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7ème dimanche de Pâques – Année A – 28 mai 2017
Évangile de Jean 17, 1-11

Au cœur du grand temps de prière qui va de l’Ascension à la Pentecôte, nous lisons le début de la prière solennelle de Jésus qui clôture son ultime soirée avec les siens (Jean 17). Il ne s’agit pas d’une transcription littérale des paroles de Jésus prises sur le vif. Lorsque Jean écrit son livre, plusieurs dizaines d’années se sont écoulées depuis cette fête de Pâque bouleversante, stupéfiante qui a complètement chamboulé les disciples. Depuis l’exécution sur la croix horrible, le désespoir, le retour du Vivant puis sa disparition, la communauté a été transfigurée : on méditait le sens de ces événements inouïs, on s’acharnait à percer le secret de Jésus, on se laissait travailler par son Esprit qui acheminait à la découverte de la Vérité tout entière, on se rassemblait pour faire mémoire de Jésus et partager son Pain de Vie. Cependant on se heurtait à l’incrédulité quasi générale, à l’hostilité croissante, aux menaces : des disciples étaient arrêtés, condamnés au tribunal, jetés en prison ; les plus grands d’entre eux – Etienne, Pierre, Jacques, Paul et beaucoup d’autres – avaient été torturés et mis à mort. Et cependant le message se répandait bien au-delà des frontières d’Israël, on s’émerveillait d’apprendre qu’en Egypte, en Macédoine, en Grèce et au cœur même du monde : Rome, de petites communautés naissaient, vibraient du bonheur de recevoir l’Evangile.
Enfin, le projet de Dieu s’éclairait.

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CONNAÎTRE LE PÈRE ET LE FILS
ET NAÎTRE COMME FILS

Comme les auteurs bibliques l’avaient fait pour le patriarche Jacob et le grand maître Moïse, Jean met sur les lèvres de Jésus, à l’approche de sa mort, un grand discours d’adieu et ce testament se clôture par une longue prière qui constitue le chapitre 17 de son évangile. Cette année nous en écoutons le début.

L’HEURE DU PASSAGE

Ainsi parla Jésus. Puis il leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue…. »

Il y a un temps pour parler aux hommes puis un temps pour parler à Dieu. Jésus dit le sens des événements qu’il a vécu et qu’il se prépare à vivre : il ne va pas tomber dans un piège, ne sera pas victime involontaire d’un complot.
C’est l’HEURE de l’intervention décisive de Dieu, l’heure qui maintenant a sonné au cadran de l’histoire et va la scinder en deux. Jean avait commencé le récit de la soirée de façon solennelle : « Avant la fête de Pâque, Jésus sachant que son heure était venue, l’heure de passer de ce monde au Père… »(13, 1). Jésus sait ce qui l’attend : Judas est sorti pour prévenir les autorités, la machine de mort est en route. Mais Jésus interprète sa mort : l’heure de passer à son Père, l’heure d’aimer les siens jusqu’au bout. Les agneaux que toutes les familles de la ville vont égorger et manger vont bien rappeler l’antique sortie d’Egypte : mais seul Jésus est l’agneau consentant, volontaire, qui se donne pour libérer les hommes de la prison du mal et de la mort.
La mort n’est plus la fin : si elle est don d’amour, elle est passage à l’Origine, à la Vie.

LA GLOIRE DU PÈRE ET DU FILS

Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.

Jésus ne demande évidemment pas la célébrité, la renommée. La GLOIRE signifie la manifestation de l’identité profonde. On va assister à un fait-divers tragique comme il y en avait périodiquement à Jérusalem : l’exécution au Golgotha d’un individu jugé dangereux par les autorités. Jésus prie son Père pour que, dans cette condamnation, ce chemin de croix, ces cris d’horreur, ce corps déchiré et mis au tombeau, des hommes commencent à percevoir qu’il n’est plus qu’une victime, un martyr, mais le Fils qui donne sa vie pour les hommes à la Gloire de son Père.
L’enjeu du Golgotha est là : sous le ciel noir, à travers les hurlements, au cœur même du déchaînement de la haine des hommes capables d’inventer les pires tortures, comprendre la profondeur, la « gloire » des acteurs. L’homme que l’on tue est le Fils ; il monte sur la croix comme on monte au ciel ; il est écartelé comme s’il voulait saisir l’humanité tout entière ; il descend dans la tombe comme pour en faire sortir les morts.
Celui qui parvient à « connaître » que le Dieu silencieux et comme absent est le Père et à connaître que ce corps pantelant et exsangue est le corps du Fils, celui-là est sauvé, IL A LA VIE ETERNELLE c.à.d. la Vie divine.

