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23ème dimanche – Année A – 27 août 2017
Évangile de Matthieu 18, 15-20

« DANS LA GENESE DE L’ATHEISME, LES CROYANTS PEUVENT AVOIR UNE PART… »
(Concile VATICAN II : L’Eglise dans le monde – § 19)

Que ce serait-il passé si au 19ème siècle, les hauts responsables de l’Eglise avaient dénoncé l’exploitation des ouvriers, l’esclavage des enfants descendus dans la mine, s’ils avaient pressé les patrons catholiques d’observer la justice sociale et le repos du dimanche ?…Les pauvres n’auraient pas quitté ce qu’ils voyaient comme l’Eglise des riches.

Que ce serait-il passé si, dès le début des années 30, les évêques allemands avaient interdit aux chrétiens de soutenir, comme ils le faisaient en masse, le parti nazi, dénoncé l’ignominie du programme lancé par Adolf Hitler avec sa haine antijuive et antichrétienne ? …

Que ce serait-il passé si, au 20ème siècle, tous les prélats d’Amérique Latine avaient, comme Mgr Romero et Mgr Camara, condamné la tyrannie des dictateurs, la torture, le vol des enfants ?

Que ce serait-il passé si, dès les premiers cris d’alarme à la fin du 20ème siècle, les autorités chrétiennes avaient sans arrêt et de la manière la plus ferme alerté sur le péril de la destruction de la planète et sommé les chrétiens (deux milliards : une force énorme) de révolutionner leur style de vie, de faire pression sur les multinationales pour changer leur politique et observer leurs obligations fiscales ?….

Jésus a dit à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre : attention de ne pas vous affadir…Vous êtes le levain dans la pâte… ». Pas comme les autres. Mais pour sauver le monde.

Le concile Vatican II a eu le courage de l’avouer : l’athéisme est parfois dû au comportement de « chrétiens » ! (L’Eglise dans le monde – § 19)

L’Evangile de ce dimanche nous apprend à veiller, avec lucidité, courage et amour fraternel, à l’authenticité du témoignage que toute Eglise doit porter.

R.D.

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EGLISE DE DIEU et FAIBLESSES DES CROYANTS

En haute Galilée, à la frontière du monde païen, le grand tournant a été pris : Jésus a décidé de monter à Jérusalem. Avant de vouloir convertir la ville païenne, il faut au préalable purifier la Ville sainte. Les autorités refuseront cette conversion et voudront exécuter ce contestataire pris pour un blasphémateur. Mais Jésus, confiant dans la protection de son Père, sait que sa mission de Fils se poursuivra grâce à son Eglise, communauté de ses disciples qui poursuivront sa mission dans le monde.

A Simon qui confessait : « Tu es le Messie, Fils de Dieu », Jésus a répondu : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». Donc après sa victoire pascale, les disciples seront réunis dans une communauté universelle qui sera créée et développée par le Ressuscité qui appelle (ek-klesia= Eglise).
Cette Eglise unique et universelle se concrétisera dans des cellules locales appelées aussi « Eglises » : Paul écrira « à l’Eglise de Dieu qui est à Corinthe ». Plus tard on parlera de « paroisses ».

Donc le produit direct de Pâques, ce n’est pas le changement immédiat de société mais l’apparition de communautés d’hommes et de femmes décidés à vivre ensemble l’Evangile en plein monde. Trop peu de chrétiens en ont conscience mais nos petites assemblées ont une fonction capitale à remplir dans l’histoire: rien moins que de manifester en plein monde les germes du Royaume de Dieu le Père, proclamer par leur seule existence que Jésus est bien le Messie Fils de Dieu, l’authentique libérateur des hommes, qu’il a offert sa vie pour le pardon des péchés, qu’il est vivant et qu’il suscite, par son Esprit, une communauté nouvelle qui rayonne de foi, d’espérance et d’amour dans une humanité rongée par le doute, le désespoir et l’égoïsme.

Or ces personnes croyantes (nous) restent faibles, soumises à des tentations, contaminées par les mœurs de leur milieu. Si le brave Simon-Pierre se faisait déjà traiter de « satan » parce qu’il refusait un Messie crucifié, qu’en est-il de nous, qui sommes sollicités par les attraits du monde, ébranlés par les objections de nos proches, sujets à des faiblesses presque congénitales ? Toute Eglise est faite de pécheurs.

En chemin, Jésus s’arrête et donne un enseignement sur la manière de gérer son Eglise : c’est son 4ème grand discours (chapitre 18 de Matthieu). Nous n’en lisons que la seconde partie dont voici la 1ère section.

