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Dimanches Fêtes et solennités

Fête de l’Eucharistie – Année A – Dimanche 18 juin 2017

Dans les années 50-52, saint Paul est venu fonder une communauté à Corinthe – ville neuve, avec deux ports, 500.OOO habitants environ, célèbre pour ses mœurs dissolues et le nombre de ses prostituées.
La lettre qu’il adresse plus tard à cette communauté doit dater de 54 ou 56 : Paul leur rappelle la pratique qu’il leur avait enseignée. C’est, avant les évangiles, le premier récit écrit de l’Eucharistie.

« La coupe que nous bénissons n’est-elle pas une communion au sang du Christ ?
Le pain que nous rompons n’est-il pas une communion au corps du Christ ?
Puisqu’il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps
car tous nous participons à cet unique pain…. (10, 16-17)

« Voici ce que j’ai reçu du Seigneur et que je vous ai transmis (lors de mon séjour) :
le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain
et après avoir rendu grâce, le rompit et dit :
«  Ceci est mon corps qui est pour vous ; faites cela en mémoire de moi ».
Il fit de même pour la coupe, après le repas, en disant :
« Cette coupe est la Nouvelle Alliance en mon sang ;
faites cela toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi ».
En effet toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe,
vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne…. » (11, 23-26)

« FAITES » : la messe n’est pas un précepte de l’Eglise mais l’ordre dernier du Christ : c’est ainsi que ses disciples font mémoire de lui et annoncent sa mort libératrice. L’effet de la croix est l’assemblée des hommes.

Comme Jésus à la dernière cène, on célèbre avec un seul pain qui est rompu et chacun reçoit un morceau. Symboliquement le corps de Jésus se brise – par amour – et se reconstitue en corps de la communauté avec ceux qui le mangent. L’unité et la réconciliation se reçoivent. Manger et boire, c’est accepter d’entrer en communion avec tous les participants.

La société de consommation est un champ de rivalité et de cupidité ; la messe est la communion de l’amour entre pauvres, elle est le premier témoignage.

R.D.

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« Pour moi, la messe n’est pas une obligation : c’est une nécessité »

( un chrétien aveugle )

D’habitude l’Eucharistie sert un peu comme de support à la célébration d’une fête ou d’un dimanche ordinaire : aujourd’hui la Fête du « Corps et du Sang du Christ » nous donne l’occasion de méditer sur ce que nous faisons en allant chaque dimanche à la messe.

On doit reconnaître que, à ce sujet, la situation actuelle en Occident n’est pas brillante. En quelques dizaines d’années, la pratique religieuse s’est effondrée ; la désaffection des jeunes entraîne le vieillissement des assemblées ; la pénurie des vocations fait que les célébrants sont de plus en plus âgés. Il n’est pas rare de voir de grandes églises avec deux pincées de pratiquants disséminés et donnant l’impression d’accomplir une routine fastidieuse.

Ne condamnons pas l’évolution de la société, ne critiquons pas les jeunes mais ne nous résignons pas non plus au délabrement dans l’attente passive d’une amélioration. Avant de chercher des recettes, c’est à nous, les pratiquants, prêtres et laïcs, de reprendre conscience de la grandeur de ce que nous sommes invités à vivre. Et de décider des réformes. Comment aujourd’hui « faire la messe » est un problème urgent à débattre. Voici quelques éclairages.

GRANDEUR UNIQUE DE L’EUCHARISTIE

L’invention de l’Eucharistie est l’acte ultime posé par Jésus lors de son dernier repas avec ses disciples. Le moment est gravissime : Judas étant sorti prévenir les autorités, Jésus sait que sa fin est proche. Dans quelques heures, ses ennemis vont le prendre pour le tuer : à table, il « se donne » à ses amis pour qu’ils vivent. « Prenez : ceci est mon corps, ceci est mon sang » : ce qui va être sa « passion » est d’abord son « action ». Aucun évangile ne note la présence du plat avec l’agneau pascal : c’est Jésus lui-même qui devient l’agneau. Non plus pour commémorer la sortie des Hébreux hors de l’esclavage d’Egypte mais pour effectuer la libération de tous les hommes hors de la prison de leurs péchés, de leur désespoir, de leur tristesse. Toute eucharistie nous donne, par grâce, ce que nous ne pouvons nous offrir par nous-mêmes : la liberté profonde. Vrai « moment-clef »- qui ouvre les portes-, elle nous fait passer de la mort à la Vie.