L’ŒUVRE

Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.

J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.

Jean ouvrait son évangile par un Prologue dont on retrouve l’écho ici : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était tourné vers Dieu et le Verbe était Dieu…Tout fut par lui…Et le Verbe fut chair et il a demeuré parmi nous et nous avons vu sa Gloire ». Jésus est venu du Père pour accomplir l’œuvre qu’il lui a confiée : révéler aux hommes qu’il est leur Père. Par sa Pâque, Jésus est en train d’achever cette œuvre : quelques hommes ont commencé à croire à ses paroles et, par elles, à croire en lui le Fils. A présent il prie son Père de l’accueillir près de Lui.

PRIERE POUR LEUR UNITE

Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.

La croix et la résurrection vont avoir sur le champ un résultat minuscule : quelques hommes et femmes du peuple vont croire que Jésus est plus qu’un maître qui donne des leçons mais le Fils qui a donné sa vie pour leur pardonner leur faute ; et croire donc que le Seigneur, le Dieu ineffable des Ecritures, YHWH, est vraiment leur Père. Donc l’effet immédiat de cette foi nouvelle est : nous avons un seul Père qui nous regroupe autour de la croix du Fils vivant, donc nous devons vivre en conséquence comme frères et sœurs. Or voilà bien le difficile. Car la foi ne change pas les caractères, ne fixe pas les libertés, développe les responsabilités, englobe des gens de toutes origines, de toutes conditions, de tous milieux, de tous tempéraments. La foi nouvelle ne réalise pas des automates identiques.
Notre unité, le vivre-ensemble des humains se heurte à tant de différences que Jésus supplie pour nous :

Père saint, garde-les unis dans ton Nom, le Nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous »

Donc l’effet de l’œuvre du Père accomplie par le Fils est la naissance et la persévérance d’une humanité unie. La force centrifuge qui nous écarte les uns des autres est telle qu’il faut bien une croix où Jésus est l’aimant (au double sens) qui doit nous réunir en dépit de tous nos tiraillements.
Dès le début, l’œuvre fut remise en question. Dans sa lettre, Jean se lamente qu’un petit groupe ait quitté sa communauté ; et toutes les lettres de Paul résonnent de ses insistances sans cesse répétées pour que les disciples soient unis dans la charité. Nous voulons bien nous dévouer mais chacun de notre côté ; communier à l’eucharistie mais pas entre nous ; faire une théologie mais en anathématisant ceux qui en ont une autre.

DONNER : JESUS MEDIATEUR

Une chose est très frappante dans cette prière : la répétition du verbe DONNER (compter combien de fois).
Jésus est conscient que son Père lui a donné une œuvre à faire ; il n’a pas eu des disciples par son charisme mais parce Son Père les lui a donnés. Il a dit les Paroles que son Père lui a données et il les a données intégralement à ces hommes…Bref Jésus est l’authentique médiateur : il n’invente pas sa vie et sa mission. Il reçoit tout et donne tout sans retouches. Avec notre orgueil, nous voulons tout inventer par nous-mêmes et ne transmettre que ce que nous décidons. En se disant le Fils, en disant sa fierté de tout recevoir et de tout donner, Jésus est adulte comme personne. Sans s’appuyer sur des titres, des richesses, des qualités, simple paysan de Galilée, il ne tremble devant personne, ne flanche pas devant les Puissants, respecte et aime chacun, ne chute dans aucune corruption, aucune vantardise. Parce que tout lui est donné et qu’il donne tout, il peut, comme Dieu, dire : « JE SUIS ».

CONCLUSION

A cette heure unique, la Pâque de Jésus marque le passage définitif du Fils au Père, des hommes croyants à la condition divine. Par Jésus, ils peuvent dire PERE, donc être FRERES et SOEURS par pure grâce. Cette paix est fragile ; le péché désintègre la communauté. Aussi, en ces jours, nous prions pour que l’Esprit nous garde unis, pour qu’il reconstitue la division d’Eglises séparées.[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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