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Fête de Pâques – Année A – 16 avril 2017

FÊTE DE PÂQUES 2017

A l’ancienne église du Saint-Sauveur-in-Chora – transformée en musée – à Istanbul, cette fresque, dont l’image ici est incomplète, est considérée comme un des plus grands chefs-d’œuvre de l’art byzantin.
Dans un élan dynamique perceptible, le Christ ressuscité, dans la gloire d’une mandorle blanche, jaillit du tombeau et empoigne Adam et Eve- symboles de l’humanité- pour les faire sortir de la mort.

«  Si l’on proclame que Christ est ressuscité des morts,
comment certains d’entre vous disent-ils qu’il n’y a pas de résurrection des morts ?…
S’il n’y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité.
Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide
et vide est votre foi »
Cor 15, 12…)

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ :
Dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître
par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts
en vue d’un héritage qui ne peut ni se corrompre, ni se souiller ni se flétrir :
Cet héritage vous est réservé dans les cieux
à vous que la puissance de Dieu garde par la foi.
Aussi tressaillez-vous d’allégresse
même s’il faut que, pour un peu de temps, vous soyez affligés par diverses épreuves »
(1re lettre de Pierre 1, 3…)

R.D.

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A L L E L L U I A

Un tsunami de chocolat, des œufs à la tonne, des poussins en pagaïe, des flots de touristes en partance pour les plages de rêve : fête de Pâques ou plutôt fête du printemps ? Pâques, ce n’est pas la sortie de l’hiver mais la sortie de la mort. Ce n’est pas le grand nettoyage de la maison mais la re-création du cœur. Ce n’est pas l’explosion des bourgeons mais la résurgence de l’espérance perdue. Ce n’est pas se divertir mais se convertir. Ce n’est pas porter les lunettes de soleil mais voir les gens et le monde autrement.
Pâques n’est pas une fête météorologique mais la mémoire d’un événement auquel il est proposé de croire. « Pessah » signifie « passage ». Non passage naturel mais passage historique, passage des hommes. Pierre, l’apôtre qui peu de jours auparavant a renié son maître, proclame avec assurance :

« Jésus, vous l’avez  supprimé en le faisant crucifier par la main des impies,
mais Dieu l’a ressuscité … : nous en sommes tous témoins… » (Ac 2, 22-36).

Nouvelle incroyable, inacceptable, rejetée par la quasi totalité des premiers auditeurs : il s’agissait évidemment d’une hallucination, d’un montage créé par les disciples écrasés par l’exécution de leur maître. Il n’y avait aucune preuve : le tombeau vide et la disparition du cadavre pouvaient s’expliquer de façon très naturelle.

1. UNE COMMUNAUTE PARDONNEE

Les disciples de Jésus n’ont pas organisé de pèlerinages au lieu du calvaire et de la tombe ; ils n’ont pas exhibé de reliques : suaire, couronne d’épines, clous…. Tout ce qu’ils pouvaient montrer, c’était eux-mêmes. L’affirmation de la résurrection de Jésus jaillissait d’une communauté de femmes et d’hommes qui étaient eux-mêmes transformés.
Ils n’attendaient plus un triomphe comme au jour des rameaux ; ils ne portaient plus de poignards comme au temps où ils rêvaient d’un Messie combattant ; ils avouaient qu’ils avaient abandonné leur maître en fuyant dans la nuit. Ils ne portaient pas d’auréoles, ne se figeaient pas dans des airs pieux, ils ne se prétendaient pas parfaits mais ils se présentaient comme des pécheurs pardonnés.
Ils n’avaient pas inventé la résurrection du Messie : c’est lui qui était revenu à eux et qui, au lieu de déchaîner sa colère ou de les foudroyer, leur avait montré ses plaies comme source inépuisable du pardon et d’une paix définitive. La véritable révolution n’était pas violente, politique, nationaliste, morale, religieuse : pardonné et libéré, le croyant pouvait s’aimer lui-même et annoncer la libération.

