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2ème dimanche ordinaire – Année A – 15 janvier 2017
Évangile de Jean 1, 29-34

Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde

Cette expression résonne tout au long de la célébration eucharistique :

  • répétée deux fois pendant le chant du « Gloria »,
  • chantée à trois reprises lors de la litanie de l’ « Agnus Dei »
  • lancée solennellement par le célébrant lorsqu’il présente l’Hostie consacrée
    « Heureux les invités au repas du Seigneur :
    Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »

    Un des grands dangers de la liturgie étant de banaliser les formules imposées par le rituel, questionnons-nous :
    Savons-nous ce que nous disons en désignant Jésus de la sorte ?
    Titre énigmatique. Dans l’histoire, aucun homme n’a été désigné de la sorte.
    Titre scandaleux, inacceptable pour Juifs et Musulmans.
    Titre vide pour les incroyants.
    Titre central pour les chrétiens qui nomment ainsi le cœur de leur foi.

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    Francesco de ZURBARAN, 17e s. : AGNUS DEI

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    L’AGNEAU DE DIEU QUI ENLÈVE LE PÉCHÉ DU MONDE

    Il faut toujours rappeler ce qu’est la Pâque : tout l’évangile repose dessus.
    Descendus en Égypte pour échapper à la famine, les Hébreux (le mot signifie « celui qui passe ») étaient restés des étrangers que l’on exploitait comme esclaves soumis aux travaux les plus durs. Ils auraient bien voulu retourner dans leur pays mais comment faire ? Les gardes veillaient ; la mer était une frontière infranchissable.

    Or cette année-là (peut-être sous le règne du plus grand des Pharaons Ramsès II : 13ème siècle avant notre ère), un leader, du nom de MOSHÉ (Moïse), annonça à ses frères que Dieu les libérerait à la prochaine fête de PESSAH (Pâque). Au premier mois de l’année, le 12, chaque famille devait se procurer un jeune AGNEAU mâle. Le 14, au crépuscule, il fallait l’égorger ; avec son sang faire des taches sur les portes des maisons afin de protéger les nouveau-nés des esprits destructeurs ; puis le rôtir au feu et le manger intégralement, Surtout il ne fallait pas lui briser les os. Ce repas, accompagné par des pains non levés (azymes), devait se dérouler à la hâte, debout, sandales aux pieds, prêts à partir.

    Au milieu de la nuit, le rite accompli, alors que les Egyptiens pleuraient la mort de beaucoup d’enfants, la foule des Hébreux parvint à passer la mer et ils ne furent jamais rejoints par l’armée lancée à leur poursuite.
    Entrant dans la péninsule du Sinaï, MOSHÉ les conduisit près d’une montagne où leur Dieu YHWH fit alliance avec eux, sur le contrat des 10 commandements, puis, après la longue traversée du désert, ils entrèrent dans leur pays. Israël était né.

    Aujourd’hui, après plus de 30 siècles, alors que l’Égypte, avec ses pyramides et les colosses de ses dieux, n’est plus qu’un lieu touristique, Israël vit et continue à la date fixée à célébrer PESSAH – PÂQUE car il faut impérativement faire mémoire de l’Exode pour le vivre encore aujourd’hui. « A chaque génération, l’homme doit se considérer comme étant lui-même sorti d’Egypte » (passage de la haggadah où homme est dit « Adam » – c.à.d. tout membre de l’humanité).
    La famille se réunit pour le « seder pessah » et le père raconte aux enfants le récit des ancêtres : Dieu nous a miraculeusement libérés. L’Exode est « une pâque », un passage, une naissance. La libération originelle est garante de toutes les libérations futures.
    Or elle s’est faite sans lutte, sans combat, il n’y a eu aucun blessé, pas de sang versé, aucun mort…SAUF L’AGNEAU. Comme si c’était son sacrifice qui avait permis de sortir indemnes. Le tout jeune, le tout faible, le tout innocent : nous l’avons tué, consommé…et nous avons été libérés. Pourquoi ???

    LE SERVITEUR SOUFFRANT … COMME UN AGNEAU

    En 587 avant notre ère, c’est le désastre : Babylone détruit Jérusalem, incendie son temple et déporte la population. Nouvelle prison !
    Mais, nouveau miracle, 50 ans après, suite à la victoire de Cyrus le Perse, un prophète annonce aux exilés qu’ils vont rentrer au pays : ce sera comme un nouvel exode. A nouveau on va « passer » chez soi.

