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32ème dimanche – Année A – 12 novembre 2017
Évangile de Matthieu 25, 1-13

La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’espérance.
La foi ça ne m’étonne pas
Ce n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans la création.
Dans le soleil et dans la lune et dans les étoiles.
Dans toutes mes créatures.
Dans les astres du firmament et dans les poissons de la mer.
Dans l’univers de mes créatures…
La charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas.

Mais l’espérance, dit Dieu, voilà ce qui m’étonne
Moi-même.
ça, c’est étonnant

La Foi est une épouse fidèle
La Charité est une mère…
L’espérance est une petite fille de rien du tout…
C’est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes,
Cette petite fille de rien du tout.

Elle seule, portant les autres, qui traversera les mondes révolus.

Charles Péguy, Le Porche du Mystère de la Deuxième Vertu.

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Maintenir vive l’espérance

Pendant plusieurs jours, Jésus s’est heurté aux aristocrates de son peuple. Echec total. « Jésus sort du Temple » notre Matthieu. Quand les desservants de la maison de Dieu chassent son Fils, la voie est ouverte au pire.

Assis sur la colline d’en face, le Mont des oliviers, contemplant le magnifique panorama de la ville, Jésus donne son ultime enseignement, en privé, à ses disciples. C’est son cinquième et dernier grand discours. Il leur révèle le sens profond de l’histoire qui va continuer et comment il faudra vivre l’Espérance.

L’histoire

Cataclysmes naturels et conflits humains éclateront encore. Les disciples devront répandre la Bonne Nouvelle de Jésus dans le monde entier car, par lui seulement, arrive le salut des hommes. Partout ils seront pourchassés, haïs, battus, tués. Il faudra tenir jusqu’à la fin. Jérusalem sera victime d’une épouvantable destruction.

De manière très forte, Jésus met en garde ses disciples contre le péril majeur : sans cesse des leaders, des faux prophètes, des guerriers se lèveront et prétendront être le messie, celui qui sauve des angoisses et apporte enfin le vrai bonheur, au contraire de Jésus qui était une fable.

Rappelons-nous aujourd’hui le centenaire de la Révolution d’octobre 17. Immense vague d’espérance pour les pauvres du monde : union des camarades vers le grand soir … Hélas tout s’est écroulé dans  le torrent de sang de centaines de millions de victimes devant le Kremlin des nouveaux dictateurs.

Mai 68 : « Dieu est mort ; jouissons sans entraves. Tout, tout de suite. » Progrès stupéfiants, société de consommation, longévité, confort, voyages, médias extraordinaires … Octobre 17, l’O.N.U. sonne l’alarme : la planète se réchauffe ; les nations ne tiennent pas leurs engagements. Le pire est à craindre à très brève échéance.

Jésus l’a scandé : prenez garde ; faites attention.

La fin : venue du Fils de l’homme

Jésus termine par la Bonne Nouvelle : le piteux condamné du prétoire sera le juge ; le crucifié  sera le Roi du monde ; l’agneau immolé sera le Berger des peuples ; le serviteur souffrant reviendra comme le « Fils de l’homme », rayonnant de la gloire divine et il rassemblera la multitude des croyants.

Quand viendra-t-il ? Tout calcul est vain. Jésus nous interdit supputations et présages. Je vous intime la grande attitude qui doit être l’axe de la vie chrétienne à travers le cours de l’histoire : veillez (24, 42) … tenez-vous prêts (24, 44).

Pour nous expliquer en quoi consiste cette vigilance indispensable, vitale, Jésus invente trois paraboles :

  1. Les serviteurs : à l’intention des responsables de communautés (24, 45-51) ;
  2. Les jeunes filles : le texte du jour (25, 1-13) ;
  3. Les talents : dimanche prochain (25, 4-30).

Parabole de la flamme à conserver

Jésus avait osé se donner le titre « Je suis l’Epoux » (9, 15). Je ne suis pas qu’un maître, un prophète mais celui-là seul en qui peut se réaliser la plénitude du désir humain : l’union amoureuse avec Dieu, les noces. Noces personnelles, successives, dans la foi, cachées dans le cours du temps. Noces définitives de l’agneau avec son Eglise quand sonnera l’Heure inconnue. Jésus est venu ; il viendra ; il ne cesse de venir. Mais la nuit est longue, interminable. Vingt siècles déjà. Les ténèbres murmurent : est-ce moi ? Est-ce que ça vaut la peine ? Ne faut-il pas devenir adulte et cesser de croire aux vieilles superstitions ? … Ne suffit-il pas de faire son dur métier d’homme ? La foi si conventionnelle de beaucoup ne gène pas. L’amour, les droits de l’homme, la solidarité : la consigne est acceptable. Mais l’espérance en Jésus, seigneur et juge ? Pieux souvenir enseveli dans le fonds de la mémoire poussiéreuse.

Dans la nuit où tout le monde dort (on ne va penser tout le temps à la fin du monde), tout à coup pourtant, avec certitude, éclatera l’appel : « Voici l’Epoux, sortez à sa rencontre ». Pour sortir, il faut voir clair ; il faut une lampe allumée.

Alors se révèlent deux attitudes sur lesquelles se joue notre avenir.

La fille avisée gardait des réserves. Elle n’était pas une sainte sans défaut,une mystique, mais dans la suite des jours, ans la banalité du quotidien, elle gardait une sorte de vigilance, une étincelle d’éveil. Sa foi n’était pas piété vague, morale habituelle mais elle attendait ce Jésus qu’elle continuait d’aimer. A l’appel son cœur a fait joyeux écho.

La fille insensée était peut-être très intelligente, occupait une haute situation, connaissait plein de choses … Mais Jésus ? Bof, il était bien oublié. Alors quand tout à coup l’appel retentit d’aller à sa rencontre, d’entrer dans le joyeux cortège des âmes croyantes : impossible de répondre. L’âme habituée à la nuit n’en sort pas. Et son amie avisée ne peut rien pour elle. Elle voudrait partager sa flamme que l’autre ne pourrait l’accepter.

L’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.

La fin de la parabole a un coté terrible ais elle acte notre responsabilité personnelle, le respect infini de Dieu pour toute conscience.

Etre vigilent, se tenir prêt, garder sa petite flamme allumée au cœur des ténèbres les plus atroces, refuser tout découragement et toute résignation.

Les âmes avisées ne sont ni aliénées ni inutiles. Leur fonction est la plus essentielle   ne pas laisser mourir l’espérance.

Pourquoi les foules, écrasées sur les lieux d’un attentat, allument-elles spontanément des bougies ?[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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