DIEU NOUS RECUEILLE

On ne va donc pas à la messe pour prier, pour goûter un moment de recueillement : on s’y rend comme à un repas de fête. Faut-il donc, en y entrant, se taire, prendre un air soi-disant pieux et se réfugier dans un coin tranquille ? Ne faudrait-il pas au contraire s’accueillir les uns les autres, manifester la joie de se retrouver, se regrouper comme on le fait à tout banquet ? « Quand tu veux prier, rentre chez toi et ferme ta porte » a dit Jésus. Au contraire, à la messe, on se laisse recueillir ensemble. Tous enfants prodigues rentrant à la maison, nous venons nous laisser purifier car le Fils aîné, Jésus, au contraire de celui de la parabole, nous invite au banquet où le Père nous fait miséricorde. « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde… ».

UNION DE TOUS

Cessons de répéter cette expression absurde « faire sa communion ». A la dernière Cène, les disciples n’ont rien fait : ils ont accepté, ils ont reçu le Pain et le Vin qui faisait leur commune-union. Eux qui se chamaillaient sans cesse pour les préséances, pour juger qui était le meilleur, ils ont compris que les dons de Jésus leur donnaient la même Vie, les rassemblaient dans son amour. « Que tous soient UN ». Le fruit direct et immédiat de l’eucharistie n’est pas l’extase, l’expérience mystique, la perfection morale : elle est la communauté de gens que tout sépare.

Alors que toujours nous nous rassemblons par affinité (liens familiaux, liens professionnels, amour de telle sorte de musique, supporter de tel club sportif, membre d’une association, d’un syndicat…), la messe – et elle seule – nous force à nous rassembler avec toute l’immensité de nos différences. Le patron et le syndicaliste, le professeur et l’analphabète, l’amoureux de Mozart et celui du rap, le jeune à la crête de coq et la grand’mère confite en dévotion, l’Occidental et le Chinois et l’Africain. L’Eucharistie ne gomme pas les différences, ne confond pas tout, ne résout pas les problèmes sociaux et économiques sur le champ. Elle nous apprend à regarder l’autre « comme un frère ou une sœur pour lequel le Christ a donné sa vie », à ne pas nous enferrer dans des conflits interminables, à accepter les différences comme une richesse, à cesser d’être intolérant.

ECOUTER, PARLER, DIALOGUER

Comme dans tout banquet, avant de manger – et pendant que l’on mange -, on se parle. L’Eucharistie ne commence pas à l’Offertoire quand on apporte le pain et le vin mais dès l’entrée à partir du signe de croix inaugural et de la bénédiction : « La grâce de Notre Seigneur Jésus, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soient toujours avec vous »- formule que disaient déjà les communautés de saint Paul (2 Cor 13, 13).
Beaucoup hélas ne sont pas encore guéris de l’ignoble enseignement qui nous a été donné pendant des siècles (Le début de la messe était « une avant-messe » facultative). L’accueil de vos hôtes, de vos amis, qui vous ouvrent leur porte est-il un « avant-repas» ? Toute réception est un partage de paroles, d’aliments et de boissons.
La communion à la messe s’effectue d’abord par un échange : Dieu s’adresse à nous par les lectures, nous lui répondons par nos cantiques, nos oraisons, nos amen. Si nous n’entrons pas dans ce dialogue, si les lectures sont incompréhensibles, si nous restons muets au lieu de clamer fièrement nos acclamations, il n’est pas étonnant que la messe nous ennuie et que les jeunes la fuient.
Quelle tristesse pour un prêtre qui dit à ses frères « Le Seigneur soit avec vous » de n’entendre en retour que quelques vagues chuchotements. Quand saint Pierre ou saint Paul s’adressaient à leurs assemblées pour leur lancer cette Nouvelle extraordinaire que Dieu (pas un roi, pas une chanteuse) était tout heureux de les rencontrer, on imagine leurs acclamations pleines d’allégresse. C’était la Bonne Nouvelle ; personne ne leur avait jamais parlé comme ça !