2. UNE COMMUNAUTE DE CHARITE

Dans Jean, c’est tout de suite après que Jésus a annoncé son départ à ses disciples, qu’il poursuit : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés… » (Jn 13, 33-34). La disparition de Jésus ne peut être compensée que par l’apparition d’une humanité où les membres s’aiment « comme le Seigneur les a aimés ». La foi pascale se proclame par l’entente, la cordialité, le pardon sans cesse échangé, la solidarité concrète. Le Corps ressuscité se manifeste par l’apparition d’un Corps social. « Ayez un même amour, un même cœur, recherchez l’unité, ne faites rien par rivalité…comportez-vous entre vous comme on le fait en Jésus-Christ » (Phil 2, 2)… « L’amour est le plus grand. Recherchez l’amour » (1 Cor 13, 13)

3.  COMMENT DIRE LA RESURRECTION ?

Jésus est ressuscité. Ce n’est pas une croyance privée : il s’agit de l’annonce qui apporte le salut à l’homme, qui révèle le vrai Visage de Dieu, la profondeur indéfectible de son Amour.
Alors comment la dire ? Les premiers écrivains chrétiens ne se sont pas mis d’accord pour présenter un schéma tout fait : chacun donne un signe pour nous guider à la même foi.
C’est d’abord suffoquer devant l’indicible, demeurer bouche bée devant quelque chose qui est  au-delà du langage (les femmes dans Marc).
C’est un gardien de cimetière qui vous détourne d’une tombe sur laquelle une femme sanglotait (Marie Madeleine dans Jean 20)
C’est un inconnu qui vous rejoint sur la route, se met à votre pas et vous demande si vous avez raison de vous détourner de la croix pour reprendre une existence médiocre (La route d’Emmaüs dans Luc).
C’est une présence qui tout à coup est là au milieu d’une communauté désemparée, puis qui n’y est plus… mais elle en reçoit un souffle nouveau (Le local verrouillé dans Jean 20).
C’est l’audace de ne plus désespérer des hommes, de ne plus se résigner à la débâcle, de ne plus menacer de l’enfer mais d’annoncer la paix et d’offrir le pardon (idem).
C’est la main qui ne cherche plus à toucher, l’œil qui n’exige plus de voir et la bouche qui confesse : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Thomas dans Jean 20)
C’est le refus de se retirer dans la montagne pour y cultiver son ego mais l’urgence de redescendre des sommets pour révéler aux hommes la présence d’une transcendance (Les apôtres sur la montagne dans Matthieu 28).
C’est un inconnu qui vous demande à manger et voilà que vous changez d’orientation et votre cœur vide se remplit de vie (Les pêcheurs du lac dans Jean 21)
C’est un puritain, un homme sans tache, un homme qui faisait peur et qui tout à coup tombe à genoux, demande pardon  et supplie d’être admis dans une communauté qu’il méprisait (Paul dans Actes 9)

4. DIMANCHE : LE SEIGNEUR RESSUSCITE EN CORPS SOCIAL

Israël célébrait – et célèbre encore aujourd’hui –  la fête de Pessah (Pâque) le 14 nisan, en mémoire de l’Exode, de la sortie d’Egypte. Pâque est la fête annuelle de la libération de l’esclavage.
Les premiers disciples qui guettaient eux aussi une révolution, la libération politique de l’oppression étrangère, comprennent que sur la croix, Jésus s’est offert comme un nouvel agneau pascal qui apporte une libération autrement radicale, celle du péché. Ressuscité, Jésus devient Seigneur et convainc ses disciples qu’il les sauve de toutes leurs fautes et d’abord de leur lâcheté. Il n’est pas un maître dont on pleure la disparition et dont on essaie de vivre l’enseignement : il est Seigneur.

