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4ème dimanche de l’Avent – année A – 18 décembre 2016
Évangile de Matthieu 1, 18-24

JOSEPH DEVANT MARIE : L’HOMME DEVANT L’ÉGLISE

Lorsque les apôtres de Jésus, à la stupeur générale et sous les ricanements de beaucoup, se mirent à proclamer que Jésus, que l’on avait récemment exécuté comme faussaire et blasphémateur, était ressuscité, qu’il était vraiment le Seigneur, le Fils de Dieu, le Christ attendu, il fallait qu’ils expliquent comment ce Jésus était le Messie, c’est-à-dire comment il avait réalisé les promesses de Dieu puisque l’ensemble des Écritures était portée par l’espérance d’un « Messie » qui sauverait des malheurs.

C’est pourquoi Matthieu, en racontant la vie de Jésus, répète à 10 reprises la formule : « Tout cela arriva afin que fut accompli… ».

Ce dimanche nous en donne le premier exemple :
il est important car il commande toute la suite de l’œuvre.

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MARIE ET L’ÉGLISE : DIEU DANS L’HOMME

Lorsque les apôtres de Jésus, à la stupeur générale et sous les ricanements de beaucoup, se mirent à proclamer que Jésus, que l’on avait récemment exécuté comme faussaire et blasphémateur, était ressuscité, qu’il était vraiment le Seigneur, le Fils de Dieu, le Christ attendu, il fallait qu’ils expliquent comment ce Jésus était bien le Messie, c.à.d. comment il avait réalisé les promesses de Dieu puisque l’ensemble des Écritures était portée par l’espérance d’un « Messie » qui sauverait des malheurs.
C’est pourquoi Matthieu, en racontant la vie de Jésus, répète à 10 reprises la formule : « Tout cela arriva afin que fut accompli… ». Ce dimanche nous en donne le premier exemple : il est important car il commande toute la suite de l’œuvre.

PROPHÈTE ISAÏE : LE SIGNE DE L’ENFANT SAUVEUR.
(1ère lecture de ce jour)

En 736 avant notre ère, les rois d’Aram et de Samarie décidèrent d’attaquer Jérusalem qui refusait d’entrer dans leur coalition contre le colosse assyrien et de supprimer le nouveau et tout jeune roi Achhaz, descendant de David, pour installer une autre dynastie. L’épouvante grandissait devant la menace lorsque le prophète Isaïe vint trouver le roi et lui demanda d’avoir confiance en Dieu car l’attaque n’aurait pas lieu. Comme Akhaz restait angoissé, Isaïe lui donna un curieux signe de Dieu : « Voici que la jeune femme est enceinte et enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel » (qui signifie « Dieu-avec-nous ») et avant que cet enfant grandisse, les ennemis seront anéantis.
Or il se fait en effet que l’attaque n’eût pas lieu, Jérusalem fut sauvée et la reine mit au monde un fils qu’on appela Ezéchias. Hélas, pas plus que les autres, celui-ci ne fut un bon roi.
Cette délivrance fut trouvée miraculeuse, l’oracle d’Isaïe fut écrit dans un rouleau, conservé en mémoire et le récit, au lieu de rester seulement un souvenir fixé dans le passé, devint une prophétie du Messie futur : un jour lointain, le signe se réaliserait en plénitude et, alors que nous serons menacés de mort, nous ne nous sauverons pas par la violence, par la force des armes, mais par le don d’un enfant de Dieu.

500 ans plus tard, à Alexandrie où beaucoup de Juifs ne comprenaient plus l’hébreu, on traduisit pour la première fois la bible de l’hébreu en grec (on appelle cette version « La Septante »). Et dans ce passage, on traduisit le mot « jeune femme » par « parthenos » qui signifie vierge, jeune fille.

MATTHIEU : JÉSUS LE SIGNE RÉALISÉ

Cette promesse de l’enfant s’est réalisée, « accomplie » en Jésus, raconte Matthieu

Or, voici comment fut engendré Jésus Christ. Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.

A l’époque, le mariage se déroule en deux temps : après la bénédiction des noces et la fête, où déjà se scelle l’engagement définitif des partenaires, la fille (qui souvent est mariée dès l’âge de 13-14 ans) demeure encore près d’un an chez ses parents. Or c’est vers la fin de cette période que se produit l’inimaginable et que Luc raconte dans la célèbre scène de l’Annonciation : Myriam répond à l’appel de Dieu et est enceinte.
Matthieu, lui, s’intéresse surtout au jeune homme. Joseph est « un juste » c.à.d. un homme très croyant, qui s’applique toujours à « s’ajuster » à la volonté de Dieu, à lui obéir parfaitement. Son épouse l’a mis au courant de sa nouvelle situation : s’il l’avait soupçonnée d’adultère, il l’aurait répudiée, provoquant un scandale public. Mais non, il la croit sur parole, il ne la dénonce pas comme infidèle. « Il pense la renvoyer en secret » : qu’est-ce à dire ? On se demande comment cela serait possible. J’imagine que, bouleversé par cette intervention divine, Joseph aurait conclu qu’il devait, la mort dans l’âme, abandonner sa bien-aimée et se retirer, peut-être s’en aller au loin.
Mais Dieu va lui indiquer sa volonté :

Comme il avait formé ce projet, voici que l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »…. Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

« L’Ange du Seigneur »  est une expression antique que l’on employait au temps des vieux Patriarches et qui désigne bien, de façon respectueuse, Dieu en personne. Il rassure Joseph et lui confère sa nouvelle mission : il demeure bien l’époux de Marie, ils vont vivre ensemble si bien que l’enfant paraîtra pour tout le monde le fruit de leur union et sera effectivement un descendant de David.

