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30ème dimanche ordinaire – année C – 23 octobre 2016
Évangile de Luc 18, 9-14

PRIEZ SANS CESSE, RENDEZ GRÂCE EN TOUTE CIRCONSTANCE (St Paul – 1 Thessal. 5, 17)

L’Église exhorte à adopter une certaine vie morale et impose la pratique de rites (baptême, messe du dimanche, …) mais, curieusement, ne précise pas un code de prière.

Combien de fois faut-il prier par jour ? Quelle posture prendre ? Faut-il se tourner vers un lieu sacré ? Y a-t-il des formules adéquates pour chaque circonstance ?…Comment parvenir à se concentrer, à chasser les incessantes distractions qui nous assaillent ?…

Contrairement à d’autres religions et courants spirituels qui apprennent des méthodes de relaxation pour « faire le vide » en soi, l’Église ne nous apprend rien de tout cela.

La prière est un acte souverainement personnel, jamais astreint à observer certaines règles.

Mais cette liberté comporte un risque – et dont on constate les ravages –, c’est que le baptisé ne prie guère ou même ne prie presque plus. Avec de bonnes excuses : « Je n’arrive pas à me concentrer….Je n’ai pas le temps…Ma prière, c’est mon travail… »

Pour nous motiver, pour retrouver la conviction de la valeur essentielle de la prière, rien de tel que de relire l’évangile de Luc et sa suite « Les Actes des Apôtres ».
Les deux livrets commencent et se terminent par des scènes de prière ; Luc note toujours que Jésus, à chaque moment important de sa vie, « priait » : à son baptême, pendant sa mission, pour choisir ses apôtres, pour aller affronter ses ennemis, dans l’agonie et jusque sa mort en croix.
De même, après lui, les premiers disciples feront de la prière un des fondements de leur vie. (Ac 2, 42)

En outre Jésus a donné un double enseignement sur la prière : aujourd’hui il nous met en garde contre l’orgueil.

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30ème dimanche ordinaire – année C – 23 octobre 2016
Évangile de Luc 18, 9-14

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« PRIEZ SANS CESSE » ( St Paul)

La parabole précédente, celle de la veuve avec le juge, nous exhortait à mener le combat de la prière avec une persévérance sans failles. Elle est suivie d’une seconde qui nous met en garde contre le pharisaïsme qui guette les croyants : d’ailleurs Luc en précise d’emblée le sujet.

À l’adresse de certains hommes qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts)….. »

Ces deux hommes (pharisien / publicain), dans tout l’évangile, sont les prototypes des deux catégories : les bons croyants fidèles et les pécheurs.

PRIÈRE DU PHARISIEN

Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.”

Rappelons encore que les pharisiens n’étaient pas des faux dévots à la piété hypocrite mais des Juifs fervents qui souffraient de voir tant de leurs compatriotes tomber dans la tiédeur. En réaction, ils s’engageaient non seulement à obéir minutieusement aux moindres préceptes de la Loi mais en outre, pour compenser le laisser-aller de beaucoup, ils s’obligeaient à des pratiques supplémentaires.
Notre homme ici ne ment pas, il justifie son engagement de pharisien : effectivement il est « autre » (sens du mot pharisien), différent de tant d’autres qui commettent des fautes graves – tel ce collecteur d’impôts qu’il a remarqué derrière lui. Et il peut honnêtement se prévaloir des durs engagements qu’il a accepté de pratiquer : deux jours de jeûne par semaine et verser au trésor du temple le dixième de ce qu’il gagne (Quel chrétien en fait autant ?). Pour tout cela « il rend grâce à Dieu » : il remercie Dieu de l’avoir gardé du mal et de lui avoir donné la force et la joie de le servir de tout son cœur.
Il ne ment pas ; ce qu’il dit est vrai ; son comportement de bon croyant est un modèle pour ses enfants. D’ailleurs n’a-t-il pas appris cet idéal de vie dans les Psaumes : « Seigneur, ma conduite est intègre ; je me suis conduit selon ta vérité ; je n’ai pas été m’asseoir chez les imposteurs ; je hais la bande des malfaiteurs ; je lave mes mains en signe d’innocence pour faire le tour de ton autel en clamant l’action de grâce et en redisant tes merveilles… » (Ps 26)

Mais !… Mais il se compare, il se juge supérieur aux autres, la vue de ce publicain qui a osé entrer dans le lieu saint le scandalise, il se vante de tout ce qu’il a fait mieux que les autres. Il n’a conscience d’aucun péché. Il n’a rien à demander. Il prétend « obéir » mais au fond il veut « se sauver » seul.

PRIÈRE DU PUBLICAIN

Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis !”

Sous l’occupation romaine (elle s’exerce depuis plus de 90 ans au temps de Jésus), les taxes constituent un fardeau intolérable et les Juifs qui s’engagent à la perception des sommes exigées par le Pouvoir ont la réputation (souvent justifiée) d’en détourner une part à leur profit. Collaborateurs des ennemis et corrompus, ils sont considérés comme des voleurs, indignes, traîtres, infréquentables.
Notre homme exerce ce métier (peut-être parce qu’il n’a rien trouvé d’autre et qu’il a une grande famille à entretenir) mais il est croyant et il ose quand même entrer dans la Maison de Dieu. Honteux de son état, il demeure  loin dans la cour, tête baissée, se frappant la poitrine.
Dans son entretien secret avec son Dieu, il ne cherche pas à voiler son état, il ne se cache pas derrière des circonstances atténuantes, il n’accuse pas l’homme devant lui d’être « un sale pharisien », il avoue implicitement qu’il a détourné de l’argent. Il dit ce qu’il est : « un pécheur ». Et enfermé dans cet état, sans même promettre qu’il va se convertir, qu’il va restituer les sommes qu’il a prises indûment, sans déclarer sa décision de changer de vie, il ne peut que murmurer : « Prends pitié du pécheur que je suis ». Il est comme prisonnier de ses fautes et il reconnaît la seule issue : que Dieu le libère par pure grâce, par miséricorde.