VALEUR DU DIMANCHE

Les premiers apôtres n’ont pas fixé l’Eucharistie au jour anniversaire de la Pâque du printemps mais l’ont décidée pour chaque semaine. Ni le jeudi ni le jour de la croix mais au lendemain du shabbat, le premier jour de la semaine, jour où le Seigneur était ressuscité, et qu’ils ont appelé « Jour du Seigneur » (domenica dies)
Pour les chrétiens, contrairement à l’usage, le « week-end » c’est vendredi-samedi. Le lendemain, ils commencent une nouvelle semaine par le dimanche : avant de se lancer dans le travail et d’affronter tous les problèmes, en célébrant la messe, ils proclament la victoire de la Vie, ils viennent se remplir de l’énergie de leur Seigneur. Leur assemblée fraternelle est le signe de la réussite du projet de Dieu : unir l’humanité dans la Paix et la Joie universelles.
Comme les disciples d’Emmaüs tentés d’abandonner la foi, ils sont rejoints par leur Seigneur qui leur explique le sens de leur existence à travers les Ecritures et il s’offre à eux dans « la fraction du Pain » afin de reconstituer sans cesse l’union menacée par nos égoïsmes .( Luc 24, 33).

COMMUNAUTE A 4 PILIERS

Lorsque saint Luc trace un bref portrait de la communauté primitive, il en précise les 4 caractéristiques essentielles et permanentes :

« ILS ETAIENT ASSIDUS
A L’ENSEIGNEMENT DES APÔTRES ET A LA COMMUNION FRATERNELLE,
A LA FRACTION DU PAIN ET AUX PRIERES »
(Actes 2, 42)

  1. Il importe d’abord de nourrir sa foi, d’enraciner ses convictions, d’approfondir la connaissance des enseignements de Jésus. L’Evangile reste la source première.
  2. Le commandement essentiel de l’évangile est « aimez-vous les uns les autres ».La foi provoque la charité. « Si je n’ai pas la charité, je ne suis rien » dit Paul (1 Cor 13). Encore et toujours il faut combattre toute tentation de séparation, de schisme, de division.
  3. Chaque dimanche, les disciples se rassemblent dans la joie, échangent leurs nouvelles et leurs soucis. Dans l’Eucharistie, ils font mémoire active de leur Sauveur, ils chantent sa résurrection, ils se laissent transformer en son Corps social, ils attendent son retour.
  4. Dans l’Esprit, ils parlent à leur Seigneur, ils l’écoutent, lui présentent leur existence, intercèdent les uns pour les autres. « Il est nécessaire de prier constamment et de ne pas se décourager » (Luc 18, 1)

Foi dans la Parole – Charité mutuelle – Eucharistie festive – Espérance de l’avenir de Dieu.
Evangile – Amour – Eucharistie – Lien vivant à Dieu.
Hélas, cet idéal a souvent été perdu, renié, mal vécu : l’Eglise a cherché la puissance et s’est déchirée. Cependant toujours l’idéal fondamental a été vécu par certains, a surnagé à toutes les tempêtes. Comme aux premiers jours, il demeure dans notre monde sécularisé et hyperbranché, le socle sur lequel se poursuit l’œuvre de Dieu.
L’assemblée du dimanche avec le partage de la Parole et du Pain de Vie demeure au cœur de la foi. L’urgence est de réfléchir à son contenu, à sa célébration, de débattre entre nous pour la rendre plus vivante. Il ne faut pas laisser éteindre le feu mais souffler sur les braises afin que le feu, qui brûlait dans le cœur de Jésus lorsqu’il inventa l’eucharistie et donna sa vie sur la croix, se ranime dans les nôtres. C’est par manque de ce feu que notre monde meurt de froid.[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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PAPE FRANCOIS : L’EUCHARISTIE ET L’ECOLOGIE

235. Les Sacrements sont un mode privilégié de la manière dont la nature est assumée par Dieu et devient médiation de la vie surnaturelle. À travers le culte, nous sommes invités à embrasser le monde à un niveau différent.

