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Fêtes et solennités

Fête de la Toussaint – Année A – 1er novembre 2017 – Évangile de Matthieu 5, 1-12

«  Je ne meurs pas : j’entre dans la Vie »
(Sainte Thérèse de Lisieux – au seuil de la mort – 1897)

Il semble qu’il n’y a rien à faire : le mot Toussaint évoque la mort, le souvenir des défunts, les visites au cimetière, le crissement des feuilles mortes sous les pas de gens tristes portant un bouquet de fleurs sous un ciel gris.
« Un temps de Toussaint » dit-on. Grisaille et tristesse. Nos « trépassés »

Pourtant le mot TOUS-SAINTS évoque tout le contraire.
Vers la fin du cycle de l’année liturgique, l’Eglise nous invite à célébrer le bonheur éternel de tous-les-saints, la multitude innombrable d’hommes et de femmes c.à.d. de tous les vivants en Dieu. Ceux qui sont « passés en Dieu ».
Et c’est le lendemain que nous prions pour nos défunts.

Les deux jours sont liés en effet et ils nous replacent devant l’énigme de la mort.
Nécessité fatale.
Fin de la brève aventure terrestre ou métamorphose comme la chrysalide devient papillon.
Retour au néant ou nouvelle naissance.

Voici une toute récente catéchèse de notre Pape sur l’espérance devant la mort.

R.D.

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PAPE FRANCOIS

« Guérir de la blessure de la mort »

Le pape François continue sa catéchèse sur l’espérance. Il a abordé le thème de l’espérance chrétienne en lien avec la réalité de la mort, au cours de l’audience générale de ce mercredi 18 octobre 2017, sur la Place Saint-Pierre, devant des dizaines de milliers de visiteurs.

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, je voudrais confronter l’espérance chrétienne avec la réalité de la mort, une réalité que notre civilisation moderne a de plus en plus tendance à effacer.

Ainsi, lorsque la mort arrive, pour quelqu’un qui nous est proche ou pour nous-mêmes, nous nous retrouvons sans y être préparés, privés aussi d’un « alphabet » adapté pour ébaucher des paroles qui aient du sens autour de son mystère qui demeure de toute façon.

Et pourtant, les premiers signes de civilisation humaine sont justement passés à travers cette énigme. Nous pourrions dire que l’homme est né avec le culte des morts.

D’autres civilisations, avant la nôtre, ont eu le courage de la regarder en face. C’était un événement raconté par les personnes âgées aux nouvelles générations, comme une réalité inéluctable qui obligeait l’homme à vivre pour quelque chose d’absolu. Le psaume 89 dit : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse » (v.12).

Compter ses jours fait que le cœur devient sage ! Des paroles qui nous renvoient à un sain réalisme, en chassant le délire de la toute-puissance. Que sommes-nous ? Nous sommes « un néant », dit un autre psaume (cf. 88,48) ; nos jours passent très vite : même si nous vivions cent ans, à la fin, il nous semblera que tout a été un souffle. J’ai souvent entendu des personnes âgées dire : « Ma vie a passé comme un souffle… ».

Ainsi, la mort met notre vie à nu.

Elle nous fait découvrir que nos actes d’orgueil, de colère et de haine étaient vanité : pure vanité. Nous nous rendons compte avec regret que nous n’avons pas suffisamment aimé et que nous n’avons pas cherché ce qui était essentiel.

Et en revanche, nous voyons ce que nous avons semé de vraiment bon : les personnes aimées pour lesquelles nous nous sommes sacrifiés et qui, maintenant, nous tiennent la main.

Jésus a éclairé le mystère de notre mort.

Par son comportement, il nous autorise à nous sentir peinés lorsqu’une personne chère s’en va. Lui-même s’est troublé « profondément » devant la tombe de son ami Lazare et « s’est mis à pleurer » (Jn 11,35). Dans cette attitude, nous sentons Jésus très proche, notre frère. Il a pleuré pour son ami Lazare.

Et alors Jésus prie le Père, source de la vie, et ordonne à Lazare de sortir du tombeau. Et c’est ce qui se produit. L’espérance chrétienne puise dans ce comportement que Jésus assume contre la mort humaine : si elle est présente dans la création, elle est cependant une blessure qui défigure le dessein d’amour de Dieu et le Sauveur veut nous en guérir.

Ailleurs les Évangiles racontent l’histoire d’un père dont la fille est très malade et il s’adresse avec foi à Jésus pour qu’il la sauve (cf. Mc 5,21-24.35-43). Et il n’y a pas de personnage plus émouvant que celui d’un père ou d’une mère qui a un enfant malade.

