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11ème dimanche – Année B – 17 juin 2018
Évangile de Marc 4, 26-34

PAPE FRANCOIS : LA SAINTETE PAR LES PETITES CHOSES

§ 16. Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes …

Cette sainteté grandira par de petits gestes. Par exemple :

Une dame va au marché pour faire des achats, elle rencontre une voisine et on commence à parler…Et les critiques arrivent ! Mais elle se dit : « Non, je ne dirai du mal de personne ». Voilà un pas dans la sainteté.

Ensuite à la maison, son enfant a besoin de parler de ses rêves, et bien qu’elle soit fatiguée, elle s’assied à côté de lui et l’écoute avec patience et affection. Voilà une autre offrande qui sanctifie.

Ensuite elle connaît un moment d’angoisse mais elle se souvient de l’amour de la Vierge Marie, elle prend son chapelet et prie avec foi. Voilà une autre voie de sainteté.

Elle sort ensuite dans la rue, rencontre un pauvre et s’arrête pour échanger avec lui avec affection. Voilà un autre pas …

Pape François 
« Soyez dans la joie » : Exhortation à la sainteté.

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UNE GRAINE : ELLE GERME ET GRANDIT

Aussitôt que Jésus a été baptisé et intronisé par Dieu son Père, Marc a d’emblée précisé le cœur de sa mission : « Jésus vient en Galilée. Il proclamait l’Evangile de Dieu et disait : Le temps est accompli et le Règne de Dieu s’est approché. Convertissez-vous et croyez à l’Evangile » (1, 14).

Mais en quoi consiste donc ce fait que Dieu vient régner sur terre ? D’ailleurs est-il vraiment venu puisque ce même Jésus nous a invités à demander, aujourd’hui encore : « Que ton règne vienne » sans jamais nous en donner une définition.

En réalité ce Règne mystérieux ne peut s’enfermer dans un espace, être limité par des frontières. Dieu n’use pas de puissance, il ne veut pas brimer notre liberté. Le Règne est un événement qui dépend de notre pouvoir de décision : il nous vient si nous nous convertissons, si nous changeons nos façons de voir, si nous adoptons une nouvelle conduite, si nous croyons que c’est une Bonne Nouvelle, c.à.d. un événement qui bouscule nos existences mais qui nous remplit de bonheur.

L’Evangile ne cessera jamais d’être « une nouvelle » : il ne sera jamais périmé, obsolète, dépassé. Et il est une « bonne » nouvelle parce que celui qui y croit, qui lui fait confiance, est sur le chemin du bonheur et de son accomplissement d’homme.

L’Evangile n’est ni une doctrine, ni une morale, ni un rituel, ni un catéchisme. C’est pourquoi Jésus, pour en parler, recourt à des histoires que l’on appelle des paraboles. Ce ne sont en tout cas pas des historiettes pour se mettre à la portée des enfants, ni des énigmes à rejeter comme opaques.

En son chapitre 4, Marc rapporte une grande scène de prédication où Jésus, au bord du lac de Galilée, raconte 5 paraboles dans le but précisément de faire comprendre ce Règne de Dieu. Après les trois premières (le semeur sème la Parole ; le Règne doit éclairer tout le monde ; il dépend de notre qualité d’écoute), en ce dimanche, nous écoutons les deux dernières.

LA SEMENCE QUI POUSSE D’ELLE-MÊME

Jésus parlait à la foule en paraboles: « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »

Marc est le seul à rapporter cette parabole : les autres auraient-ils craint qu’elle nous incite à la passivité puisque tout se fait tout seul ?…En effet cette histoire nous met en garde contre notre tentation de vouloir tout réaliser par nous-mêmes, de nous inquiéter sans arrêt sur le développement de nos œuvres, de nous tracasser sur les retards, les échecs, les rendements. Nous ne créons pas ce Règne ni nous ne le bâtissons. Pas plus que le jardinier n’a à se lever la nuit pour voir si ça pousse bien, ni à tirer sur les feuilles pour en accélérer la croissance.

Mais au début, il faut qu’un homme jette en terre la semence : nous ne pouvons croire que le monde va s’accomplir tout seul par le simple jeu de ses énergies et qu’il suffit à l’homme d’avoir un grain de bon sens et un peu de bonne volonté. Le Règne de Dieu est une annonce que Jésus lance comme une semence, une Parole qui doit être écoutée, accueillie et dont la croissance ne doit pas être entravée (cf. la 1ère parabole).