    Mais ce prophète (dit « le 2e Isaïe ») approfondit la réflexion : la prison fondamentale de l’homme n’est pas la défaite devant un ennemi, l’exil à l’étranger mais c’est le mal, le péché ! Quel agneau peut nous en libérer ? Et il raconte une très étrange vision qu’il a eue : page extraordinaire de la Bible (lire tout le chapitre).

    « Mon Serviteur sera sur-exalté. Les nations qui avaient été horrifiées à son sujet vont être émerveillées. Il n’avait aucune prestance, il était méprisé, laissé de côté, homme de douleurs…
    Or en fait ce sont nos souffrances qu’il a portées. Il était broyé à cause de nos perversités. Dans ses plaies se trouve notre guérison.
    Il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche, comme un AGNEAU mené à l’abattoir…
    Comme il a payé de sa personne, il verra une descendance, il dispensera la justice, Lui, mon Serviteur, parce qu’il s’est dépouillé jusqu’à la mort, il a porté les fautes des hommes »

    (Isaïe 53 – extraits)

    Le prophète annonce donc la libération radicale: non plus par l’immolation d’un animal mais par le sacrifice d’un innocent qui souffrira atrocement : doux et silencieux comme un AGNEAU, il s’offrira pour le salut des hommes. Sa mort sera un « sacrifice de réparation ».
    Vision tout à fait stupéfiante. Unique dans la Bible. Des prophètes ont souffert mais aucun n’a payé pour le pardon de ses frères. Seul ce « SERVITEUR SOUFFRANT » prendra la place de l’AGNEAU et, consciemment, il s’offrira pour le véritable « exode », le vrai passage : la sortie de l’esclavage du péché.
    Qui sera ce mystérieux SERVITEUR-AGNEAU ???

    JÉSUS : L’AGNEAU DE DIEU QUI ENLÈVE LE PÉCHÉ DU MONDE.

    La concomitance entre la mort de Jésus et la fête de la Pâque ont vite fait comprendre aux premiers disciples la vision d’Isaïe. « Christ notre pâque a été immolé » écrit déjà PAUL en 56.

    LUC raconte la 1ère homélie à partir du Serviteur souffrant : le ministre éthiopien des finances, lisant sur son char ce même chapitre 53 d’Isaïe, achoppait sur cette vision mystérieuse : le diacre Philippe, « partant de ce texte, lui annonça la bonne nouvelle de Jésus » (Actes 8, 35).

    PIERRE écrit aux chrétiens : « Conduisez-vous avec foi durant votre séjour sur la terre, sachant que ce n’est pas par l’or ou l’argent périssables que vous avez été rachetés de l’absurde manière de vivre de vos parents
    mais par le sang précieux, comme d’un AGNEAU sans défaut et sans tache, celui du Christ.
    Par lui vous croyez en Dieu qui l’a ressuscité et l’a glorifié » (1 Pi 1, 18).

    Mais c’est JEAN qui explique le mieux le lien : agneau pascal – serviteur souffrant – Jésus en croix.
    Jésus est entré à Jérusalem le jour où l’on achetait les agneaux. Sans être dupe de l’enthousiasme de la foule, il frémit d’angoisse devant le sort qui l’attend car bientôt les gens crieront : « A mort !! » Il va être l’authentique « agneau pascal ». Il accepte.
    Trois jours après, la nuit, il est arrêté et ligoté comme un agneau (18, 12). Les grands prêtres le conduisent chez Pilate et n’y entrent pas pour pouvoir manger la pâque le soir (18, 28). Les Juifs expliquent à Pilate qu’ils veulent sa mort : « parce qu’il s’est fait Fils de Dieu » (19, 7). C’était jour de la préparation de la Pâque à la 6e heure (vers midi) : c’est l’heure à partir de laquelle on commençait à tuer les agneaux (19, 14) et Jésus est crucifié. Il meurt en disant : « Tout est achevé » (19, 30) c.à.d. il est conscient, seul, d’avoir conduit sa vie comme un don en accomplissant jusqu’au bout ce que disaient les Écritures.
    Pour accélérer la fin des condamnés, on leur brisait les os des jambes : constatant que Jésus est déjà mort, un soldat, de sa lance, lui perce le côté et il en sort du sang et de l’eau (19, 34). Alors, prenant un ton solennel, comme Jean-Baptiste au début avait témoigné que Jésus était l’AGNEAU, ainsi à la fin Jean témoigne :
    j’étais là, et j’ai vu. « Cela est arrivé pour que s’accomplisse l’Écriture (qui disait de l’agneau pascal) : « Pas un de ses os ne sera brisé » (19, 36 : = Exode 12, 46))

