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20ème dimanche – Année A – 20 août 2017
Évangile de Matthieu 15, 21-28

RECENTS TWEETS DU PAPE FRANCOIS

1er août: ne pas attendre de récompense
On fait du bien efficacement quand on ne cherche pas de récompense dans les situations concrètes de la vie quotidienne.

2 août: une joie contagieuse
L’Évangile est une Bonne Nouvelle qui porte en elle une joie contagieuse car elle renferme un choix de vie nouvelle.

4 août: la paix est possible
Au nom de Jésus nous pouvons démontrer par notre témoignage que la paix est possible!

5 août: respect
L’autre est un don à accueillir avec respect car en lui, spécialement s’il est faible et fragile, le Christ vient à ma rencontre.

6 août: pas dans le noir
L’espérance est la vertu d’un cœur qui ne s’enferme pas dans le noir, dans le passé. Mais qui sait voir le lendemain.
7 août: théologie de la libération du cœur
Le pardon libère le cœur et permet de recommencer: le pardon donne espoir. Sans pardon on n’édifie pas l’Église.

R.D.

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UNE PAÏENNE CONVERTIT JESUS

Jésus, juif de naissance, entreprit sa mission en s’adressant, comme tous les anciens prophètes, à son peuple : «  Convertissez-vous : le Règne des cieux s’est approché » (4, 17).
Dans son grand discours programme du « Sermon sur la montagne », sa mise en garde « Ne jetez pas vos perles aux cochons » (7, 6) signifie qu’il ne faut pas présenter le trésor de son enseignement aux païens, trop englués dans la souillure et l’impureté pour l’apprécier. D’ailleurs un premier essai de mission à l’autre côté du lac, dans la région païenne de Gadara, où l’on élève des porcs, échoua et Jésus se fit renvoyer chez lui (8, 34).
Dans son discours de mission, il ordonnait aux apôtres : « Ne prenez pas le chemin des païens et n’entrez pas dans une ville des Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël » (10, 5).

Cependant une première rencontre va bouleverser cette attitude : un centurion romain de Capharnaüm vient supplier Jésus de venir guérir son serviteur qui souffre atrocement. L’officier admet que Jésus ne puisse pas pénétrer dans sa maison mais il a ce cri : « Dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri ». Plein d’admiration devant cette confiance d’un païen, Jésus élargit son projet à l’univers : « Beaucoup viendront du levant et du couchant pour prendre part au festin du Royaume avec Abraham tandis que des héritiers du Royaume seront jetés dehors » (8, 10) Ainsi le salut est proposé à tout homme ; il n’est pas fonction d’une appartenance ethnique mais fruit d’une conversion personnelle. Etre Israélite n’est pas une assurance automatique et être païen n’est pas une exclusion définitive. Le mur entre les deux se fendille.

En même temps, et de plus en plus, Jésus constate que certains de ses compatriotes manifestent à son égard une hostilité grandissante. Des scribes hurlent au blasphème quand il pardonne ses péchés au paralytique (9, 3) ; des Pharisiens sont scandalisés par son choix de Matthieu – un voleur – parmi ses disciples et de le voir banqueter en compagnie de pécheurs notoires (9, 11). Il y a pire encore : devant ses guérisons, des Pharisiens le soupçonnent d’avoir fait un pacte avec le diable (9, 34 ; 12, 24). Cette accusation est gravissime et Jésus réplique par des mots très durs : « Génération mauvaise » (12, 39.45 ; 16, 4), « engeance de vipères » (12, 34) et il accuse ces hommes de commettre là un blasphème contre l’Esprit donc un péché impardonnable (12, 31).

Jésus débusque la source de leur mal : le cœur (12, 34). Dans l’anthropologie biblique, le cœur n’est pas le foyer des sentiments et de l’affectivité mais le lieu central de la personne, là où elle prend ses orientations radicales de vie. Jésus reprend le diagnostic du prophète Isaïe : « Le cœur de ce peuple s’est épaissi, ils sont devenus durs d’oreille, ils se bouchent les yeux pour ne pas voir de leurs yeux, ne pas entendre avec leur cœur et pour ne pas se convertir » (13, 15).

