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12ème dimanche – Nativité de saint Jean-Baptiste – Année B – 24 juin 2018

CANTIQUE DE ZACHARIE A LA NAISSANCE DE SON FILS JEAN

« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple.
Il a fait surgir la force qui nous sauve, dans la maison de David, son serviteur,
comme il l’avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens :
salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs.
Amour qu’il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,
serment juré à notre père Abraham de nous rendre sans crainte,
afin que, délivrés de la main des ennemis,
nous le servions dans la justice et la sainteté,
en sa présence, tout au long de nos jours.

Toi aussi, petit enfant,
tu seras appelé prophète du Très-Haut ;
tu marcheras devant, à la face du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins
pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,
grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu,
quand nous visite l’astre d’en haut,
pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort,
pour conduire nos pas au chemin de la paix. »

LUC 1 : Cantique « Benedictus » prié chaque matin
Le cantique de Marie « Magnificat » est chanté le soir.

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JEAN POUR PREPARER LES CHEMINS DU SEIGNEUR

Jean-Baptiste est l’unique Saint (sauf Marie) dont l’Eglise célèbre la naissance terrestre et cette fête est tellement importante qu’elle supplante, comme c’est le cas aujourd’hui, la célébration du dimanche. Et pourquoi est-ce le 24 juin ? Parce que la date de naissance de Jésus, ignorée des évangiles, a été fixée par l’Eglise le 25 décembre et que, selon l’évangile de Luc, Jean serait né 6 mois auparavant.

Si ces fêtes ont été fixées de la sorte, c’est parce qu’elles correspondent aux deux solstices, d’été et d’hiver, qui étaient, chez les peuples de l’antiquité, des moments de grande réjouissance populaire.

Fin juin, aux jours les plus longs de l’année, on allumait de grands feux pour louer l’éclat magnifique du soleil qui promettait des moissons plantureuses. Et fin décembre, après une descente de plusieurs mois dans le froid avec des journées de plus en plus courtes, on chantait la gloire du soleil invaincu par les ténèbres puisqu’il allait rogner peu à peu l’épaisseur des ténèbres de la nuit.

En christianisant ces fêtes païennes, l’Eglise leur donnait un sens tout nouveau, beaucoup plus profond : au lieu de célébrer les rythmes de la nature, on chantait les interventions de Dieu dans l’histoire.

Ainsi, le 24 juin, apothéose de la lumière, Jean-Baptiste apparaissait mais ensuite les jours diminuaient – symbole de celui qui n’était qu’un précurseur et qui avait dit : « Il faut qu’il (Jésus) croisse et que je diminue ».

Le 25 décembre, au cœur de la nuit la plus longue, Jésus naissait dans le silence et l’anonymat mais il allait devenir l’authentique « Lumière du monde » qui écarterait les ténèbres du péché pour répandre la clarté et la gloire de l’amour.

On libérait ainsi les hommes de l’enfermement dans le cycle naturel auquel ils sont livrés comme les animaux afin de leur permettre de célébrer des naissances qui témoignent de l’amour de Dieu. On sortait de la fatalité du destin imposé par les astres pour vivre une histoire avec Dieu. Le calendrier n’était plus une suite de repères temporels mais scandait les événements de salut du monde.

Révolution énorme !…Méditons l’évangile du jour afin de bien célébrer non le solstice mais l’apparition inattendue de Jean, cet immense personnage.

APRES UNE LONGUE ATTENTE : LA JOIE INATTENDUE

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.

Comme Sarah, l’épouse d’Abraham, et d’autres femmes de la Bible, Elisabeth était demeurée longtemps stérile et voici néanmoins qu’elle enfante un fils. Les dons de Dieu viennent souvent après de longues périodes d’attentes déçues et de prières inexaucées.

Ne nous laissons donc pas enfermer dans le sentiment d’échec et d’improductivité : c’est parfois au moment où nous n’y croyons plus que notre vie va connaitre un renouveau. Car il y a beaucoup de façons de dépasser une existence stérile, de faire jaillir de nouveaux projets. Lorsque coulent les larmes de reconnaissance, le désert du cœur peut se mettre à fleurir.

Le calendrier de la Miséricorde de Dieu n’est pas le nôtre. Sans jamais nous résigner, gardons toujours les yeux vers l’horizon où va se lever, quand Dieu le veut, le signe de sa miséricorde.
Au lieu de gémir sur ce qui va mal, sachons remarquer les modestes signes de renouveau. Ne cataloguons pas quelqu’un d’inutile : comme l’entourage d’Elisabeth, mettons-nous ensemble pour chanter « la grandeur de la Miséricorde de Dieu » et sachons nous réjouir sans jalousie lorsque, chez l’autre, la Vie apparaît.

NOUVEAU NOM : MISSION NOUVELLE

Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là !? » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler.
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu.
La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.

