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31ème dimanche ordinaire – année C – 30 octobre 2016
Évangile de Luc 19, 1-10

CHERCHER À VOIR JÉSUS

Aujourd’hui ultime étape de Jésus dans sa montée vers Jérusalem : à Jéricho, par miséricorde, il réalise ses deux derniers miracles. D’abord il rend la vue à un pauvre aveugle qui le suppliait puis – miracle tout aussi étonnant – il convertit le riche Zachée qui voyait très bien comment faire fortune mais qui, grâce à Jésus, remarque son égoïsme et ouvre les yeux sur les pauvres qu’il exploitait.
Ce qui a déclenché cette transformation, c’est le fait que Zachée a été pris par l’envie de VOIR JÉSUS qui passait mais qui était caché par la foule. Il voulait VOIR… il en a pris les moyens… et IL A ÉTÉ VU…. ce qui lui a permis de VOIR LES PAUVRES.

Écoutons encore le pape François :

« Chercher Jésus, rencontrer Jésus, voilà le grand trésor. Combien de personnes, en lisant l’Évangile avec un cœur ouvert, ont tellement été frappés par Jésus qu’ils se sont convertis à lui…. L’Évangile te fait connaître Jésus vivant : il parle à ton cœur et change ta vie…Tu peux changer de genre de vie ou continuer à faire ce que tu faisais auparavant, mais tu es un autre, tu es né à nouveau. Tu as trouvé ce qui donne un sens, ce qui donne de la saveur, de la lumière à toute chose…
Lire l’Évangile… Chaque jour lire un passage de l’Évangile, et aussi porter un petit Évangile avec soi, dans la poche, dans le sac, mais à portée de main ; et là, en lisant un passage, nous trouverons Jésus…. » (Dimanche 27 juillet 2014)

Saint Zachée, partage-nous ta curiosité, ta hâte, ton hospitalité, ta charité, ta joie.

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31ème dimanche ordinaire – année C – 30 octobre 2016
Évangile de Luc 19, 1-10

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HIER PERDU, AUJOURD’HUI TU PEUX ÊTRE RETROUVÉ

La journée avait mal commencé : un de mes esclaves était venu m’annoncer que le mur de ma villa était à nouveau souillé de tags : « Salaud » …. « Zachée en enfer » …

Ce n’était pas la première fois mais chaque fois j’enrageais. Oh je sais que je suis détesté à cause du métier que j’exerce : je suis le publicain en chef chargé de la collecte des taxes et impôts à Jéricho et ses alentours au profit de l’armée romaine d’occupation. Le poids en est très lourd pour la population et il est vrai qu’avec mes confrères, nous nous attribuons une bonne marge supplémentaire de bénéfices. Oui je suis très riche, j’habite une luxueuse demeure et j’ai de bons amis parmi les officiers romains qui m’invitent parfois dans leurs belles villas. J’ai la réputation d’être « un pécheur public » honni par les pharisiens mais je le leur rends bien à ces faux jetons.

Or ce jour-là, tout à coup une rumeur me parvint de l’extérieur ; curieux je sortis pour voir. La ruelle était remplie d’une foule en délire qui acclamait, me dit-on, ce fameux Jésus dont on racontait les miracles et qui, paraît-il, venait de rendre la vue à un aveugle. Comme je suis de petite taille, j’avais beau me dresser sur la pointe des pieds, évidemment personne ne s’écartait pour me permettre de voir ce personnage qui, avec ses disciples, traversait Jéricho afin de prendre la route qui montait à Jérusalem.

J’aurais pu rentrer chez moi mais la curiosité fut la plus forte : en me faufilant derrière la foule exubérante, je sortis par la porte de la ville et, avisant pas loin un sycomore à branches basses, je grimpai dessus et m’installai : là au moins personne ne pourrait m’empêcher de le voir.

En effet bientôt il arriva, suivi de ses disciples, tandis que les gens rentraient en ville. Je l’observais quand tout à coup survint l’inattendu : il s’arrêta sous mon observatoire et me héla : « Zachée descends vite : aujourd’hui je dois aller chez toi ».

Stupéfait mais plein de joie, en toute hâte, au risque de déchirer mon pantalon, je dégringolai de mon perchoir et reconduisis le groupe vers la ville. Il fallait voir la tête des gens qui nous voyaient revenir : « Comment ? Ce Jésus que l’on dit être un prophète et même le Messie, le voilà en compagnie du roi des voleurs ?! Et il va manger chez ce pourri de publicain !??? » Quel scandale !