Et il ne faut pas oublier l’enjeu essentiel exprimé par la finale : un jour indéfini, le semeur jettera la faucille et fera la moisson. Nous n’avons pas à préjuger de cette fin, à l’anticiper et à « couper » nous-mêmes : le jugement est réservé au Semeur.

Cette parabole exorcise nos peurs, nos soucis angoissés : Jésus a inauguré le Règne de Dieu et celui-ci s’étendra jusqu’à la fin du monde. A nous d’être un bonne terre avide du soleil de la vérité, assoiffée de l’eau de la grâce, heureuse de se remettre aux bons soins de Celui qui a planté en nous la semence de la Bonne Nouvelle.

LA PARABOLE DE LA GRAINE DE MOUTARDE

Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »

Lorsque, dans les années 30, à Jérusalem, quelques pauvres types avaient le front d’affirmer que le crucifié du Golgotha était vivant et Seigneur, personne ne croyait à l’avenir de cette absurdité.

Lorsque, peu après, Paul s’embarquait pour annoncer ce même Evangile à Athènes et Corinthe, les villes prestigieuses des grandes académies intellectuelles, personne n’y croyait.
Lorsque plus tard, à Assise, le jeune François, excédé par la cupidité de son père, lui tournait le dos pour plonger dans la pauvreté et chanter les merveilles de la nature, personne n’y croyait.

Pourquoi donc nous laissons-nous toujours impressionner par la puissance, le faste, la gloire ? Il nous faut des assemblées énormes, la foule des pèlerinages à Lourdes ou à Rome, des journaux à gros tirages, des médias à sensations, des finances confortables, des leaders impressionnants. Quelles mondanités !

L’Evangile, ce n’est ni Google, ni Silicon Valley, ni Amazon. L’Eglise n’est pas une multinationale à gros budget. Quand donc croirons-nous à l’avenir (spirituel) d’une visite à un malade, d’un coup de main à un handicapé, d’un coup de fil à une désespérée, d’une écoute d’un jeune en souffrance, d’une pauvre messe à l’assemblée vieillotte, d’une heure de prière en luttant conte le sommeil ?….

Si un soir, le Seigneur présentait le journal à la télévision, les vraies « nouvelles » seraient bien différentes de celles dont on nous bassine les oreilles en tentant de nous impressionner par le fracas, les salles combles, les gros tirages, les toilettes, l’étalage scandaleux des fortunes…

Par exemple, ce lundi 11 juin 2018, à la Une, il annoncerait :

Le Père Richmond Villaflor Nilo a été abattu hier, dimanche 10 juin,
alors qu’il s’apprêtait à célébrer la messe dans la chapelle à Zaragoza..
C’est le cinquième prêtre catholique assassiné aux Philippines depuis six mois,
le 18ème prêtre assassiné en 2018 dans le monde.

Dans les larmes de ce jour, nous recevons la promesse
d’un avenir de lumière, de justice, de paix pour le monde.

« Rien n’est peut-être aussi vieux que le journal d’aujourd’hui » (Charles Péguy). Mais les graines d’Evangile, les actions minuscules au nom du Seigneur, sont promises à un avenir éternel. Sans que nous le voulions expressément, elles traversent le temps, elles sautent tous les obstacles.

La petite graine puis la tige fragile pousse et devient un arbre où nichent les oiseaux. Ceci n’est pas un détail poétique mais une reprise de ce que disait déjà le prophète Ezéchiel pour annoncer que le projet de Dieu ne s’enfermait pas en Israël mais allait franchir toutes les frontières et offrir aux hommes de toutes nations le repos, la joie de se réunir pour chanter la gloire de Dieu (Ez 17, 23)

LES PARABOLES RENVOIENT A JESUS.

Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

Les paraboles ne sont pas un enseignement ésotérique réservé à un petit cercle d’initiés.
Il est vrai qu’elles intriguent et que l’on ne perçoit pas tout de suite leur sens. Mais justement elles interpellent, elles posent question et sollicitent l’auditeur pour qu’il se mette en quête de leur auteur.

En nous aiguillant vers Jésus, elles nous amènent non à savoir un texte mais à devenir disciples d’une Personne QUI EST LA BONNE NOUVELLE, QUI EST LE ROYAUME.

La parabole n’est pas une jolie histoire : elle oriente notre histoire, elle nous fait vivre autrement, elle nous convertit.[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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