On effectue certes la circoncision, le rite ancestral du 8ème jour, mais l’essentiel, c’est le nom inattendu. Il y a rupture avec l’héritage paternel. Lorsque l’Ange de Dieu, dans le temple, lui avait annoncé sa prochaine paternité, Zacharie était resté incrédule : du coup il en était tombé muet et n’avait pas pu bénir le peuple. Maintenant que l’événement est survenu, il se rend enfin à l’évidence et avalise le nom donné par l’ange : Iohanan / Jean (qui signifie « Dieu fait grâce »). Du coup, il retrouve la parole et à nouveau peut bénir Dieu.

La rumeur de cet événement va se répandre et étonner le voisinage : les gens pressentent là comme une trace d’une intervention de Dieu. On n’en comprend pas encore la portée mais « on conserve dans le cœur » c.à.d. l’intelligence. Plus tard Luc emploiera deux fois la même expression pour Marie : après son accouchement et la visite impromptue des petits bergers (2, 19) puis à nouveau en retrouvant son garçon après sa fugue (2, 51). : « Elle gardait dans son cœur, elle méditait ».

La foi conserve la mémoire des événements qui nous bousculent, elle pressent que quelque chose lui échappe et qui sera compris plus tard. Qu’est-ce que Dieu prépare ?
La surprise reste gravée dans la mémoire qui reste ainsi ouverte à l’illumination de demain. Car la foi ne cherche pas sa certitude dans des notions statiques : le passé s’éclaire lorsque le croyant s’enfonce avec confiance dans l’avenir. Ce n’est pas la théologie mais le temps qu’il faut vivre.

RUPTURE AVEC LE SACERDOCE PATERNEL

La liturgie omet ensuite le grand cantique d’action de grâce de Zacharie – le fameux « Benedictus » qui est donné ci-dessus – et elle se contente de mentionner, sans détails, le temps de l’enfance et de la croissance. Mais la finale tout à coup surprend et ouvre sur un futur inattendu :

L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

Que s’est-il donc passé dans la tête de Jean devenu adulte ? Il n’a pas hérité du nom de son père prêtre : à présent il renonce à exercer son sacerdoce (car en Israël on est prêtre de père en fils) de même qu’il renonce au mariage. Seul, sans explication, il quitte la maison.

Certains se demandent s’il n’a pas rejoint la communauté de Qûmran dont les ruines des bâtiments, sur la rive de la Mer Morte, intriguent encore aujourd’hui. En rupture avec le temple de Jérusalem dont ils maudissaient le culte infidèle, les Esséniens formaient là-bas « la communauté de l’alliance » seule habilitée à leurs yeux à rendre à Dieu le culte authentique. Pour obtenir le pardon des péchés, on n’y effectuait plus de sacrifices d’animaux mais on étudiait sans fin la Torah et on se livrait à des jeûnes et de multiples bains d’eau pour la sanctification.

Jean a-t-il été ermite ou est-il devenu membre de cette communauté ? Toujours est-il que sa vie va prendre un nouveau tournant : on le retrouvera plus tard sur la rive occidentale du fleuve Jourdain où le prêtre deviendra le prophète Jean (celui qui annonce la grâce de Dieu), le baptiseur qui appelle à la conversion et plonge (mais une fois seulement) chaque volontaire en traversant le gué du fleuve.

C’est là que vont survenir des jeunes notamment Simon et André, Jacques et Jean, et d’autres…et, un jour, un jeune charpentier de Nazareth, appelé Iéhoshouah (Jésus), que Jean subitement désignera comme le « plus grand que lui » et qu’il baptisera.

FOI CHRETIENNE ET PAGANISME

Depuis une cinquantaine d’années, avec l’expansion du capitalisme et de la société de consommation, l’Occident a été recouvert par une grande vague de paganisme qui a provoqué un déclin de la foi chrétienne.

On a vu apparaître le culte du bronzage, l’adoration des idoles de la chanson et des dieux du stade, l’apogée des temples de la consommation, la liturgie des grandes manifestations sportives, le rayonnement de la montagne des dieux (l’Olympia), le tatouage des peaux qui était, dans l’antiquité, la marque des esclaves. Et, dominant tout, le culte du Veau d’or, l’argent-roi.

Conséquences évidentes : Noël et la Saint Jean sont redevenues les fêtes païennes des solstices.
A Noël, les crèches disparaissent derrière le culte du sapin toujours vert tout brillant des guirlandes de lumière.

Le 24 juin, avec « les feux de la Saint-Jean », sont nées, avec un succès mondial, les nouvelles « Fêtes de la musique » qui souvent provoquent des transes sous les bombardements de décibels.

Jésus et Jean, les enfants, disparaissent dans une société de vieux. Les naissances, c.à.d. les promesses de l’espérance, s’effacent à nouveau devant les cycles naturels.
La joie ne vient plus de la miséricorde de Dieu mais des drogues et des alcools.

Elisabeth et Zacharie aujourd’hui nous invitent à accueillir Dieu qui vient quand on ne l’attend plus.
A écouter leur fils Jean qui les presse à partir à la recherche d’une vie authentique dans la fidélité à leur baptème.
A reconnaître Celui qui vient toujours, Jésus, l’authentique Astre d’En-haut, celui qui illumine les hommes qui souffrent à l’ombre de la mort pour les conduire sur les chemins de la Paix.[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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