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32ème dimanche ordinaire – année C – 6 novembre 2016
Évangile de Luc 20, 27-38

DIEU EST LE DIEU DES VIVANTS

La publicité érotise le corps;
le sport augmente ses performances ;
le fitness améliore sa forme;
une philosophie en fait une dépouille dont l’âme doit s’extraire ;
une fausse mystique le craint et le châtie;
la médecine prolonge sa durée terrestre.

Mais la santé ne remplace pas le salut ; la longévité ne remplace pas l’éternité.

La foi en la Résurrection glorifie le corps au-delà de toute mesure.
La Résurrection n’est pas un monde imaginable mais elle peut transfigurer la vie présente.
Elle est lumière capable d’illuminer déjà nos corps.
Elle ne dédaigne pas la relation conjugale : elle l’honore.

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32ème dimanche ordinaire – année C – 6 novembre 2016
Évangile de Luc 20, 27-38

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« S’IL N’Y A PAS RÉSURRECTION DES MORTS, VOTRE FOI EST VIDE »

(Paul à l’Église de Corinthe – 1 Cor 15, 14)

Quittant Zachée et la ville de Jéricho dans la vallée du Jourdain, Jésus, suivi de ses disciples, entame la longue montée vers Jérusalem. Parvenu au dernier village sur le mont des Oliviers, il y emprunte un petit âne et, sur cette humble monture, il entre en ville salué comme « Roi ». Les pèlerins affluent peu à peu pour célébrer la Pâque toute proche, moment toujours propice pour provoquer une révolution violente : aussi le préfet Ponce Pilate, qui réside habituellement à Césarée sur la côte de la Méditerranée, est monté  avec ses troupes et s’est installé dans la forteresse Antonia pour mater toute révolte éventuelle.

D’emblée Jésus se dirige vers le temple et chasse les vendeurs d’animaux qui étaient installés sur l’esplanade – ce qui suscite la furie des grands prêtres car c’était pour eux une grande source de profit.
Ces derniers jours qui précèdent la fête, Jésus les passe dans le temple : il enseigne le peuple et lui annonce la Bonne Nouvelle. Le temple n’est pas un lieu de commerce et de sacrifices d’animaux : il doit être le lieu du vrai culte où retentit la Parole de Dieu qui appelle à la conversion de chacun.

Le petit peuple écoute avec joie ce Jésus qui annonce un Dieu d’amour et de miséricorde. Mais les autorités religieuses sont de plus en plus exaspérées par ce laïc sorti de sa Galilée et le harcèlent de questions. Ces essais de prendre Jésus en faute nous permettent de connaître les lignes de force de sa  foi et ce qui lui permet d’assumer jusqu’au bout sa mission et de faire sa « pâque » (le mot signifie « passage ») par la croix.

20, 1-19 : Par quelle autorité se permet-il de vouloir « purifier » le temple ? C’est parce qu’il est le fils bien aimé du Père qui veut que la religion donne des fruits authentiques : cette mission, il le sait, suscitera la haine et il sera mis à mort.
20, 20-26 : Faut-il ou non payer le tribut à l’empereur, se soumettre au joug païen ou se révolter ? Il faut bien s’en acquitter mais l’essentiel est que tout homme se conduise à l’image de Dieu.
20, 27-40 : La résurrection des morts n’est-elle pas une croyance absurde ? Absolument pas. Jésus affirme son espérance indéfectible dans la victoire de l’amour de son Père – évangile de ce dimanche, cf. ci-dessous.
20, 41-44 : Jésus passe à l’attaque et leur demande comment interpréter un psaume qui donne au Messie le titre divin de « Seigneur ». Ils sont incapables de lui répondre.

Jésus n’est donc pas un prophète qui va échouer : il sait qui il est, quelle est sa mission, que l’ennemi n’est pas une armée mais la mort ; qu’il accomplit les Écritures et qu’il ouvrira son Royaume.

