent le débat : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation ». En effet cela était écrit dans le Deutéronome 24, 1 mais ce n’était qu’une concession qui suscitait beaucoup de débats entre rabbins sur les raisons valables d’une répudiation. En outre elle emprisonnait la femme au cas où son époux refusait de lui accorder cet acte et l’empêchait ainsi de nouer une nouvelle union.

Jésus sort de cette casuistique et remonte très haut, à l’origine c.à.d. au projet de Dieu.

Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle.  Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »

La dureté de cœur ne signifie pas l’insensibilité mais le refus de comprendre et d’accepter la volonté de Dieu : c’est cela qui a poussé Moïse à céder devant la pression et à autoriser la rupture. Jésus réfère aux premières pages de la Bible, au récit de la création qui n’est évidemment pas un récit historique mais une révélation sur l’essence du mariage, sur le projet originel de Dieu.

Au sommet du processus de création, Dieu a créé l’humanité sexuée. Hommes et femmes sont des personnes de dignité égale, à la fois semblables et autres. Le sexe n’est donc pas un domaine honteux et diabolique mais l’invention même de Dieu. La différence provoque l’attrait, le désir de devenir un. Cette union des âmes et des corps s’appelle l’amour et s’épanche en fécondité.

Le désir d’être une seule chair ne peut être une relation temporaire, un contrat à signer et que l’on puisse résilier selon la demande. Elle exige la rupture avec la génération précédente pour éviter la nostalgie du passé, le retour au cocon. Celui qui a été choyé doit partir pour apprendre à choyer à son tour.

L’amour, le don total de l’un à l’autre est le début d’un chemin dans le temps, d’une aventure où éclateront des heurts, des orages et des tempêtes mais où chacun a le droit de compter sur la fidélité de l’autre. Le mariage est une co-création réciproque : chacun par sa richesse propre (et ses défauts) fait l’autre. Et ensemble ils mettent au monde d’autres êtres, prolongeant ainsi la création divine.

Et Jésus va très loin : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ». Si les époux se croient acteurs de leur mariage, à travers leurs consentements, Dieu lui-même cause l’union. C’est pourquoi nulle autorité humaine ne peut s’en juger maître.

Cette affirmation paraît énorme : elle semble ne pas tenir compte des aléas de la vie, de l’évolution de nos jugements, des exigences de nos libertés, des faiblesses de caractère, des circonstances historiques, des influences de la société. C’est pourquoi, en privé, les apôtres relancent Jésus mais il confirme nettement son affirmation.

De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle. Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »

LES ENFANTS

Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ; mais les disciples les écartèrent vivement. Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit: « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. » Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

Aux apôtres avides des premières places, Jésus avait déjà opposé la petitesse des enfants (25ème dimanche) mais derechef ici, imbus de la grandeur de leur mission, ils veulent chasser ces mères qui s’approchent avec leurs marmots insupportables. Cela énerve Jésus car la question n’est pas anodine.

Faire advenir le Royaume de Dieu sur terre est une œuvre tellement extraordinaire qu’elle ne peut se réaliser avec des hommes qui jouent à l’important et se chamaillent, comme des gosses, pour obtenir les places d’honneur, les médailles et autres fanfreluches. En se calquant sur le comportement des petits, Jésus ne dit pas que l’Eglise est une nursery, que la foi est un infantilisme. Sauver le monde n’est pas un enfantillage. Un vrai adulte est un enfant tellement confiant dans son Père qu’il est capable de dire la vérité en face à toute autorité, de chasser tous les soucis mesquins, de se laisser injurier et même d’accepter la mort, sûr de se retrouver vivant dans les bras de son Père du ciel.

INDISSOLUBLE ……..OUI MAIS……..

L’effarement des Apôtres devant l’interdit par Jésus de toute répudiation s’est durci aujourd’hui en un scepticisme quasi-total et, comme Moïse jadis, les législateurs modernes ont avalisé la possibilité du divorce. De nombreux catholiques y ont recours : aussi la question est-elle débattue avec âpreté, les demandes affluent sur les bureaux des évêques, les théologiens discutent.

Après des enquêtes auprès de tous les épiscopats du monde, et consultations des laïcs et des jeunes, deux Assemblées ont eu lieu à Rome et finalement le pape François a publié une longue exhortation appelée LA JOIE DE L’AMOUR qui synthétise les résultats auxquels on est parvenu à propos de tous les aspects de l’amour des époux, des enfants, des richesses spirituelles du mariage et ses souffrances.

Le chapitre 8 (déjà célèbre car il a suscité des flots de commentaires) aborde le problème du divorce. Que dit l’Eglise aujourd’hui ? Avec peine j’essaie de le résumer à grands traits.

Il est hors de question d’édulcorer les exigences de l’Evangile : Jésus révèle le projet même de Dieu sur le mariage. Le principe est clair.
Mais la morale s’adresse à des personnes concrètes, qui vivent des situations spécifiques, qui évoluent, cherchent le bonheur, avancent, chutent, reculent, se trouvent devant des problèmes extrêmement difficiles. Certaines observent l’idéal, d’autres n’y arrivent pas : on cohabite, on vit un mariage civil, on divorce, on contracte une nouvelle union. Maintenant on accepte des unions avec des personnes du même sexe.

« L’Eglise comprend que toute rupture du lien matrimonial va à l’encontre de la Volonté de Dieu, mais elle est également consciente de la fragilité de nombreux de ses fils ». Comme son Seigneur l’a fait, l’Eglise doit enseigner la Parole de Dieu sur l’amour mais elle ne peut pas condamner, poser des étiquettes « péché mortel ». Trois verbes reviennent tout au long du chapitre :

DISCERNER – « Les prêtres ont la amission d’accompagner les personnes sur la voie du discernement selon l’enseignement de l’Eglise……….Il sera utile de faire un examen de conscience grâce à des moments de réflexion et de repentir. Ce discernement ne pourra jamais s’exonérer des exigences de vérité et de charité de l’Evangile…..Il est mesquin de se limiter seulement à considérer si l’agir d’une personne répond ou non à une loi ou à une norme générale, car cela ne suffit pas pour discerner et assurer d’une pleine fidélité à Dieu dans l’existence concrète.

ACCOMPAGNER – « L’Eglise doit accompagner d’une manière attentionnée ses fils les plus fragiles, marqués par un amour blessé et égaré, en leur redonnant confiance et espérance ….N’oublions pas que souvent la mission de l’Eglise ressemble à celle d’un hôpital de campagne »

INTEGRER – « La route de l’Eglise est celle de ne condamner personne éternellement, de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère…………..Il s’agit d’intégrer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la communauté…Personne ne peut être condamné pour toujours……….Les baptisés divorcés et remariés civilement doivent être davantage intégrés dans les communautés…La logique de l’intégration est la clef de leur accompagnement pastoral…..Non seulement ils ne doivent pas se sentir excommuniés mais ils peuvent vivre et mûrir comme membres vivants de l’Eglise… »

CONCLUSION

Le pape le reconnaît : « Il n’existe pas de recettes simples …..En croyant que tout est blanc ou noir, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance ………En toutes circonstances, face à ceux qui ont des difficultés à vivre pleinement la Loi divine, doit résonner l’invitation à parcourir la voie de la charité. La charité fraternelle est la première loi des chrétiens……En résumé, nous sommes invités à vivre de miséricorde parce qu’il nous a d’abord été fait miséricorde ; la miséricorde est le pilier qui soutient la vie de l’Eglise….L’Eglise n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile……… »

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Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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