    JÉSUS LE SERVITEUR AGNEAU

    L’agneau d’Égypte était victime inconsciente. Le mystérieux Serviteur souffrant, lui, est victime consciente et volontaire qui se laisse faire, muet comme un agneau, et qui s’offre pour que soient pardonnés ceux-là même qui le méprisent et le méconnaissent.
    Jésus de même « accomplit» ce que ces « pâques » prédisaient : il est bien l’AGNEAU – homme tout à fait innocent qui, dans l’horreur de la croix, s’offre pour les hommes. Parce qu’il est FILS DE DIEU, il donne sa vie pour libérer tous les hommes de l’esclavage radical, celui qui explique tous les autres, l’esclavage du péché. Et il PASSE de la vie à la mort, de la mort à la Vie Eternelle. Pour que nous « passions »…..

    CHAQUE DIMANCHE L’AGNEAU PARDONNE ET RÉUNIT DANS LA VIE NOUVELLE

    Chaque premier jour de la semaine, le dimanche, jour où Jésus est ressuscité, nous nous rassemblons et nous regardons le Pain qui « re-présente », qui rend présent, l’Agneau que Dieu a livré entre nos mains et que nous trahissons si souvent. Libérés des lois qui condamnent, nous consommons, comme Pain de Vie et Vin de Vérité, celui qui ne cesse de réaliser notre « exode », notre « pâque », notre passage de la mort à la vie.
    Grâce à lui, sans mérite, par pure grâce, nos chaînes tombent, nous sortons des prisons de nos péchés et de nos remords et nous devenons un peuple uni par l’amour.

    Comprenons-nous l’expression : « Faites cela en mémoire de moi » ? Comprenons-nous ce qu’est la libération pascale et eucharistique ? A la sortie, voit-on un peuple heureux qui sort sur le chemin de la liberté (qu’il a reçue) pour travailler à la libération de tous les esclaves du monde ?[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

    Raphaël Devillers,  dominicain
    Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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    PAPE FRANÇOIS : MARTYRS D’AUJOURD’HUI

    Le pape François a rendu hommage aux chrétiens martyrs d’aujourd’hui qui sont « plus nombreux que ceux des premiers siècles ». C’est ce qu’il a affirmé avant l’angélus de la Saint-Étienne ce lundi 26 décembre 2016, place Saint-Pierre.
    « Nous voulons aujourd’hui penser à ceux qui souffrent la persécution et être proches d’eux par notre affection, notre prière et nos larmes aussi …  De nombreux frères et sœurs dans la foi subissent des injustices, des violences, et ils sont haïs à cause de Jésus ! ». Aujourd’hui, «  l’Église fait l’expérience de dures persécutions, en différents lieux, jusqu’à l’épreuve suprême du martyre ».
    « Lorsque nous lisons l’histoire des premiers siècles, ici, à Rome, nous lisons tant de cruauté contre les chrétiens.  Je vous le dis : cette cruauté existe aujourd’hui, et en plus grand nombre, contre les chrétiens. » En évoquant la célébration du Noël par les chrétiens persécutés d’Irak, le pape a souligné que c’était « un exemple de fidélité à l’Évangile ». « En dépit des épreuves et des dangers, ils témoignent avec courage de leur appartenance au Christ et ils vivent l’Évangile en s’engageant en faveur des plus démunis, des plus négligés, en faisant du bien à tous sans distinction. Ils témoignent ainsi de la charité dans la vérité. »[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][separator style_type= »single » top_margin= »24px » bottom_margin= »48px » sep_color= »#ff9604″ border_size= »1px » icon= » » icon_circle= » » icon_circle_color= » » width= » » alignment= »center » class= » » id= » »][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= »#ffca82″ background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »2px » border_color= »#ff9604″ border_style= »solid » padding= »24px » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= »fade » animation_direction= »right » animation_speed= »0.5″ animation_offset= »top-into-view » class= » » id= » »][fusion_text]

     

    VISION DE JEAN DANS L’APOCALYPSE (chap. 7)

    Je vis une foule immense….ils viennent de la grande épreuve. Ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. C’est pourquoi ils se tiennent devant Dieu et lui rendent un culte jour et nuit dans son temple. Ils n’auront plus faim ni soif ; le soleil et ses feux ne les brûleront plus car l’AGNEAU qui se tient au milieu du Trône sera leur BERGER, il les conduira vers les sources d’eaux vives.

    Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.

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