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29ème dimanche – Année A – 22 octobre 2017
Évangile de Matthieu 22, 15-21

12 entretiens de deux heures, pendant un an, avec le sociologue français D. Wolton : non une interview mais une libre conversation en toute liberté. Avec des extraits des interventions majeures du Pape.

François s’exprime en vérité et avec beaucoup de plaisir sur les grands sujets :
– l’état du monde : le fondamentalisme, les migrants, l’écologie, la guerre, l’Europe, les inégalités…
– la vie de l’Eglise : les divorcés remariés, la pédophilie,…
– quelques aspects de sa vie personnelle : son enfance, sa relation avec les femmes, son rapport à l’Argentine…
François reconnaît certaines erreurs, notamment dans les conférences de presse au retour des voyages. Il raconte avoir consulté une psychanalyste à 42 ans pendant six mois.

CITATIONS :
« Quelle est selon vous, la plus grande menace contre la paix aujourd’hui dans le monde ? – L’argent ».
« L’Eglise prêche davantage avec les mains qu’avec les mots ».
« La politique, c’est peut-être un des actes de charité les plus grands. Parce que faire de la politique, c’est porter les peuples »
« Le terrorisme n’est pas une religion. Mais combien de jeunes, nous Européens, avons-nous laissé vides d’idéaux ? »

———– Vivant, joyeux, facile à lire, découverte du cœur du pape, éclairages sur les grandes questions du jour : un beau livre à découvrir et à offrir. —— (Ed. de l’Observatoire – 21 euros)

R.D.

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RENDEZ A CESAR … RENDEZ A DIEU …

Au cœur de la religion, dans l’enceinte du temple où il enseigne le peuple, Jésus est interpellé, questionné, mis sur le grill par ses adversaires. D’abord attaqué par les Grands Prêtres et Anciens, il a dénoncé leur culte superficiel qui ne changeait pas les comportements sociaux, des cérémonies qui ne portaient pas les fruits exigés par Dieu : le droit et la justice. Nous avons vu cela lors des trois récents dimanches.

Voici maintenant un autre groupe qui se présente et qui va poser une question très insidieuse.
En cette année 30 de notre ère, il y a déjà 93 ans que le général Pompée a conquis Israël et que les Romains imposent un très lourd système de taxes et impôts de toutes sortes. Il est notamment obligatoire que chaque citoyen acquitte le tribut annuel à l’Empereur, et ce tribut doit être payé par une pièce romaine qui porte l’effigie de Tibère, César Empereur de l’an 14 à 37.

Humiliation dramatique pour les Juifs à qui Dieu a interdit de faire toute représentation humaine (3ème commandement) et qui sont comme obligés de reconnaître la maîtrise d’un César païen sur la Terre sainte et le peuple élu. Les extrémistes religieux, que l’on va appeler les zélotes, refusent de se plier à ce qui leur paraît un parjure, un blasphème mais cette désobéissance est jugée par Rome comme une révolte et elle est réprimée dans le sang.

C’est cette question d’un enjeu très grave que les Pharisiens viennent poser à Jésus. Question piège : s’il dit non, on pourra l’accuser devant le préfet Ponce Pilate d’être un révolutionnaire ; s’il dit oui, il ne sera pas le messie puisqu’il semblera accepter la seigneurie des païens maudits.

Alors les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode ; « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? ». Ils répondent : « De César. ». Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
À ces mots, ils furent tout étonnés. Ils le laissèrent et s’en allèrent.

RENDEZ A CESAR CE QUI EST A CESAR ET A DIEU CE QUI EST A DIEU

Cette déclaration est une des plus capitales, des plus célèbres de Jésus de Nazareth. Car elle éclaire le problème toujours actuel et brûlant des rapports entre la politique et la religion, l’Etat et l’Eglise.

RENDRE A CESAR CE QUI EST A CESAR.

Donc Jésus se démarque radicalement de la mouvance révolutionnaire zélote. Comme la majorité de son peuple et même des Pharisiens, Jésus accepte la réalité : le refus de payer entraînerait l’extermination sans recours. C’est donc une accusation mensongère que certains porteront contre lui lors de sa comparution devant Pilate : « Il excite notre nation à la révolte, il empêche de payer les impôts à César et se dit Christ Roi » (Luc 23, 2).
Plus tard l’apôtre Paul enseignera la même ligne de conduite : « Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir car il n’y a d’autorité que par Dieu… ». (Romains 13, 1).
Le Pouvoir appartient à celui qui frappe monnaie : utiliser des pièces à l’effigie d’un païen ne signifie pas qu’on approuve son identité, ses mœurs ou sa réputation. Ni qu’on s’incline devant l’orgueil des grands conquérants qui s’emparent des petits.
Jésus a mission d’instaurer un Royaume qui n’a pas un territoire marqué par des frontières, qui n’est donc plus enclos dans les limites d’Israël.