Et Matthieu conclut :

Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : « Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Mais alors pourquoi Joseph a-t-il appelé le garçon « Jésus » ?

JÉSUS EMMANUEL :  SAUVEUR ET DIEU AVEC NOUS.

Le nouveau-né va devenir un homme comme les autres, il sera avec ses parents puis maître avec ses disciples. Mais il a d’abord mission de sauver les hommes, de les retirer de l’abîme du péché qui les éloigne de Dieu et c’est par la croix, par le don de lui-même jusqu’à la mort, qu’il va leur donner le pardon. A Pâque, il est l’agneau qui enlève le péché du monde : il réalise la signification de son premier nom : Jésus = IESHOUAH signifie « Dieu Sauveur ».

Mais quand il sera ressuscité, alors il pourra devenir EMMANUEL : c’est ce que raconte Matthieu dans l’ultime scène de son livre, laquelle correspond à la scène de ce jour :

Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. ET MOI, JE SUIS AVEC VOUS tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

Comme Joseph au début, les disciples sont perplexes devant un mystère qui les dépasse. Peut-être certains ont-ils la tentation de retourner chez eux. Mais le Vivant les rassure : Oui c’est bien moi, le même Jésus, j’ai accompli ma tâche de Sauveur : telle est la révolution la plus profonde, la plus essentielle que j’étais le seul à pouvoir réaliser. J’étais un homme près de vous : à présent mon Père m’a permis de devenir EMMANUEL, je suis-Dieu-avec-vous, en vous.
Telle est la Bonne Nouvelle et elle est destinée à toute l’humanité : allez donc partout, ne vous arrêtez jamais. S’ils croient, plongez les hommes dans l’eau de la Renaissance, dans le feu de l’Esprit et apprenez-leur comment désormais ils doivent vivre, en pratiquant tout ce que je vous ai appris.

JOSEPH DEVANT MARIE : NOUS DEVANT L’ÉGLISE

L’Église n’est pas une organisation qui a édifié une idéologie, programmé des dogmes, des rites, des préceptes moraux, une discipline. Elle est un mystère. Comme Marie, elle porte une présence secrète qu’elle ne s’est pas donnée, qu’elle n’a pas inventée, qu’elle ne veut pas imposer.

Tout homme est devant l’Église comme Joseph devant Marie : veut-elle me tromper ? Invente-t-elle des histoires ?…Et hélas, beaucoup, choqués, la répudient, et continuent à espérer que l’humanité arrivera bien à se sauver par ses propres moyens : la raison, la science, la psychologie, le développement personnel, une nouvelle révélation. A moins qu’il ne faille se résoudre à la fatalité de l’éternel retour. Et s’étourdir dans une consommation effrénée d’émissions débiles, de selfies narcissiques et d’objets inutiles.

Le salut n’est pas un progrès à faire, une extase devant une révélation nouvelle mais un don à recevoir ; il ne se réduira jamais à la santé meilleure, à la longévité, aux exploits techniques, à la bonne assurance en soi et au compte en banque. Nous portons une blessure et nous luttons pour la soulager mais rien ni personne ne pourra nous guérir. Notre faim n’est pas de bonheur mais de Dieu.

En ces derniers jours d’Avent, je te regarde Marie-Église. La Parole a fait naître la vie en toi : elle t’a été offerte gratuitement et tu la présentes gratuitement aux hommes. Elle n’est pas une loi mais une présence perçue par les humbles qui, écrasés, reconnaissent leur désir de salut et s’émerveillent de découvrir que, dans leur vie, tout est arrivé « afin que s’accomplisse ce qui est écrit dans les Écritures ».

Ne crains pas : prends Marie chez toi. Tu goûteras la communion avec Dieu et la communion avec tes frères.[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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LE SALUT DE LA CRÉATION : MARIE, JOSEPH ET NOUS

Pape François : Fin de la Lettre sur l’écologie : « Laudato si » – 24. 05. 2015

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MARIE

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JOSEPH

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NOUS

[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= »#ffffff » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »left » border_size= » » border_color= » » border_style= »solid » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= »fade » animation_direction= »right » animation_speed= »0.5″ animation_offset= »top-into-view » class= » » id= » »][fusion_text]243. A la fin, nous nous trouverons face à face avec la beauté infinie de Dieu (cf. 1 Co 13, 12) et nous pourrons lire, avec une heureuse admiration, le mystère de l’univers qui participera avec nous à la plénitude sans fin…Jésus nous dit : « Voici, je fais l’univers nouveau » (Apoc. 21, 5). La vie éternelle sera un émerveillement partagé, où chaque créature, transformée d’une manière lumineuse, occupera sa place et aura quelque chose à apporter aux pauvres définitivement libérés.

244. Entre-temps, nous nous unissons pour prendre en charge cette maison qui nous a été confiée, en sachant que tout ce qui est bon en elle sera assumé dans la fête céleste. Ensemble, avec toutes les créatures, nous marchons sur cette terre en cherchant Dieu…Marchons en chantant ! Que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l’espérance.

245. Dieu qui nous appelle à un engagement généreux, et à tout donner, nous offre les forces ainsi que la lumière dont nous avons besoin pour aller de l’avant. Au cœur de ce monde, le Seigneur de la vie qui nous aime tant, continue d’être présent. Il ne nous abandonne pas, il ne nous laisse pas seuls, parce qu’il s’est définitivement uni à notre terre, et son amour nous porte toujours à trouver de nouveaux chemins.

Loué soit-il.

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