Donc le dernier repas que l’on a partagé avec lui la veille de sa mort signe sa présence. Et la nouvelle Pâque n’est plus annuelle mais hebdomadaire. « Le 3ème jour », c.à.d. le surlendemain de la croix, le lendemain du shabbat, donc « le premier jour de la semaine » devient JOUR DU SEIGNEUR.
La fête annuelle de Pâques, nœud de l’année liturgique, ne sera célébrée qu’à partir du 2ème siècle.
La résurrection de Jésus a créé le DIMANCHE, seul jour de fête des premiers chrétiens. : pour actualiser la résurrection de leur Seigneur, pour réaliser son œuvre en acte, les croyants se rassemblent. « Vous êtes le CORPS DU CHRIST » affirme Paul (1 Cor 12, 27) ; « Vous n’êtes qu’un en Jésus-Christ » (Gal 3, 28)
La messe du dimanche est la constitution, l’apparition, la vision de la vérité de la Résurrection de Jésus. Des hommes et des femmes de toutes conditions sociales, de toutes origines, de toutes cultures, acceptent que les différences qui les distinguent et parfois les opposent sont complémentaires.
Comme l’œil et le pied sont membres d’un corps, tous se laissent attirer par le Ressuscité pour être son Corps. Le sang de la Croix soigne leurs blessures et l’aube de Pâques illumine leurs réconciliations.

5. UNE COMMUNAUTE INCOMPRISE ET COMBATTUE

Les disciples de Jésus ont vite expérimenté que leur foi nouvelle n’était pas une promotion mais l’entrée dans une existence périlleuse. A la suite de Jésus, Pierre et les autres ont été incompris par leurs familles, rejetés par leurs compatriotes : comment oser dire que Jésus qui avait été condamné par le grand tribunal du Sanhédrin était le Messie ? Critiques et procès aboutiront vite à l’excommunication : on refusera aux chrétiens l’entrée dans les synagogues, ils deviendront des parias.

D’autre part les Romains se méfieront de cette « nouvelle secte » qui provoquait partout débats sinon  émeutes et dont le chef avait été exécuté sur la croix où l’on clouait les révolutionnaires.
Les chrétiens sont et resteront suspects aux yeux du pouvoir religieux comme du pouvoir politique.
Croire à la Résurrection d’un crucifié n’entraîne pas sur la voie des honneurs du monde.
Mais Jésus l’avait dit : « Heureux êtes-vous lorsque l’on vous insulte, que l’on vous persécute et que l’on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi. Soyez dans l’allégresse… » (Matt 5, 11)

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Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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Resurrexit

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PÂQUES : DEVELOPPEMENT DE L’HOMME

Que le cœur de la foi chrétienne se fixe sur un corps humain flagellé, couvert de plaies, victime de la haine des hommes puis rendu à la vie de lumière par la Gloire de Dieu, manifeste la valeur, l’importance, la centralité de tout corps humain. Croix et Résurrection ne fondent pas une secte pieuse, grisée par les rêves de l’au-delà, voguant sur les flots des tempêtes humaines en attendant un nouveau monde.
Pâques n’est pas un miracle de jadis ni un bond dans une vague spiritualité : le Ressuscité revient dans l’histoire des hommes pour qu’ils ne soient plus ni victimes ni bourreaux.

C’est pourquoi c’est le jour de Pâques, le 26 mars 1967, que le pape Paul VI publiait une encyclique qui allait avoir un immense retentissement sur le monde : POPULORUM PROGRESSIO que le grand économiste F. Perroux qualifiait  d’ « un des plus grands textes de l’histoire de l’humanité ». C’était un appel très fort adressé à tous les hommes pour que s’intensifie la lutte pour réduire le fossé entre pays riches et pays  pauvres et pour que l’on cherche un développement intégral c.à.d. le développement de tout homme et de tous les hommes.
Sortir de la mort pour vivre. Passer. Dès aujourd’hui. Permettre aux hommes de faire ce que le Père a fait pour le Fils.

Le pape François a célébré récemment le 50ème anniversaire de cette encyclique dont vous pouvez trouver le texte sur le net : « vatican.paul VI .populorum progressio » car il est toujours à méditer. En voici quelques extraits.