COMMENT MAINTENIR UN TEMOIGNAGE AUTHENTIQUE ?

Que faire lorsqu’un frère en Eglise adopte une conduite manifestement contraire à l’Evangile ? Jésus nous apprend la procédure à suivre en plusieurs étapes.

1. – Si ton frère a commis un péché, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.

C’est l’Honneur de Dieu, la vérité de l’Evangile qui est en jeu : on ne peut fermer les yeux comme si cela n’avait pas d’importance. Mais on ne peut pas non plus s’emporter et jeter ce frère dehors : la parabole du blé mêlé à l’ivraie nous a interdit d’arracher tout de suite ce qui nous paraît mal. On ne peut pas non plus faire un scandale public et ameuter tout le monde. Donc il s’agit de faire preuve de patience : commencer par une rencontre seul à seul. Peut-être y a-t-il malentendu et n’ai-je pas bien jugé cet acte que je trouve répréhensible. Ou je m’appuie sur une rumeur qui est fausse et mon frère va pouvoir s’en expliquer. Ou bien, reconnaissant le mal qu’il a fait, ce frère va accepter la remontrance et promettre de changer de comportement. Ainsi la clarté sera faite, le pardon accordé et l’affaire réglée sans publicité.

2. – S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins.

Il est possible que le frère refuse de reconnaître sa faute en se cachant derrière certains prétextes. En ce cas, il est conseillé de trouver un ou deux autres disciples qui, eux aussi, jugent que la situation ne peut pas durer : ensemble on tiendra un conciliabule pour montrer à ce frère qu’il doit changer.
Peut-être que, ébranlé par les arguments et touché par la sollicitude de ce petit groupe tout prêt à soutenir ses efforts, le coupable promettra de se guérir.

3. – S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ;
s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain.

Si ce frère se braque dans son attitude, alors il faudra bien mener l’affaire devant l’assemblée qui multipliera les exhortations car le comportement scandaleux de ce membre jette le discrédit sur l’ensemble. On agira sans colère et avec miséricorde certes – mais encore faut-il qu’il ait décision de changer.
Si hélas, au terme de ces multiples tentatives, le pécheur public refuse la conversion, alors il faudra bien lui annoncer qu’on ne le considère plus comme disciple de Jésus, comme membre de l’Eglise.

Mais attention, cela ne signifie pas une attitude sectaire de mépris et de rejet définitif : en effet Jésus lui-même n’a-t-il pas dit : «  Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs » (9, 13) et, ici au début de son instruction, il a raconté la magnifique parabole de la 100ème brebis égarée que le Bon Berger cherche et ramène au troupeau : « Votre Père ne veut pas qu’un seul de ces petits se perde » (18, 14).

Donc exclure un frère de l’assemblée ne signifie absolument pas qu’on l’abandonne à son sort et qu’on le considère comme condamné. Au contraire, si l’Eglise le voit « comme un païen », elle doit, à l’exemple de son Seigneur, tout faire pour retrouver l’exclu, lui montrer qu’il est toujours attendu, que sa place lui est gardée et qu’on se réjouirait de le revoir et de l’accueillir comme un malade sauvé.

Cette procédure en plusieurs étapes est appelée dans la tradition « correction fraternelle » et elle est une pratique prévue dans les Règles monastiques. Elle n’est pas facile, certes, elle demande discrétion, douceur, patience, elle permet d’éviter les jugements rapides et cassants.
Mais elle exige aussi que chaque Eglise ait un sens aigu de sa responsabilité et du danger de son attitude lorsqu’elle ferme les yeux sur des comportements qui scandalisent c.à.d. qui font perdre la foi à d’autres.

COMMUNION DU CIEL ET DE LA TERRE

Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.

En appuyant son affirmation par la certitude de l’AMEN, Jésus reprend ici à l’adresse des autres disciples ce qu’il avait dit à Pierre à Césarée (16, 19) : les pardons que vous donnerez dans l’Eglise de la terre seront effectivement avalisés dans le Royaume du ciel. Tous les Zachée, les Marie-Madeleine, les enfants prodigues qui vous demanderont pardon pourront être absolument certains de l’efficacité de votre parole : « Va en paix, viens participer à notre repas pascal ». La foi, qui est radicalement confiance, est guérison de la culpabilité qui ronge. A condition certes que vos décisions ne soient pas prises de façon arbitraire selon le bon plaisir de prélats qui canonisent leurs volontés propres mais qu’elles le soient par des Eglises qui n’ont de force que par la confession de foi fondamentale : « Oui, Jésus, tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant, mort pour les péchés et ressuscité ».

NECESSITE DE LA PRIERE COMMUNE

Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.

