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Dimanches Fêtes et solennités

Fête de la Pentecôte – Année A – Dimanche 4 juin 2017

UNE EGLISE QUI RIT ET SURPREND

Quand le jour de la Pentecôte arriva, les disciples se trouvaient réunis tous ensemble.
Tout à coup comme un violent coup de vent ! …Alors leur apparurent comme des langues de feu et il s’en posa une sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis d’Esprit.

La rumeur se fit, la foule se rassembla et fut en plein désarroi : chacun les entendait parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Nous les entendons annoncer les merveilles de Dieu dans nos langues ».
Tous étaient déconcertés. Dans leur perplexité, ils se disaient : « Qu’est-ce que cela signifie ? »
D’autres s’esclaffaient : « Ils sont pleins de vin doux »

( Actes de Apôtres 2)

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7ème dimanche de Pâques – Année A – 28 mai 2017
Évangile de Jean 17, 1-11

Au cœur du grand temps de prière qui va de l’Ascension à la Pentecôte, nous lisons le début de la prière solennelle de Jésus qui clôture son ultime soirée avec les siens (Jean 17). Il ne s’agit pas d’une transcription littérale des paroles de Jésus prises sur le vif. Lorsque Jean écrit son livre, plusieurs dizaines d’années se sont écoulées depuis cette fête de Pâque bouleversante, stupéfiante qui a complètement chamboulé les disciples. Depuis l’exécution sur la croix horrible, le désespoir, le retour du Vivant puis sa disparition, la communauté a été transfigurée : on méditait le sens de ces événements inouïs, on s’acharnait à percer le secret de Jésus, on se laissait travailler par son Esprit qui acheminait à la découverte de la Vérité tout entière, on se rassemblait pour faire mémoire de Jésus et partager son Pain de Vie. Cependant on se heurtait à l’incrédulité quasi générale, à l’hostilité croissante, aux menaces : des disciples étaient arrêtés, condamnés au tribunal, jetés en prison ; les plus grands d’entre eux – Etienne, Pierre, Jacques, Paul et beaucoup d’autres – avaient été torturés et mis à mort. Et cependant le message se répandait bien au-delà des frontières d’Israël, on s’émerveillait d’apprendre qu’en Egypte, en Macédoine, en Grèce et au cœur même du monde : Rome, de petites communautés naissaient, vibraient du bonheur de recevoir l’Evangile.
Enfin, le projet de Dieu s’éclairait.

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Fête de l’Ascension – Année A – Jeudi 25 mai 2017

Le Mont des Oliviers n’est pas le Cap Canaveral et Jésus ne s’est pas envolé dans le ciel comme une fusée. Gagarine et tous ses successeurs peuvent effectuer toutes les cabrioles à travers les milliards de galaxies, ils n’y verront évidemment jamais ni Dieu ni Jésus.

Quand Luc dit que Jésus est monté au ciel, quand nous prions « Notre Père qui est aux cieux », nous savons bien qu’il s’agit d’une métaphore : L’immensité du ciel au-dessus de nos têtes évoque – un peu et très mal – un Infini sans espace qui est celui que nous appelons Dieu.

« Il est monté au ciel et il est assis à la droite de Dieu ».
La fête de l’Ascension nous ouvre à toutes les richesses de cette révélation.
Elle nous offre ce qui manque le plus dans un monde en crise : nous avons un peu de foi, un brin de charité, mais nous manquons d’espérance.
On nous comble de moyens de vivre: on ne nous apprend pas le but.

Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance.
Et je n’en reviens pas.
Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout.
Cette petite fille espérance.
Immortelle.

Charles PEGUY

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6ème dimanche de Pâques – Année A – 21 mai 2017
Évangile de Jean 14, 15-21

« La grande vague » : l’estampe la plus célèbre de maître HOKUSAÏ (1760-1849)
La barque si fragile, proie facile pour une vague énorme,
monstrueuse, avec griffes, comme pour tout engloutir.
Ainsi l’Eglise menacée, sans défense.
Tant ont prédit sa disparition prochaine, inéluctable.
Son Seigneur semble dormir, ou même être absent
mais il nous dit : JE VOUS DONNE MA PAIX

Le chapitre 14 de Jean, dont nous avons écouté le début dimanche passé et que nous allons poursuivre ce jour, est le grand enseignement qui nous réconforte : « Ne soyez pas bouleversés ».
En effet nous sommes bien souvent dans la tempête.
Nous rêvons d’un Dieu tout-puissant et nous découvrons Jésus qui, tel un esclave, s’agenouille devant nous pour nous laver les pieds.
Nous voulons une Eglise triomphante, fière, sûre d’elle, impeccable, et nous la découvrons minable.
Nous cherchons à convertir les autres et c’est nous qui, les premiers, sommes appelés à changer.
Nous souhaitons des grands maîtres, des prélats modèles et nous apprenons que certains se souillent, trahissent.
Nous prétendons, comme Pierre, être prêts à donner notre vie pour le Christ et, à la moindre menace, nous renions.
Nous sommes rongés de doute, nous ne voyons rien et Dieu semble absent, disparu.

Un seul remède : écouter Sa Parole : « Ne soyez pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi ».