Moi je jubilais et en entrant à la maison, je sonnai le branle-bas : mon épouse et tous les esclaves se mirent au travail pour préparer un petit banquet. Jésus semblait très à l’aise : au lieu de m’accabler de reproches et de me menacer de châtiment, il me regardait avec amabilité. Il affirmait qu’il venait inaugurer le Royaume de Dieu son Père, il ne faisait pas la morale et racontait des paraboles magnifiques. J’observais ses douze disciples qui dévoraient les plats avec bon appétit : on devinait que, dans leur vie itinérante, ils n’avaient pas souvent l’occasion de s’en mettre derrière la cravate.

Et grande surprise, Jésus me présenta l’un d’eux, appelé Lévi, un ancien collecteur d’impôts qu’il avait appelé à le suivre à Capharnaüm. Un pécheur comme moi pouvait donc être transformé à ce point ?!

Mais ce qui nous frappait tous, c’était la joie qui rayonnait de cet homme et que manifestaient ses amis. C’était des pauvres, menant une vie difficile, habillés de vêtements usés, avec des poches vides mais ils étaient heureux. Sans orgueil ni vanité, sans dédain pour personne, ils possédaient une joie telle que je n’en n’avais jamais remarqué de semblable, une joie que la fortune ne m’avait jamais procurée.

Vers la fin du repas, ma conviction était faite : ma cupidité était un leurre et même un crime puisque j’avais arraché l’argent à des pauvres pour accroître mon standing. Je me mis debout (et je n’étais pas ivre), je demandai le silence et à voix forte, je déclarai : « Voilà Seigneur : je vais donner aux pauvres la moitié de mes biens et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je lui rendrai quatre fois plus ».

Jésus me regardait toujours et je devinais qu’il m’aimait. Et il déclara : «  Aujourd’hui le salut est arrivé pour cette maison car Zachée est aussi un fils d’Abraham. Oui le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ».


L’ÉVANGILE CE N’EST PAS HIER MAIS AUJOURD’HUI

Mes amis, si je vous rappelle à nouveau ma petite histoire, c’est pour que vous sachiez que, pour chacun de vous, toute journée peut être un « aujourd’hui de grâce ». Réfléchissez donc à ceci.

Le passé n’est jamais une prison à perpétuité. On peut être réprouvé comme pécheur, avoir commis beaucoup de fautes, ne voir aucune issue à sa situation, rien n’est jamais perdu pour toujours.

Mais il faut chercher. Allumer en son cœur une recherche : qui est donc Jésus de Nazareth ? Ne pas en rester à des souvenirs de catéchisme, des sermons barbants, des images douceâtres, les moqueries caricaturales de certains. Chercher, vraiment chercher à « le voir », voir qui il est, ce qu’il dit, ce qu’il a vécu. Une source : l’Evangile, le plus beau livre du monde. Un message inouï, des paroles de feu.

Cette recherche rencontre d’abord ceux et celles qui se présentent comme ses fidèles et qui hélas, en entourant Jésus, tournent parfois le dos aux autres et les empêchent de le voir. Le chercheur se heurte à l’Église et il n’en voit que les fautes (luxe, idées dépassées, langage ringard, conduite scandaleuse de certains responsables). Sans se perdre dans des critiques contre l’Église, et en rejetant les caricatures des médias qui en rajoutent des couches, il cherche un observatoire personnel, il prend de la hauteur, décide de se faire une idée personnelle. Où est ton sycomore ?

Jusqu’à ce que le cœur perçoive comme un léger appel : « Oui toi, Zachée… Oui, toi, Benoît ; toi, Marie… : je voudrais demeurer en toi. Ne sois pas sourd, ne remets pas à demain, ne prétexte pas de ton indignité. Ouvre-moi la porte de ton cœur ».

Avec crainte, entrouvrir sa vie. Découvrir non un Juge implacable, un code, une Loi, une Institution, mais QUELQU’UN. Un visage de Lumière, une Parole de Vie.

Alors tu découvres son entourage réel, des hommes et des femmes ordinaires qui vivent l’amitié, la concorde, la paix. Guéris de l’égoïsme mondain, ils sont au service des autres, ils secourent les malheureux, ils relèvent les blessés de la vie. En se donnant, ils se sont trouvés.

Alors, au lieu de se soulager en critiquant les autres, on prend conscience du mal que l’on a fait, de la somme de bien que l’on n’a pas voulu faire. Et tout cela apparaît grave : le péché n’est pas une banalité, une infraction à un règlement mais une blessure contre quelqu’un, une destruction de la société, un déni d’humanité.

Mais curieusement ce regret, ce repentir ne plonge pas dans le désespoir comme le faisaient les attaques des pharisiens mais il est comme un premier rayon de l’aurore qui annonce un nouvel aujourd’hui.