Et aussitôt, Jésus se met en route avec cet homme qui s’appelait Jaïre. À un certain moment, quelqu’un de la maison de Jaïre arrive et lui dit que l’enfant est morte et que ce n’est plus la peine de déranger le Maître. Mais Jésus dit à Jaïre : « Ne crains pas, crois seulement ». « N’aie pas peur, continue seulement de garder cette flamme allumée ! ». Et puis, lorsqu’ils seront arrivés à la maison, il réveillera l’enfant de la mort et la rendra vivante à ses proches.

Jésus nous place sur cette « ligne de crête » de la foi.

À Marthe qui pleure la disparition de son frère Lazare, s’oppose la lumière d’un dogme : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jn 11,25-26).

C’est ce que Jésus redit à chacun d’entre nous, chaque fois que la mort vient déchirer le tissu de la foi et des liens qui nous sont chers. Toute notre existence se joue ici, entre le versant de la foi et le précipice de la peur.

Jésus dit : « Je ne suis pas la mort, je suis la résurrection et la vie, crois-tu cela ? Crois-tu cela ? » Nous, qui sommes aujourd’hui ici sur la place, croyons-nous cela ?

Nous sommes tous petits et sans défense devant le mystère de la mort. Mais quelle grâce si, à ce moment-là nous gardons dans le cœur la flamme de la foi ! Jésus nous prendra par la main, comme il a pris par la main la fille de Jaïre, et il redira encore une fois : « Talitha koum », « Jeune fille, lève-toi ! » (Mc 5,41). Il nous le dira, à chacun de nous : « Relève-toi, ressuscite ! ».

Je vous invite, maintenant, à fermer les yeux et à penser à ce moment : celui de notre mort. Que chacun de nous pense à sa mort et s’imagine ce moment qui adviendra, quand Jésus nous prendra par la main et nous dira : « Viens, viens avec moi, lève-toi ». L’espérance finira là et ce sera la réalité, la réalité de la vie.

Réfléchissez bien : Jésus lui-même viendra vers chacun de nous et nous prendra par la main, avec sa tendresse, sa douceur, son amour. Et que chacun répète dans son cœur la parole de Jésus : « Lève-toi, viens ! Lève-toi, viens ! Lève-toi, ressuscite ! »

C’est notre espérance devant la mort.

Pour celui qui croit, c’est une porte qui s’ouvre tout grand, complètement ; pour celui qui doute, c’est un rayon de lumière qui filtre d’un seuil qui ne s’est pas fermé du tout. Mais pour nous tous, ce sera une grâce, lorsque cette lumière, de la rencontre avec Jésus, nous illuminera.

Pape François

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UN PETIT SOURIRE QUAND MÊME

« La Toussaint est le jour où les morts de demain vont rendre visite à ceux d’hier ».

Henri Duvernois

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Voici ce qui est peut-être un des plus beaux textes écrits au XXème siècle.
Un poème, un cri d’abandon, de confiance, d’espérance.
L’être humain enfin accompli
lorsque la chute dans le gouffre de la mort
devient accueil plein de tendresse sur le cœur du Père.

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Je crois qu’un jour…

Et je crois, oui je crois qu’un jour, Ton Jour, ô mon Dieu,
Je m’avancerai vers Toi,
Avec mes pas titubants,
Avec toutes mes larmes dans mes mains,
Et ce cœur merveilleux que tu nous as donné,
Ce cœur trop grand pour nous puisqu’il est fait pour Toi…

Un jour, je viendrai,
Et tu liras sur mon visage
toute la détresse, tous les combats,
tous les échecs des chemins de la liberté,
et tu verras tout mon péché.

Mais je sais, ô mon Dieu,
que ce n’est pas grave le péché, quand on est devant Toi,
Car c’est devant les hommes que l’on est humilié.
Mais devant Toi, c’est merveilleux d’être si pauvre,
puisqu’on est tant aimé !

Un jour, Ton Jour, ô mon Dieu, je viendrai vers Toi,
et dans la formidable explosion de ma résurrection,
je saurai enfin
que la tendresse, c’est Toi,
que la liberté, c’est encore Toi.

Je viendrai vers Toi, ô mon Dieu, et Tu me donneras ton Visage.
Je viendrai vers Toi avec mon rêve le plus fou :
T’apporter le monde dans mes bras.

Je viendrai vers Toi, et je te crierai à pleine voix
toute la vérité de la vie sur la terre.

Je te crierai mon cri qui vient du fond des âges :
« Père ! J’ai tenté d’être un homme, et je suis ton enfant… »

Jacques Leclercq

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Abbé Jacques LECLERCQ (missionnaire en Afrique puis accueil à N.D. de Paris)
in « Le Jour de l’homme » – éd. du Seuil – coll. Points Poche

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