RENDRE A DIEU CE QUI EST A DIEU.

Si on doit rendre à César la pièce de monnaie où est gravée son effigie, il faut encore bien davantage rendre à Dieu ce qui porte son image. Or quel est l’image de Dieu ? La première page de la Genèse l’a révélé tout de suite, c’est l’homme. Adam ou Eve, homme ou femme, chaque personne est une IMAGE DE DIEU. Unique, inégalable, de valeur infinie. Si nous devons, comme citoyens, obéir à des lois et payer nos impôts, nous avons surtout à nous rendre à Dieu. Il nous a faits à son image afin que nous lui ressemblions, afin que notre vie nous rapproche de lui. « Soyez saints comme moi je suis saint » : l’Evangile a précisé cette vocation en nous présentant celui qui est l’Image parfaite de son Père : Jésus de Nazareth.
César ne peut nous demander que l’obéissance civique à ses lois : Dieu demande notre personne entière.
Nous ne sommes donc pas coupés en deux : une part de notre vie pour le Pouvoir et une part pour Dieu.

NE RENDRE A CESAR QUE CE QUI EST A CESAR

Il faut mettre des limites aux prétentions de César car nous connaissons un peu l’histoire : pour assurer l’unité de l’Etat et renforcer sa puissance, le Pouvoir a parfois la tentation d’être totalitaire, de pénétrer dans les consciences, d’obliger les citoyens à embrasser son idéologie, à imposer ses croyances. Le dictateur s’idolâtre, impose « sa vérité ».
Jésus acceptait de s’acquitter de la pièce romaine du tribut, mais devant Pilate, lorsqu’il fut question de conscience, de cœur, il ne céda pas d’un pouce. Sa mission ne tolérait aucune compromission. Quitte à être condamné sur le champ au plus horrible des supplices.
Et les premiers chrétiens qui se voulaient des citoyens modèles, qui pratiquaient toutes les lois, furent eux aussi l’objet de persécutions lorsqu’ils acceptèrent tout sauf rendre un culte d’adoration à la statue de César. Le citoyen obéit à César dans son domaine mais il n’adore que son Dieu.

NON A UNE EGLISE A LA SOLDE DE CESAR

César est très rusé : pour camoufler ses appétits de conquête et ses désirs voraces, il lui est arrivé de proposer à l’Eglise de la soutenir dans ses projets missionnaires. On a vu apparaître des croix sur les drapeaux et sur les voiles des bateaux, des slogans – Got mit uns- sur les ceinturons. La rapacité, l’orgueil conquérant se cachaient sous la plus noble des causes : procurer le salut des âmes, accomplir l’évangélisation. Si l’on voulait pénétrer au cœur de l’Afrique ou dans l’eldorado du Nouveau Monde, ce n’était pas par rage de conquête ou passion d’enrichissement mais pour l’honneur de l’Eglise.
Et trois fois hélas, il est arrivé que des « princes de l’Eglise » (sic) tombent dans le piège, sautent avec joie sur cette « collaboration » et adjoignent aux soldats un quarteron de braves missionnaires qui pourraient affirmer que les Blancs viennent apporter la Bonne Nouvelle.
Jésus a dit : « Rendez à César ce qui lui revient » ; il n’a pas dit : « Servez César » ni « Utilisez sa force ».

LA LAÏCITE

Quel paradoxe ! Alors que la phrase de Jésus fondait l’idée révolutionnaire de laïcité, l’Eglise s’y est opposée pendant longtemps et de manière extrêmement violente.
« Le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen marque une étape capitale pour l’idée de laïcité avec son article X : « Nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses » . C’est la reconnaissance explicite de la liberté de conscience » dit le grand historien René Rémond (Les grandes inventions du christianisme, p. 108)…

En 1965, enfin, le concile Vatican II proclamait la liberté religieuse : « La réponse de foi donnée par l’homme à Dieu doit être volontaire ; en conséquence personne ne doit être contraint à embrasser la foi malgré lui » (Liberté religieuse § 10) … « Jésus reconnut le pouvoir civil et ses droits…mais en rappelant que les droits supérieurs de Dieu doivent être respectés : Rendez à César….. » (id. § 11)

CONCLUSION

Ces trop brèves réflexions ne font qu’effleurer un problème fondamental que le prédicateur se doit aujourd’hui de souligner avec force. D’autant que maintenant le Pouvoir pousse, au nom de la laïcité triomphante, à faire taire toute expression publique de la religion et à enclore la foi dans le secret des consciences et les sacristies. Réfléchissons à cette phrase de Jésus toute cette semaine.[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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CITATIONS DE VOLTAIRE

Nous avons assez de religion pour haïr et persécuter,
Et nous n’en avons pas assez pour aimer et pour secourir.

Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion.

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CONCILE VATICAN II :
DÉCLARATION SUR LA LIBERTÉ RELIGIEUSE

« ………La personne humaine a droit à la liberté religieuse.

Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres.

Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l’ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil.

En vertu de leur dignité, tous les hommes, parce qu’ils sont des personnes, c’est-à-dire doués de raison et de volonté libre, et, par suite, pourvus d’une responsabilité personnelle, sont pressés, par leur nature même, et tenus, par obligation morale, à chercher la vérité, celle tout d’abord qui concerne la religion. Ils sont tenus aussi à adhérer à la vérité dès qu’ils la connaissent et à régler toute leur vie selon les exigences de cette vérité.

Or, à cette obligation, les hommes ne peuvent satisfaire, d’une manière conforme à leur propre nature, que s’ils jouissent, outre de la liberté psychologique, de l’exemption de toute contrainte extérieure.

Ce n’est donc pas sur une disposition subjective de la personne, mais sur sa nature même, qu’est fondé le droit à la liberté religieuse.

Mais c’est par sa conscience que l’homme perçoit et reconnaît les injonctions de la loi divine ; c’est elle qu’il est tenu de suivre fidèlement en toutes ses activités, pour parvenir à sa fin qui est Dieu.

Il ne doit donc pas être contraint d’agir contre sa conscience. Mais il ne doit pas être empêché non plus d’agir selon sa conscience, surtout en matière religieuse.

………..C’est donc faire injure à la personne humaine et à l’ordre même établi par Dieu pour les êtres humains que de refuser à l’homme le libre exercice de la religion dans la société, dès lors que l’ordre public juste est sauvegardé.

La réponse de foi donnée par l’homme à Dieu doit être libre ; en conséquence, personne ne doit être contraint à embrasser la foi malgré lui.

Par sa nature même, en effet, l’acte de foi a un caractère volontaire Il est donc pleinement conforme au caractère propre de la foi qu’en matière religieuse soit exclue toute espèce de contrainte de la part des hommes.

Le Christ … reconnut le pouvoir civil et ses droits, ordonnant de payer le tribut à César, mais en rappelant que les droits supérieurs de Dieu doivent être respectés : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »

Aux origines de l’Église, ce n’est pas par la contrainte ni par des habilités indignes de l’Évangile que les disciples du Christ s’employèrent à amener les hommes à confesser le Christ comme Seigneur, mais avant tout par la puissance de la Parole de Dieu.

Comme leur Maître, les Apôtres reconnurent, eux aussi, l’autorité civile légitime : « Il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu », enseigne l’Apôtre Paul, qui en conséquence ordonne : « Que chacun se soumette aux autorités en charge… Celui qui résiste à l’autorité se rebelle contre l’ordre établi par Dieu ».

Mais, en même temps, ils ne craignirent pas de contredire le pouvoir public qui s’opposait à la sainte volonté de Dieu : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5, 29). Cette voie, d’innombrables martyrs et fidèles l’ont suivie en tous temps et en tous lieux……. »[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][separator style_type= »single » top_margin= »24px » bottom_margin= »48px » sep_color= »#ff9604″ border_size= »1px » icon= » » icon_circle= » » icon_circle_color= » » width= » » alignment= »center » class= » » id= » »][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= »solid » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= »0″ animation_direction= »down » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

PAPE FRANCOIS

…La politique, tant dénigrée, est une vocation très noble, elle est une des formes les plus précieuses de la charité parce qu’elle cherche le bien commun. …

Il est indispensable que les gouvernants et le pouvoir financier lèvent les yeux et élargissent leurs perspectives, qu’ils fassent en sorte que tous les citoyens aient un travail digne, une instruction et une assistance sanitaire (« La joie de l’Evangile – § 205)

S’impliquer dans la politique est une obligation pour un chrétien. Nous, chrétiens, nous ne pouvons pas « jouer à Ponce Pilate », nous en laver les mains : c’est impossible. Nous devons nous impliquer dans la politique parce que c’est l’une des formes les plus élevées de la charité…

Les laïcs chrétiens doivent travailler en politique…Ce n’est pas facile car la politique est devenue trop corrompue. Or moi je me demande pourquoi elle s’est corrompue. N’est-ce pas parce que les chrétiens ne s’y sont pas impliqués dans un esprit évangélique ?…

Travailler pour le bien commun est le devoir d’un chrétien (Discours aux étudiants 7 6 2013)[/fusion_text][/one_full]