Nous ne nous évadons pas du monde, et nous ne nions pas la nature quand nous voulons rencontrer Dieu…. Selon l’expérience chrétienne, toutes les créatures de l’univers matériel trouvent leur vrai sens dans le Verbe incarné, parce que le Fils de Dieu a intégré dans sa personne une partie de l’univers matériel, où il a introduit un germe de transformation définitive : « Le christianisme ne refuse pas la matière, la corporéité, qui est au contraire pleinement valorisée dans l’acte liturgique, dans lequel le corps humain montre sa nature intime de temple de l’Esprit et parvient à s’unir au Seigneur Jésus, lui aussi fait corps pour le salut du monde ». (Jean-Paul II)

236. Dans l’Eucharistie, la création trouve sa plus grande élévation. La grâce atteint une expression extraordinaire quand Dieu fait homme se fait nourriture pour sa créature. Le Seigneur, au sommet du mystère de l’Incarnation, a voulu rejoindre notre intimité à travers un fragment de matière. Non d’en haut, mais de l’intérieur, pour que nous puissions le rencontrer dans notre propre monde.

Dans l’Eucharistie la plénitude est déjà réalisée ; c’est le centre vital de l’univers, le foyer débordant d’amour et de vie inépuisables. Uni au Fils incarné, présent dans l’Eucharistie, tout le cosmos rend grâce à Dieu.

En effet, l’Eucharistie est en soi un acte d’amour cosmique : « Oui, cosmique! Car, même lorsqu’elle est célébrée sur un petit autel d’une église de campagne, l’Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde » (Benoît XVI).

L’Eucharistie unit le ciel et la terre, elle embrasse et pénètre toute la création. Le monde qui est issu des mains de Dieu, retourne à lui dans une joyeuse et pleine adoration : dans le Pain eucharistique, « la création est tendue vers la divinisation, vers les saintes noces, vers l’unification avec le Créateur lui-même ». (Benoît XVI).

C’est pourquoi, l’Eucharistie est aussi source de lumière et de motivation pour nos préoccupations concernant l’environnement, et elle nous invite à être gardiens de toute la création.

LE DIMANCHE

237. Le dimanche, la participation à l’Eucharistie a une importance spéciale. Ce jour, comme le sabbat juif, est offert comme le jour de la purification des relations de l’être humain avec Dieu, avec lui-même, avec les autres et avec le monde. Le dimanche est le jour de la résurrection, le “premier jour” de la nouvelle création, dont les prémices sont l’humanité ressuscitée du Seigneur, gage de la transfiguration finale de toute la réalité créée.

En outre, ce jour annonce « le repos éternel de l’homme en Dieu ». De cette façon, la spiritualité chrétienne intègre la valeur du loisir et de la fête.

L’être humain tend à réduire le repos contemplatif au domaine de l’improductif ou de l’inutile, en oubliant qu’ainsi il retire à l’œuvre qu’il réalise le plus important : son sens. Nous sommes appelés à inclure dans notre agir une dimension réceptive et gratuite, qui est différente d’une simple inactivité. Il s’agit d’une autre manière d’agir qui fait partie de notre essence.

Ainsi, l’action humaine est préservée non seulement de l’activisme vide, mais aussi de la passion vorace et de l’isolement de la conscience qui amène à poursuivre uniquement le bénéfice personnel. La loi du repos hebdomadaire imposait de chômer le septième jour « afin que se reposent ton bœuf et ton âne et que reprennent souffle le fils de ta servante ainsi que l’étranger » (Ex 23, 12).

En effet, le repos est un élargissement du regard qui permet de reconnaître à nouveau les droits des autres. Ainsi, le jour du repos, dont l’Eucharistie est le centre, répand sa lumière sur la semaine tout entière et il nous pousse à intérioriser la protection de la nature et des pauvres… »

Pape François : Encyclique « LOUE SOIS-TU » sur l’écologie – Mai 2015

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