Un autre débat violent éclate à propos des observances. Des Pharisiens reprochent aux disciples de Jésus de manger sans se laver les mains alors qu’ils bafouent des commandements de Dieu comme celui de soutenir ses vieux parents. A nouveau Jésus s’appuie sur un oracle d’Isaïe : « Ce peuple m’honore des lèvres, dit Dieu, mais son cœur est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte car les doctrines qu’ils enseignent ne sont que préceptes humains » (15, 1-9)

Donc comme les anciens prophètes, Jésus constate que la religion peut rester un vernis, s’appliquer minutieusement à des pratiques et des observances tout en laissant le cœur dur, implacable. La foi se corrompt dans une piété formaliste, superficielle, hypocrite…même au sein du peuple de Dieu !!

UNE PAÏENNE CONVERTIT JESUS

C’est alors que Jésus emmène ses disciples à l’étranger, dans le sud du Liban actuel, dans la région des deux grands ports parmi les plus importants de la Méditerranée : Tyr et Sidon célèbres pour leur commerce de la pourpre, leur prospérité et leur luxe.

Tout à coup une femme de l’endroit, une Cananéenne, surgit derrière le groupe en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »
Comment connaît-elle Jésus ? Peut-être des commerçants galiléens de passage lui ont-ils montré celui qui est un guérisseur célèbre dans leur pays ? C’est une maman éplorée qui intercède pour sa fille gravement malade (selon la croyance de l’époque, elle est habitée par une puissance diabolique)
Jésus fait le sourd et poursuit sa route sans répondre un mot. Mais la femme continue ses appels à l’aide. Exaspérés par ses cris, les disciples prient Jésus de la renvoyer et Jésus répète ce qu’il avait dit à ses apôtres naguère : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ».
Mais la maman ne se tient pas pour battue : remontant le groupe, et comme pour forcer Jésus à s’arrêter, elle vient se prosterner devant lui : « Seigneur, viens à mon secours ! ». Curieusement Jésus ne cède pas encore et il répond en style imagé : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants (les gens de mon pays d’Israël) et de le jeter aux petits chiens (les païens). »
La maman, subtile, prend la balle au bond et répond : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »
Elle reconnaît donc que Jésus est envoyé en priorité à Israël, qu’il a raison de s’occuper d’abord des malades et des pécheurs de son pays…mais doit-il s’enfermer dans cette mission locale ? Ne doit-il pas ensuite s’ouvrir aux autres peuples, écouter leurs cris, compatir à leur souffrance ? Quels que soient son origine, sa langue, sa culture, son péché, sa religion, une maman n’a-t-elle pas le droit d’être écoutée ? L’amour de son enfant ne passe-t-il pas avant les étiquettes religieuses ?
Cet appel pathétique touche Jésus – comme naguère la foi du centurion – et il admire cette païenne : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! »
Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

PAS DES MIETTES MAIS DU PAIN POUR LES PAÏENS

La suite du récit montre que Jésus a tiré les conséquences de cette rencontre : redescendant vers la Galilée, il rencontre des foules de païens qui lui amènent malades et handicapés (la nouvelle du miracle s’est répandue très vite). Il les guérit et ces gens « rendent gloire au Dieu d’Israël » (15, 31).

Et, mieux encore, Jésus réitère pour eux le partage des pains qu’il avait opéré naguère pour ses frères juifs et Matthieu prend bien soin d’utiliser les mêmes expressions dans les deux scènes :
Jésus est bouleversé dans tout son être à la vue des gens (14, 14 et 15, 32)
Il entend les nourrir, leur donner la vie ; ses disciples, eux, veulent les renvoyer ; mais Jésus exige qu’ils lui donnent leurs provisions (14, 15 et 15, 33)
Jésus prend les pains, rend grâce, les rompt, les donne aux disciples qui les distribuent aux gens (14, 19 et 15, 35)
Les gens sont rassasiés et il y a des restes (14, 20 et 15, 37)

Chacun est né dans son pays, dans sa région, au sein de telle famille, éduqué dans telle culture, pratiquant de telle religion. Mais partout, dans tous les peuples, il y a des drames, des souffrances, des divisions : des parents souffrent de voir leurs enfants malades, enfermés dans les prisons de l’alcool et des drogues, rejetés comme des déchets dans les fossés du chômage. De partout monte le cri : « Seigneur, viens à mon secours »
Le parallélisme des deux récits et leurs ressemblances montrent que Jésus, le Juif, le Fils de Dieu, vient apporter la vie aux humains du monde entier. Et on comprend comment ces « multiplications du pain » annoncent le grand repas eucharistique où Juifs et païens seront invités à fraterniser, à partager la même vie et à s’unir dans un même peuple qui sera le Corps du Christ.