POPULORUM PROGRESSIO

LETTRE ENCYCLIQUE  DU PAPE PAUL VI  SUR LE DÉVELOPPEMENT DES PEUPLES

1. Le développement des peuples, tout particulièrement de ceux qui s’efforcent d’échapper à la faim, a la misère…est considéré avec attention par l’Eglise. Au lendemain du deuxième Concile œcuménique du Vatican, une prise de conscience renouvelée des exigences du message évangélique lui fait un devoir de se mettre au service des hommes pour les aider à saisir toutes les dimensions de ce grave problème et pour les convaincre de l’urgence d’une action solidaire en ce tournant décisif de l’histoire de l’humanité.

3. Aujourd’hui, le fait majeur dont chacun doit prendre conscience est que la question sociale est devenue mondiale… Cet enseignement est grave et son application urgente. Les peuples de la faim interpellent aujourd’hui de façon dramatique les peuples de l’opulence. L’Eglise tressaille devant ce cri d’angoisse et appelle chacun à répondre avec amour à l’appel de son frère.

14. Le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c’est-à-dire promouvoir tout homme et tout l’homme.

19. Avoir plus, pour les peuples comme pour les personnes, n’est donc pas le but dernier. Toute croissance est ambivalente. Nécessaire pour permettre à l’homme d’être plus homme, elle l’enferme comme dans une prison dès lors qu’elle devient le bien suprême qui empêche de regarder au ciel…L’avarice est la forme la plus évidente du sous-développement moral.

22. Le récent Concile l’a rappelé: « Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon la règle de la justice, inséparable de la charité. » Tous les autres droits, quels qu’ils soient, y compris ceux de propriété et de libre commerce, y sont subordonnés : ils n’en doivent donc pas entraver, mais bien au contraire faciliter la réalisation, et c’est un devoir social grave et urgent de les ramener à leur finalité première.

23. « Si quelqu’un, jouissant des richesses du monde, voit son frère dans la nécessite et lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ? » On sait avec quelle fermeté les Pères de l’Église ont précisé quelle doit être l’attitude de ceux qui possèdent, en face de ceux qui sont dans le besoin: « Ce n’est pas de ton bien, affirme ainsi saint Ambroise, que tu fais largesse au pauvre, tu lui rends ce qui lui appartient. Car ce qui est donné en commun pour l’usage de tous, voilà ce que tu t’arroges. La terre est donnée à tout le monde, et pas seulement aux riches. »
C’est dire que la propriété privée ne constitue pour personne un droit inconditionnel et absolu. Nul n’est fondé à réserver à son usage exclusif ce qui passe son besoin, quand les autres manquent du nécessaire. En un mot, « le droit de propriété ne doit jamais s’exercer au détriment de l’utilité commune, selon la doctrine traditionnelle chez les Pères de l’Église et les grands théologiens ».

26. Un système s’est malheureusement édifié sur ces conditions nouvelles de la société, qui considérait le profit comme motif essentiel du progrès économique, la concurrence comme loi suprême de l’économie, la propriété privée des biens de production comme un droit absolu, sans limites ni obligations sociales correspondantes. Ce libéralisme sans frein conduisait à la dictature à bon droit dénoncée par Pie XI comme génératrice de « l’impérialisme international de l’argent « .

29. Il faut se hâter : trop d’hommes souffrent, et la distance s’accroît qui sépare le progrès des uns, et la stagnation, voire la régression des autres

42. C’est un humanisme plénier qu’il faut promouvoir. Qu’est-ce à dire, sinon le développement intégral de tout l’homme et de tous les hommes ?

43. Le développement intégral de l’homme ne peut aller sans le développement solidaire de l’humanité…..Il s’agit de construire un monde où tout homme, sans exception de race, de religion, de nationalité, puisse vivre une vie pleinement humaine, affranchie des servitudes qui lui viennent des hommes et d’une nature insuffisamment maîtrisée; un monde où la liberté ne soit pas un vain mot et où le pauvre Lazare puisse s’asseoir à la même table que le riche. Cela demande à ce dernier beaucoup de générosité, de nombreux sacrifices, et un effort sans relâche. A chacun d’examiner sa conscience qui a une voix nouvelle pour notre époque. Est-il prêt à soutenir de ses deniers les œuvres et les missions organisées en faveur des plus pauvres ? A payer davantage d’impôts pour que les pouvoirs publics intensifient leur effort pour le développement ? A acheter plus cher les produits importés pour rémunérer plus justement le producteur ? A s’expatrier lui-même au besoin, s’il est jeune, pour aider cette croissance des jeunes nations ?