Voir vraiment Jésus entraîne de voir les pauvres. L’idolâtrie de l’argent, la soif de pouvoir, le goût du luxe, la peur des sarcasmes s’effondrent. Et on se sent tout à coup capable de prendre des décisions qui paraissaient impossibles : « Je partage, je donne, je restitue ».

Et les mots de Jésus s’illuminent : « Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu »

Je croyais le chercher : c’est lui qui me cherchait.

Je craignais un Dieu impitoyable et je baigne dans la miséricorde.

Les pharisiens m’appelaient « maudit » et les apôtres me nomment « frère ».

Je voulais me sauver seul par l’argent et c’est Jésus qui me sauve par grâce et par le partage.

Et quand il m’assure que je suis sauvé, je comprends à quel point j’étais perdu.

Chaque jour Jésus te redit : « Cherche… descends…. invite-moi… écoute-moi… laisse-toi regarder… donne-toi ». Désormais tout n’est pas réglé, les rechutes restent possibles mais chaque jour peut être un AUJOURD’HUI DE LA GRÂCE.

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Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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L’APPEL OU LA VOCATION

Le mot « vocation » signifie « appel ». Il n’entraîne pas de soi l’entrée au séminaire ou au couvent.
Le publicain Lévi, célibataire, quitte tout et s’en va par les routes.
Le publicain Zachée, avec sa famille, dans sa maison, sa ville, continue à exercer son métier – mais de façon « convertie ».

Comment faire entendre cette « vocation », cet appel de Jésus, à tous ?

Le pape vient d’en parler.
La pastorale des vocations n’est pas « un service bureaucratique » mais « une rencontre avec le Seigneur ».

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Le pape François au Congrès international de pastorale des vocations, ce 21 octobre 2016, au Vatican.

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… Quand nous accueillons le Christ, nous vivons une rencontre décisive, qui met la lumière dans notre existence, nous sort de l’étroitesse de notre petit monde et nous fait devenir des disciples amoureux du Maître.

La pastorale vocationnelle consiste à apprendre le style de Jésus, qui passe dans les lieux de la vie quotidienne, s’arrête sans hâte et, regardant ses frères avec miséricorde, les conduit à la rencontre avec Dieu le Père. Nous pouvons nous arrêter sur ces trois verbes qui indiquent le dynamisme de toute pastorale vocationnelle : sortir, voir et appeler.

Avant tout : sortir. La pastorale vocationnelle a besoin d’une Église en mouvement… Nous devons apprendre à sortir de nos rigidités qui nous rendent incapables de communiquer la joie de l’Évangile, des formules standardisées qui se montrent souvent anachroniques, des analyses préconçues qui classent la vie des personnes dans des schémas froids. Sortir de tout cela. Je le demande surtout aux pasteurs de l’Église: en sortant, en écoutant les jeunes – il faut de la patience ! – vous pouvez les aider à discerner les mouvements de leur cœur et à orienter leurs pas. C’est triste quand un prêtre ne vit que pour lui-même, s’enfermant dans la forteresse sûre du presbytère, de la sacristie ou du groupe restreint des « très fidèles ».

Deuxièmement : voir. Quand il passe sur les routes, Jésus s’arrête et croise le regard de l’autre, sans hâte. L’Évangile nous fait voir que la vocation commence par un regard de miséricorde qui s’est posé sur moi. C’est ainsi que Jésus a regardé Matthieu. Finalement, ce « publicain » n’a pas senti sur lui un regard de mépris ou de jugement, mais il s’est senti regardé au-dedans avec amour. Jésus a défié les préjugés et les étiquettes des gens ; il a créé un espace ouvert, dans lequel Matthieu a pu revoir sa propre vie et commencer un nouveau chemin.

Et j’imagine le regard de tous les pasteurs de la même manière : attentif, sans hâte, capable de s’arrêter et de lire en profondeur, d’entrer dans la vie de l’autre sans jamais le faire se sentir menacé ou jugé. C’est un regard capable de susciter la stupeur pour l’Évangile, de réveiller la torpeur où la culture de la consommation et de la superficialité nous immerge. C’est un regard de discernement, qui accompagne les personnes, sans mettre la main sur leur conscience. Enfin, c’est un regard attentif et vigilant et continuellement appelé à se purifier.

Sortir, voir et, troisième action, appeler. C’est le verbe typique de la vocation chrétienne. Jésus ne fait pas de longs discours, il ne remet pas de programme auquel adhérer, ne fait pas de prosélytisme et n’offre pas de réponses pré-emballées. Le désir de Jésus est de mettre les personnes en chemin, de rompre l’illusion que l’on peut vivre heureux en restant confortablement assis entre ses propres sécurités.

Ce désir de recherche, qui habite souvent les plus jeunes, est le trésor que le Seigneur met dans nos mains et que nous devons soigner, cultiver et faire germer…

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