Jean n’emploie jamais le mot de « foi » de peur sans doute que nous en fassions un sentiment, une impression, quelque chose que l’on « a », que l’on « perd », que l’on retrouve. Il emploie toujours le verbe : « croire » est un acte, une décision, toujours à faire et reprendre. Tu crois quand tu fais ce qu’il te dit.

Jésus, lui, croit en ses disciples : oui ils sont infiniment pauvres, fragiles. Certains peuvent le trahir, le quitter. Tous peuvent l’abandonner sans le défendre. Mais il les relave d’avance, il les instruit, il leur partage son pain, il ne les traite pas de menteurs et de lâches. Il est sûr que la croix qu’il va accepter pour eux et que l’Esprit qui les habitera les transformeront et les rendront capables de l’aimer.

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5ème dimanche de Pâques – Année A – 14 mai 2017
Évangile de Jean 14, 1-12

UN ADIEU QUI EST UNE NOUVELLE PRESENCE

A la veille de la Pâque, en l’année 30, Jésus de Nazareth a été arrêté et exécuté sur une croix à Jérusalem. Chaque fois qu’un soi-disant prophète du même genre était arrêté et mis à mort, son mouvement disparaissait sans lendemain. Or ici un événement inouï s’est passé : les disciples de ce Jésus, qui cependant ne l’avaient pas défendu, ont réapparu au grand jour, complètement changés : ils proclament que Jésus a été ressuscité par Dieu, qu’il est bien le Messie et même davantage le Fils même de Dieu.
En dépit de l’incrédulité presque générale, des petites communautés se sont constituées non seulement en Israël mais très vite en Syrie, en Egypte, en Grèce, jusqu’à la capitale du monde, Rome. Pourtant l’hostilité contre elles était très forte : on a tué Etienne, Jacques, Pierre, Paul et beaucoup d’autres mais sans qu’on puisse arrêter l’expansion du mouvement. Des manuscrits circulent, relatant la vie de Jésus : écrits entre les années 70 et 85, on les attribue à Marc, Matthieu et Luc.

Mais vers la fin du 1er siècle de notre ère, un certain Jean (est-ce l’apôtre, fils de Zébédée, ou un autre, on ne sait), avec sa communauté d’Ephèse en Asie Mineure, rédige un nouvel Evangile. Il retrace la même ligne de la vie de Jésus mais cependant il le fait de manière très différente des autres.

La lumière de l’Esprit, que Jésus avait promis d’envoyer à ses disciples, a continué d’inspirer les croyants, a approfondi leur connaissance de Jésus, a certifié cette découverte a priori incroyable que Jésus est bien Seigneur, qu’il est la Parole, le Verbe de Dieu qui s’est fait chair et qui demeure dans ses communautés.
Et d’autre part, l’expérience de plusieurs dizaines d’années avec la mission dans tous les peuples et les persécutions qui s’acharnent contre les chrétiens a également permis à Jean de mieux comprendre à quelle profondeur il fallait vivre l’Evangile dans les circonstances de l’histoire du monde.

Voilà pourquoi, notamment, Jean a pu rédiger les chapitres 13 à 17 de son livre où il livre comme le testament de Jésus à ses disciples au dernier soir de sa vie terrestre et que l’on appelle LE DISCOURS D’ADIEU. Commencé par la fameuse scène du lavement des pieds et se clôturant par la grande prière finale, ce Discours nous révèle les grandes lignes du Projet de Dieu accompli par Jésus et en voie d’achèvement par nous, animés par l’Esprit. Nous méditons aujourd’hui son début (suite dimanche prochain)

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4ème dimanche de Pâques – Année A – 7 mai 2017
Évangile de Jean 10, 1-10

JE SUIS LE BON BERGER – JE SUIS LA PORTE

La représentation de Jésus berger est très fréquente déjà dans les catacombes romaines. A Ravenne, dans la merveilleuse suite de mosaïques, on admire celle de l’image ci-dessus (5ème siècle).

Jésus est jeune, sans barbe, assis sur des rochers qui évoquent la solidité, la montagne de Dieu ; son nimbe doré resplendit de sa Gloire divine.

Sa houlette a la forme d’une croix : l’instrument de son supplice est sa Gloire. C’est par elle, par le don total de son amour, qu’il rassemble et garde ses brebis. Une source coule, signe de l’Eau Vive de l’Esprit.

Les brebis -ses disciples- sont paisibles, réconfortées, libérées de la crainte : elles trouvent un pâturage abondant. Toutes les six ont les yeux tournés vers leur Bon Pasteur qui est au centre: l’une d’elle se laisse caresser par Celui qui les chérit. 

A l’affirmation de Jésus : « Je suis venu pour que les hommes aient la Vie et en abondance », l’assemblée répondait en chantant dans la joie le magnifique psaume de la confiance (Psaume 23) :

« Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien.
Sur des pâturages d’herbe verte, il me fait coucher ;
Près des eaux du repos, il me mène ; il me ranime.

Il me conduit par les sentiers de justice, pour l’honneur de son Nom.
Même si je marche dans un ravin d’ombre et de mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ;
Ton sceptre et ton bâton, voilà qui me rassure.

Devant moi tu dresses une table, face à mes adversaires.
Tu parfumes d’huile ma tête, ma coupe est enivrante.

Oui, bonheur et félicité me poursuivent tous les jours de ma vie.
Et je reviendrai dans la Maison du Seigneur pour de longs jours ».