49. Il faut aussi le redire: le superflu des pays fiches doit servir aux pays pauvres. La règle qui valait autrefois en faveur des plus proches doit s’appliquer aujourd’hui à la totalité des nécessiteux du monde.

58. La règle de libre échange ne peut plus – à elle seule – régir les relations internationales. Ses avantages sont certes évidents quand les partenaires ne se trouvent pas en conditions trop inégales de puissance économique…Il n’en est plus de même quand les conditions deviennent trop inégales de pays à pays: les prix qui se forment « librement » sur le marché peuvent entraîner des résultats iniques. Il faut le reconnaître: c’est le principe fondamental du libéralisme comme règle des échanges commerciaux qui est ici mis en question.

66. Le monde est malade. Son mal réside moins dans la stérilisation des ressources ou leur accaparement par quelques-uns, que dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples.

75. La prière de tous doit monter avec ferveur vers le Tout-Puissant, pour que l’humanité, ayant pris conscience de si grands maux, s’applique avec intelligence et fermeté à les abolir. A cette prière doit correspondre l’engagement résolu de chacun, à la mesure de ses forces et de ses possibilités, dans la lutte contre le sous-développement. …Combattre la misère et lutter contre l’injustice, c’est promouvoir, avec le mieux-être, le progrès humain et spirituel de tous, et donc le bien commun de l’humanité. La paix ne se réduit pas à une absence de guerre, fruit de l’équilibre toujours précaire des forces. Elle se construit jour après jour, dans la poursuite d’un ordre voulu de Dieu, qui comporte une justice plus parfaite entre les hommes.

80. L’heure de l’action a maintenant sonné : la survie de tant d’enfants innocents, l’accès à une condition humaine de tant de familles malheureuses, la paix du monde, l’avenir de la civilisation sont en jeu. A tous les hommes et à tous les peuples de prendre leurs responsabilités.

81. Les laïcs doivent assumer comme leur tâche propre le renouvellement de l’ordre temporel. …Il leur appartient, par leurs libres initiatives et sans attendre passivement consignes et directives, de pénétrer d’esprit chrétien la mentalité et les mœurs, les lois et les structures de leur communauté de vie (68). Des changements sont nécessaires, des réformes profondes, indispensables : ils doivent s’employer résolument à leur insuffler l’esprit évangélique. A nos fils catholiques appartenant aux pays plus favorisés, Nous demandons d’apporter leur compétence et leur active participation aux organisations officielles ou privées, civiles ou religieuses, appliquées à vaincre les difficultés des nations en voie de développement. Ils auront, bien sûr à cœur d’être au premier rang de ceux qui travaillent à établir dans les faits une morale internationale de justice et d’équité.

87. De grand cœur Nous vous bénissons, et Nous appelons tous les hommes de bonne volonté à vous rejoindre fraternellement. Car si le développement est le nouveau nom de la paix, qui ne voudrait y œuvrer de toutes ses forces ? Oui, tous, Nous vous convions à répondre à notre cri d’angoisse, du nom du Seigneur.

Du Vatican, en la fête de Pâques 26 mars 1967.

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Témoignage de Mère Kingbo au Niger

En 2006, Mère Marie-Catherine fonde au Niger la Congrégation des Servantes du Christ. Leur mission ? Témoigner de l’amour du Christ à la population à 98 % musulmane. Depuis 2015, où 80% des églises ont été brûlées, sa communauté religieuse est gardée 24 heures sur 24 par des policiers. Voici son témoignage.