Matthieu conclura son évangile par l’envoi des apôtres au monde : « Allez ! De toutes les nations, faites des disciples… ». En quelques années, des petites communautés seront écloses à Alexandrie, Corinthe, Athènes, Rome…

CONCLUSION

Comme quoi, un voyage touristique peut conduire à des rencontres surprenantes, à des prises de conscience nouvelles, à des ouvertures. Jésus a découvert de l’intérieur ce monde païen dont sans doute les esprits les plus obtus de son peuple lui disaient pis que pendre. Il n’a voulu ni assimilation ni mélange informe.
La foi se décide et sépare ; la charité brûle et cherche la rencontre ; l’espérance tend à la Paix certaine.[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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La Russie retrouve le christianisme

JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD, JOURNALISTE, ÉCRIVAIN ET ESSAYISTE
publié le 24/07/2017 dans LA VIE
Russie, région de l’ouest, Goritsy, le monastère de Saint-Cyril-du-Lac-Blanc (XIVe siècle)

Serions-nous aveuglés par une lumière trop forte ? Il arrive qu’un événement survienne dont la portée est tellement « énorme » que nous oublions de le voir. C’est le cas de la Russie depuis l’effondrement (en 1991) de l’URSS. Je reviens d’un périple de 1600 kilomètres dans ce pays-continent (le plus vaste du monde) avec mon confrère Alain Frachon et l’historien Nicolas Werth, spécialiste de l’ex-URSS et du bolchevisme….. L’itinéraire – y compris un détour plus au nord, par la Carélie –, fut semé d’escales dans des bourgades et villages de la « Russie profonde ».

Tout cela nous a troublés, au-delà de ce que nous imaginions. Nos débats incessants sur Poutine, légitimes, nous font oublier l’essentiel. Comme un arbre cache la forêt, Poutine nous cache la Russie. Je veux dire que, tout à nos querelles à son sujet, nous oublions de prendre en compte l’effervescence sociétale, culturelle, littéraire, spirituelle qui anime ce pays. Et quel pays ! La Russie (17 millions de km2) est deux fois plus grande que les États-Unis (9,6 millions de km2) alors qu’elle est deux fois moins peuplée (146 millions d’habitants contre 323 millions aux États-Unis).

Comment ne pas être frappé par le spectacle de cet immense « retour » du christianisme orthodoxe, que trois quarts de siècle de bolchevisme avaient détruit. Des centaines de milliers de popes assassinés, des millions d’églises transformées en étables ou en granges à foin, des centaines de monastères démolis. Depuis l’effondrement de l’URSS en 1991, les Russes ont entrepris de rebâtir tout cela. Quand on parle chez nous de cette rechristianisation accélérée de la Russie, on veut n’y voir qu’une manœuvre de ­Vladimir Poutine. Sur place, on voit bien qu’il est irréfléchi de raisonner ainsi.

Certes Poutine instrumentalise à son profit la renaissance du christianisme orthodoxe. Il encourage même la lecture des penseurs et théologiens chrétiens comme Nicolas Berdiaev ou Ivan Iline, contraints jadis à l’émigration. Mais ce n’est pas lui ni ses affidés du Kremlin qui poussent les gens vers les milliers d’églises reconstruites dans tout le pays. De fait, dans chaque petite ville ou village où nous faisions halte, il n’était question que de reconstruction, restauration, consécration.

Ce fut le cas à Ouglitch ou Goritzy et, plus spectaculaire encore, dans l’immense monastère de Saint-Cyril-du-Lac-Blanc fondé au XIVe siècle. Un peu partout, ici, on s’active à relever ces ruines monumentales. Les trois jours passés à Saint-Pétersbourg (l’ancienne Leningrad) nous ont permis de voir que la plupart des églises et cathédrales ont été « réouvertes au culte » au milieu des années 1990, quelques années à peine après la fin de l’URSS.

À négliger cette réalité, on se condamne à ne pas comprendre ce qui nous distingue aujourd’hui des Russes. Chez nous, la religion catholique a longtemps été puissante et dominatrice. En Russie, ce fut l’inverse : le christianisme orthodoxe a été durement persécuté.

Il ressuscite aujourd’hui. Faut-il s’en plaindre ?[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][separator style_type= »single » top_margin= »24px » bottom_margin= »48px » sep_color= »#ff9604″ border_size= »1px » icon= » » icon_circle= » » icon_circle_color= » » width= » » alignment= »center » class= » » id= » »][/one_full]