Se soucier en même temps des frères égarés et du témoignage communautaire, refuser sectarisme et laxisme, mêler compassion pour le pécheur et passion pour l’Evangile authentique : tous les responsables des communautés expérimentent la terrible difficulté de cette tâche. Elle ne sera réalisable, conclut Jésus, que si vous n’oubliez pas que je suis au milieu de vous, que vous êtes responsables de l’évangélisation, que vous devez à tout prix éviter les scandales. D’où la nécessité permanente de la prière commune.
Dans chaque Eglise, nul n’est au centre – que Jésus seul.

C’est en priant ensemble que nous guérirons de nos préjugés et de nos impatiences, de notre indifférence et de nos duretés. La lecture assidue de l’évangile nous apprend comment Jésus s’est comporté, en même temps, pour éviter la dureté pharisienne et le laisser-aller païen. Ce fut un très dur affrontement ![/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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FAIRE LA CATECHESE  : SAVOIR CHANGER

Lettre du pape à l’occasion d’un symposium international en Argentine (11 juillet 2017)

Très beau programme à méditer par ceux et celles qui se dévouent à cette mission importante.

« ………Saint François d’Assise, à l’un de ses disciples qui insistait en lui demandant de lui enseigner à prêcher, répondit ainsi : « Frère, [quand nous visitons les malades, aidons les enfants et donnons à manger aux pauvres] nous sommes déjà en train de prêcher ». Dans cette belle leçon sont renfermées la vocation et le devoir du catéchiste.

En premier lieu, la catéchèse n’est pas un “travail” ou un devoir extérieur à la personne du catéchiste ; mais on “est” catéchiste et toute sa vie tourne autour de cette mission. En effet, “être” catéchiste est une vocation de service dans l’Eglise, ce qui a été reçu comme don de la part du Seigneur doit être à son tour transmis. Par conséquent le catéchiste doit revenir constamment à cette première annonce ou “kérygme” qui est le don qui lui a changé la vie. C’est l’annonce fondamentale qui doit résonner en continu dans la vue du chrétien, encore plus en celui qui est appelé à annoncer et enseigner la foi.

Cette annonce doit accompagner la foi qui est déjà présente dans la religiosité de notre peuple. Il est nécessaire d’assumer tout le potentiel de piété et d’amour que contient la religiosité populaire afin que non seulement se transmettent les contenus de la foi, mais que grandisse aussi une vraie école de formation où l’on cultive le don de la foi que l’on a reçue, de façon à ce que les actes et les paroles reflètent la grâce d’être disciples de Jésus.

Le catéchiste marche vers et avec le Christ, ce n’est pas une personne qui part de ses propres idées et de ses propres goûts, mais qui se laisse regarder par lui, par ce regard qui embrase le cœur. Plus Jésus occupe le centre de notre vie, plus il nous fait sortir de nous-mêmes, nous décentre et nous rend plus proche des autres.

De là naît l’importance de la catéchèse “mystagogique”, qui est la rencontre constante avec la Parole et avec les sacrements, et non pas quelque chose de simplement occasionnel, préalable à la célébration des sacrements de l’initiation chrétienne. La vie chrétienne est un processus de croissance et d’intégration de toutes les dimensions de la personne dans un chemin communautaire d’écoute et de réponse (cf. La joie de l’Evangile n°166).

Le catéchiste est en outre créatif ; il recherche différents moyens et différentes formes pour annoncer le Christ…. Cette recherche pour faire connaitre Jésus comme la beauté suprême nous amène à trouver de nouveaux signes et de nouvelles formes pour la transmission de la foi. Les moyens peuvent être divers mais l’important est de garder présent le style de Jésus, qui s’adaptait aux personnes qu’il avait devant lui, pour leur rendre l’amour de Dieu proche.

Il faut savoir “changer”, s’adapter, pour rendre le message plus proche, bien que ce soit toujours le même, car Dieu ne change pas, mais rend toutes choses nouvelles en lui. Dans la recherche créative pour faire connaître Jésus nous ne devons pas éprouver de peur parce qu’il nous précède dans cette mission. Il est déjà dans l’homme d’aujourd’hui et nous attend là.

Chers catéchistes, je vous remercie pour ce que vous faites, mais surtout parce que vous marchez avec le Peuple de Dieu. Je vous encourage à être des messagers joyeux, des gardiens du bien et de la beauté qui resplendissent dans la vie fidèle du disciple missionnaire. Que Jésus vous bénisse et que la Vierge sainte, vraie “éducatrice de la foi”, prenne soin de vous. Et, s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi.

PAPE FRANCOIS

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