« Début du mois de janvier 2015. Les medias parlent partout des caricatures de Mahomet dans le journal de Charlie Hebdo en France et la tension monte au Niger : les 16 et 17 janvier des manifestants nigériens surexcités se mettent à saccader et brûler des églises, des écoles, des maisons de religieuses et de particuliers chrétiens. Nous, des religieuses catholiques installées au Niger depuis 2006, nous nous attendons au pire.

Dans certains pays d’Afrique, les populations associent le christianisme à l’Occident. Vous voyez : ce que vous faites en Occident, a un impact sur nous, les chrétiens. Ce peuple qui a bénéficié de tant de soins, d’éducation, d’amour de l’Eglise au Niger, qui est venu frapper plusieurs fois à nos portes, de jour comme de nuit, pour recevoir de la nourriture et sortir de sa misère, c’est ce même peuple qui s’est retourné contre nous,  pour nous jeter des pierres, brûler nos églises, et veut nous empêcher de porter une croix.

N’eût été l’intervention de la sécurité publique, nous n’aurions pas été épargnées. Dans la communauté dont je suis la supérieure générale, nous étions une vingtaine de sœurs et novices. Certaines avaient peur. Alors je leur ai posé la question suivante : voulez-vous partir ou rester ici ? Aucune n’est partie, malgré la peur et l’insécurité. Nous sommes restées barricadées, sans avoir la messe pendant 3 semaines. On adorait, on priait, comme d’habitude. J’avais confiance en Dieu et dans la population que nous aidions.

Voilà 11 ans que je suis venue du Sénégal pour aider la population nigérienne, comme Dieu me l’avait demandé. Un jour de 2005 que je suivais un cours sur l’Islam, j’ai compris comment les musulmans voyaient le Christ. Pas comme le fils de Dieu mort sur la croix et ressuscité mais comme un simple prophète. J’ai été bouleversée parce qu’ils ne connaissaient pas ce Dieu amour et bonté. Alors j’ai été comme interpelée par le Christ : « Pars au Niger ».

En 2006, je suis partie pour ma nouvelle mission, accompagnée d’une jeune postulante sénégalaise et nous avons fondé la première congrégation religieuse autochtone la « Fraternité des Servantes du Christ », avec l’accord de l’évêque. L’objectif était de manifester le visage de tendresse du Seigneur, pas d’obliger les musulmans à devenir chrétiens. Certaines fillettes étaient données en mariage dès l’âge de 11-12 ans et certaines en mouraient en donnant naissance à leur premier enfant. Nous avons commencé à organiser des sessions de formation pour les mamans, les jeunes filles, les chefs des villages, les jeunes garçons, les imams.

En 2007, la première session des imams et des chefs de village a regroupé 24 participants. C’était incroyable ; on n’imaginait pas que de telles personnalités répondent à l’appel d’une femme, religieuse et étrangère ! Le plus marquant, c’est quand je leur ai posé la question : « Vous n’êtes pas gênés qu’une religieuse étrangère et catholique, bouscule les mentalités ? ». L’un d’eux m’a fait une réponse surprenante et encourageante : « Ce qui nous réunit, ce n’est ni la religion, ni l’ethnie, mais l’amour ». Là, il ne le savait pas, mais il parlait déjà de Dieu.

Venues d’horizons divers : du Bénin, du Burkina Faso, du Niger, du Sénégal et du Tchad, nous avons tout quitté pour révéler le vrai visage du Seigneur qui n’est qu’AMOUR. Nous puisons notre force dans ces paroles du Christ : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

A vous tous qui nous soutenez, je veux dire : merci ! Malgré l’insécurité grandissante au Niger, c’est par votre persévérance dans la prière et votre soutien que nous serons sauvés et pourrons conduire des hommes et des femmes de toutes nations vers le Christ l’Alpha et l’Oméga ».[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][separator style_type= »single » top_margin= »24px » bottom_margin= »48px » sep_color= »#ff9604″ border_size= »1px » icon= » » icon_circle= » » icon_circle_color= » » width= » » alignment= »center » class= » » id= » »][/one_full]