L’ÉVALUATION SCANDALEUSE DE JÉSUS

Si, à ce moment de son récit, Jésus demandait leur avis à ses auditeurs, nul doute que ceux-ci, unanimes, diraient leur admiration pour la prière de ce pieux et courageux pharisien (qui de nous a le courage d’autant de sacrifices ?) et ils exigeraient qu’avant d’aller prier, ce publicain paie ses fautes et change de profession.
L’avis de Jésus est tout le contraire et a dû sidérer complètement son auditoire :

Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre.     Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Scandale oui car Jésus parle avec assurance, il ne dit pas : « Moi je pense que… ». Il profère son jugement comme une certitude divine : il est évident pour lui que Dieu porte cette sentence.
Le tort du pharisien est de croire qu’à force de pratiques et de sacrifices, il peut assurer son salut par ses œuvres, par lui-même ; il s’attribue le mérite de toutes ses bonnes pratiques et en outre son « perfectionnisme » le porte à se jucher au-dessus des autres et à les mépriser. Il croit qu’il remplit l’idéal de ne plus pécher et il dédaigne celui qu’il juge grand pécheur. Il « s’élève », il fait sa statue.

A l’opposé, pour Jésus, celui que l’on croyait condamné a eu une prière « juste ». Sa supplication est reçue, tenue pour vraie. Dieu n’approuve certes pas son mal, il ne l’encourage pas à s’y résigner, il ne sous-entend pas que le vol n’est pas chose grave mais il l’a entendu reconnaître son malheur et lancer son S.O.S. à un Dieu qu’il croyait seul capable de le sauver.  C’est un pauvre qui ne peut se vanter de rien et qui avoue son « abaissement ».

CONCLUSION

Pour Luc, la prière est une activité absolument vitale, fondamentale.
D’abord il montre que Jésus prie à chaque moment important de sa mission.
Ensuite il rapporte en deux endroits son enseignement à ce sujet :

11, 1-4 : La prière essentielle des disciples : le Notre Père
11, 5-8 : parabole des 3 amis : surtout ne pas cesser d’intercéder pour ceux dans le besoin
11, 9-13 : Dieu exauce toujours – mais il donne surtout l’Esprit

18, 1-8 : parabole des 3 ennemis : surtout ne jamais cesser d’implorer contre l’injustice
18, 9-14 : parabole du pharisien et du publicain : prier dans l’humilité totale.

La prière est « trinitaire » : cri avec les paroles du Fils, vers le Père, pour recevoir l’Esprit.
Elle est battement de cœur de l’Église: adresse en « nous », des enfants vers leur Père.
Elle est prière pour le monde : « Que vienne le royaume de l’Amour »
Elle est acte de foi : confiance radicale et humilité
Elle est acte de charité fraternelle : demande pour l’accueil d’autrui
Elle est acte d’espérance : attente sûre de la justice de Dieu.
Son danger n’est pas « les distractions » (mot absent) mais sa brièveté, le découragement, l’arrêt de la demande, l’assurance d’être en règle, le jugement contre autrui.

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Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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SAINTE THÉRÈSE DE LISIEUX PARLE DE SA PRIÈRE

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Quelle est grande la puissance de la prière ! Il n’est point nécessaire pour être exaucée de lire dans un livre une belle formule composée pour la circonstance ; s’il en était ainsi, que je serais à plaindre ! …
Je dis tout simplement au Bon Dieu ce que je veux lui dire, sans faire de belles  phrases, et toujours il me comprend.
Pour moi, la prière c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie. Enfin c’est quelque chose de grand, de surnaturel qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus…

J’aime beaucoup les prières communes car Jésus a promis de se trouver au milieu de ceux qui s’assemblent en son Nom, je sens alors que la ferveur de mes sœurs supplée à la mienne.

Mais toute seule – j’ai honte de l’avouer – la récitation du chapelet me coûte plus que de mettre un instrument de pénitence. Je sens que je le dis si mal, j’ai beau m’efforcer de méditer les mystères du rosaire, je n’arrive pas à fixer mon esprit…Longtemps je me suis désolée de ce manque de dévotion qui m’étonnait car j’aime tant la Sainte Vierge ! Maintenant je me désole moins, je pense que la Reine des cieux étant ma Mère, elle doit voir ma bonne volonté et qu’elle s’en contente.

Quelquefois lorsque mon esprit est dans une si grande sécheresse qu’il m’est impossible d’en tirer une pensée pour m’unir au Bon Dieu, je récite très lentement un « Notre Père » et puis un « Je vous salue Marie » ; alors ces prières me ravissent, elles nourrissent mon âme plus que si je les avais récitées précédemment une centaine de fois …

(Manuscrit C – pp. 25 et ss.)

Il faut savoir que lorsque Thérèse, épuisée, griffonne ces dernières pages en juin 1897, depuis plus d’un an (Pâques 1896), la tuberculose la ronge, provoque d’atroces souffrances et des crachements de sang, et elle vit une immense épreuve spirituelle : elle a confié que son âme est envahie « par les plus épaisses ténèbres ». Il lui semble entendre : « Tu rêves la lumière, tu crois sortir un jour des brouillards qui t’environnent ! Avance, avance, réjouis-toi de la mort qui te donnera non ce que tu espères mais une nuit plus profonde encore, la nuit du néant » (C p.6).
Quelques semaines plus tard, elle meurt le 30 septembre 1897, à 24 ans, après avoir murmuré : « Mon Dieu, je vous aime ».

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