LA CONTROVERSE SUR LA RÉSURRECTION DES MORTS

Quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : ‘Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère’.
Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »

Les Sadducéens – dont le nom provient sans doute de Sadoq, le Grand-Prêtre choisi par Salomon – constituaient une sorte de parti politico-religieux, des hommes appartenant aux grandes familles sacerdotales et à l’aristocratie laïque.
Contrairement aux pharisiens, ils ne croyaient pas à la résurrection des morts : aussi afin de tourner en dérision cette croyance,  ils soumettent à Jésus un cas ridicule à partir d’une antique loi, dite du « lévirat » qui demandait que, pour éviter l’extinction de la descendance, le beau-frère épouse la femme de son frère devenue veuve sans enfant. (Deutér. 25, 5).
A supposer que plusieurs mariages doivent se succéder, de qui finalement, dans le monde ressuscité, la femme serait-t-elle l’épouse ?

1ère RÉPONSE DE JÉSUS : CONTRE LA CONCEPTION MATÉRIALISTE DE LA RÉSURRECTION

Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection…. »

Il est grotesque d’imaginer le monde futur de la résurrection comme une simple reprise, améliorée, du nôtre. Sur terre, les époux en quelque sorte se prolongent dans leur progéniture mais dans l’au-delà de la mystérieuse éternité, cette nécessité n’existe plus. Remarquons que Jésus ne dit pas non plus que les défunts se perdent dans le grand Tout, dans la fusion générale du nirvana : ils demeurent des personnes, « enfants de Dieu ».

2ème RÉPONSE : LA RÉSURRECTION EST UNE CERTITUDE

« Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur « le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob ». Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. »

Ensuite Jésus affirme à ses adversaires que la résurrection est bien sous-entendue déjà dans la Torah.
Lorsque le berger Moïse, dans le Sinaï, a été appelé par Dieu du milieu d’un buisson qui brûlait sans se consumer, la voix lui a dit : « Je suis le Dieu de ton père, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob » (Ex 3, 6). Pour Jésus, comme pour les pharisiens d’ailleurs, cette répétition montre que Dieu vivait pour chacun de ceux avec qui il avait fait alliance et en conséquence que ceux-ci vivaient et ressusciteraient. Sinon cela signifierait que la mort est capable d’arracher à Dieu ses amis, donc qu’elle serait plus puissante que Dieu, donc qu’elle serait Dieu.

UNE ESPÉRANCE DIFFICILE

C’est au 2ème siècle avant Jésus, alors qu’Israël subissait une violente persécution avec beaucoup de martyrs, que la certitude de la résurrection fut clairement affirmée. Les 7 frères qui avaient refusé d’apostasier clamèrent à leurs bourreaux : «  Scélérat tu nous exclus de la vie présente mais le Roi du monde, parce que nous serons morts pour ses lois, nous ressuscitera pour une vie éternelle » (2 Macc 7, 9…..).

Pour les apôtres, la résurrection de Jésus est une certitude et elle fonde l’espérance de la résurrection des morts – affirmation qui suscita tout de suite le doute, même chez les baptisés.
Déjà dans sa première lettre, aux nouveaux convertis qui croient que leurs défunts ont disparu, Paul assure : « …afin que vous ne soyez pas dans la tristesse comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Car si nous croyons que Jésus est mort et ressuscité, de même aussi ceux qui sont morts, Dieu les ramènera par Jésus et avec lui…ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thess 4, 13…).

A Corinthe, Paul se heurte à nouveau aux objections et il répond : « Je vous rappelle l’Évangile que je vous ai annoncé… : Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures, il a été enseveli, il est ressuscité le 3e jour, selon les Ecritures…Si l’on proclame que Christ est ressuscité des morts, comment certains d’entre vous disent-ils qu’il n’y a pas de résurrection des morts ?…S’il n’y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi ! » (1 Cor 15, 1…).

On le voit : le cœur de l’annonce de la Bonne nouvelle n’est pas morale (voilà comment vous devez vivre) mais pascale et elle jaillit de la certitude des premiers témoins : oui Jésus est devenu Roi (couronné sur le siège de la croix) et son Père l’a ressuscité, l’a fait « Seigneur ». Celui qui croit ce témoignage est du coup porté par l’espérance de sa propre résurrection et cette espérance le presse d’aimer tout de suite, comme l’a fait Jésus, jusqu’à donner sa vie, s’il le faut, pour ses frères.

La publicité érotise le corps; le sport augmente ses performances ; le fitness améliore sa forme; une philosophie en fait une dépouille dont l’âme doit s’extraire ; une fausse mystique le craint et le châtie; la médecine prolonge sa durée terrestre. Mais la santé ne remplace pas le salut ; la longévité ne remplace pas l’éternité.
La foi en la Résurrection  glorifie le corps au-delà de toute mesure.
La Résurrection n’est pas un monde imaginable mais elle peut transfigurer la vie présente.
Elle est lumière capable d’illuminer déjà nos corps. Elle ne dédaigne pas la relation conjugale : elle l’honore.

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Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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Pape François – La Résurrection de Jésus et la nôtre

[/fusion_text][fusion_text]Papst Franziskus hält das Kreuz bei der Karfreitagsliturgie am 3. April 2015 im Petersdom in Rom.

Le pape François lors de la célébration du Vendredi Saint, le 3 avril 2015, au Vatican.

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… Notre foi est fondée sur la mort et la résurrection du Christ, exactement comme une maison est posée sur ses fondations : si celles-ci cèdent, toute la maison s’écroule. Sur la croix, Jésus s’est offert lui-même en prenant sur lui nos péchés et en descendant dans l’abîme de la mort, et il les a vaincus dans sa résurrection, il les a effacés et il nous ouvre la route pour renaître à une vie nouvelle.
L’Esprit-Saint réalise en nous cette nouvelle condition d’enfants de Dieu. Et ceci est le plus grand don que nous recevions à travers le mystère pascal de Jésus. Et Dieu nous traite comme ses enfants, il nous comprend, nous pardonne, nous embrasse et nous aime, même quand nous faisons des erreurs.
Pourtant, cette relation filiale avec Dieu n’est pas comme un trésor que nous conservons dans un coin de notre vie, mais elle doit grandir, elle doit être nourrie chaque jour par l’écoute de la Parole de Dieu, la prière, la participation aux sacrements, en particulier ceux de la pénitence et de l’Eucharistie, et la charité. Nous pouvons vivre comme des enfants !  Et c’est cela notre dignité… La tentation de laisser Dieu de côté, pour nous mettre nous-mêmes au centre, nous guette…C’est pourquoi nous devons avoir le courage de la foi, ne pas nous laisser mener par un état d’esprit qui nous dit « Dieu ne sert à rien, il n’est pas important pour toi », etc. C’est exactement le contraire : c’est seulement en nous comportant en enfants de Dieu, sans nous laisser décourager par nos chutes, nos péchés, en nous sentant aimés par lui, que notre vie sera nouvelle, animée par la sérénité et par la joie. Dieu est notre force ! Dieu est notre espérance !
Chers frères et sœurs, nous devons les premiers garder cette espérance ferme et nous devons en être un signe visible, clair, lumineux pour tous….Notre espérance est forte, sure, solide, sur cette terre où Dieu nous a appelés à marcher, et elle est ouverte sur l’éternité parce qu’elle est fondée sur Dieu qui est toujours fidèle…
Être chrétien ne se réduit pas à suivre des commandements, mais cela veut dire être dans le Christ, penser comme lui, agir comme lui, aimer comme lui ; c’est le laisser prendre possession de notre vie et la changer, la transformer, la libérer des ténèbres du mal et du péché.
A  celui qui nous demande raison de l’espérance qui est en nous (cf. 1 Pierre 3, 15), indiquons le Christ ressuscité. Indiquons-le par l’annonce de la Parole, mais surtout en vivant comme des ressuscités. Montrons notre joie d’être enfants de Dieu, la liberté que nous donne la vie dans le Christ, qui est la véritable liberté, celle qui nous sauve de l’esclavage du mal, du péché et de la mort !
Regardons vers notre patrie céleste, nous aurons une nouvelle lumière et nous recevrons la force dans nos engagements et dans nos efforts quotidiens. C’est un service précieux que nous devons rendre à notre monde qui, souvent, ne réussit plus à élever son regard, qui ne parvient plus à élever son regard vers Dieu. Merci.

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