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3ème dimanche de Pâques – Année A – 30 avril 2017
Évangile de Luc 24, 13-35

En ce petit matin de Pâque, un certain Cleophas et son ami, anciens disciples de Jésus, quittaient, effondrés, Jérusalem où leur Maître vénéré qu’ils prenaient pour le Messie venait d’être condamné et exécuté sur une croix ignoble. Leur espérance de libération était en cendres, l’échec était total. Il ne restait plus qu’à reprendre la vie d’avant.

Aujourd’hui, dans notre Occident, ce ne sont pas deux mais des milliers, des millions de baptisés qui tournent le dos à l’Eglise et ne croient plus en Jésus Christ.
Baptême, catéchisme, communion solennelle : tout a été torpillé par les grands penseurs de la modernité : Marx (la religion est l’opium du peuple), Freud (la foi est une névrose) et Nietzsche (Dieu est mort).

La société s’est sécularisée, elle proclame les droits de l’homme, accumule les succès fulgurants des sciences, les progrès de la médecine, le développement des médias. Explosion des divertissements et des voyages, ravissement de la consommation, libération des mœurs : l’homme moderne est débarrassé de la tutelle de l’Eglise qui exaltait la souffrance, réprimait le plaisir, exacerbait la mauvaise conscience par la notion du péché. Et Michel Onfray, le philosophe très médiatique, vient de mettre un point d’orgue à ce mouvement avec son nouveau livre « Décadence » : « Jésus n’a jamais existé. La civilisation judéo-chrétienne est sur le point de disparaître ».

En ce temps pascal, comment cheminer avec ces jeunes ? Comment rouvrir le débat sur Jésus ? Comment relire le Livre qui éclaire tous les autres : la Bible ? Comment célébrer l’Eucharistie pour que les yeux s’ouvrent et que les cœurs soient brûlants ?

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2ème dimanche de Pâques – Année A – 23 avril 2017
Évangile de Jean 20, 19-31

Le local est clos, sans fenêtre. Les apôtres et Jésus vivant sont bien ensemble mais la colonne centrale marque une séparation entre Lui, qui tout à coup est là, et eux. C’est dire que le Christ ressuscité n’est pas leur propre hallucination, imaginée ou inventée pour se consoler. « IL VIENT » dit Jean.

Sa robe dorée, sa taille plus grande et son auréole manifestent son état glorieux. Mais le nimbe avec la croix et ses plaies assurent qu’il est bien le crucifié : sa croix n’est pas une péripétie dépassée, un échec à oublier mais sa victoire. Il s’est donné par amour et il revient, sans colère, par amour, vers ceux qui l’ont lâché.

Le jeune Thomas, absent le jour de Pâques, a refusé de prêter foi au témoignage de ses amis et a exigé d’avoir des preuves : il sort du groupe pour toucher la plaie de la poitrine que Jésus lui montre. Contrairement à l’évangile qui ne le précise pas, Thomas touche la plaie du côté.

Mais Jésus, de la main droite, le renvoie à la communauté et en même temps il donne à tous le signal de mission : « LA PAIX AVEC VOUS…Heureux celui qui croira sans voir ». Ce n’est pas un renvoi à la crédulité naïve mais un appel à la vraie foi.

Car, en confessant : « Mon Seigneur et mon Dieu », le croyant rejoint une communauté qui n’est plus verrouillée dans ses peurs mais qui, en plein monde, s’épanouit dans l’espace et le temps, habitée par son Seigneur. Le Verbe continue à « se faire chair ». « Je suis venu pour qu’ils aient la VIE »

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Fête de Pâques – Année A – 16 avril 2017

FÊTE DE PÂQUES 2017

A l’ancienne église du Saint-Sauveur-in-Chora – transformée en musée – à Istanbul, cette fresque, dont l’image ici est incomplète, est considérée comme un des plus grands chefs-d’œuvre de l’art byzantin.
Dans un élan dynamique perceptible, le Christ ressuscité, dans la gloire d’une mandorle blanche, jaillit du tombeau et empoigne Adam et Eve- symboles de l’humanité- pour les faire sortir de la mort.

«  Si l’on proclame que Christ est ressuscité des morts,
comment certains d’entre vous disent-ils qu’il n’y a pas de résurrection des morts ?…
S’il n’y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité.
Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide
et vide est votre foi »
Cor 15, 12…)

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ :
Dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître
par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts
en vue d’un héritage qui ne peut ni se corrompre, ni se souiller ni se flétrir :
Cet héritage vous est réservé dans les cieux
à vous que la puissance de Dieu garde par la foi.
Aussi tressaillez-vous d’allégresse
même s’il faut que, pour un peu de temps, vous soyez affligés par diverses épreuves »
(1re lettre de Pierre 1, 3…)

R.D.

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Dimanche des Rameaux et de la Passion – Année A – 9 avril 2017
Évangile de Matthieu 21, 1-11

LA PARABOLE DE L’ÂNE

On n’imagine pas Alexandre le Grand, Jules César, Napoléon et autres prédateurs montés sur un âne pour faire leur Joyeuse entrée dans leur capitale. Jésus, lui, l’a fait. Non pour jouer à l’excentrique, au faux humble. Mais parce que c’était la volonté de son Père nettement mentionnée dans les Ecritures.

« Tressaille d’allégresse, fille de Sion…Voici que ton Roi s’avance vers toi : il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne…Il supprimera le char de guerre ; il brisera les arcs et il proclamera la paix pour les nations. Sa domination s’étendra d’une mer à l’autre… »
( Zacharie 9, 9)

« Crie de joie, fille de Sion, pousse des acclamations, Israël, réjouis-toi de tout ton cœur…Le Seigneur a levé les sentences qui pesaient sur toi, il a détourné ton ennemi. Le Roi d’Israël, le Seigneur lui-même, est au milieu de toi…il est tout joyeux à cause de toi ; dans son amour, il te renouvelle…Je sauverai les brebis boiteuses, je rassemblerai les égarées…Je vous ramènerai…je changerai votre destinée »
(Sophonie 3, 14).

Jésus sait qu’il est ce Roi et que là est son programme : mission de supprimer les armements, d’instituer la paix entre tous les peuples, de sauver les démunis – bref d’aimer pour changer la destinée.
L’âne n’était pas un désir folklorique mais le signe pour faire comprendre la mission de ce Messie : bien écouter Dieu et non ses idées personnelles, aller lentement, porter de lourdes responsabilités, s’attendre à des coups et des rebuffades. Rester un pauvre, refusant honneurs et enrichissement.
La foule n’a pas compris : elle voulait un chef, la force, la gloire, les honneurs, les tambours.
Et nous, acceptons-nous d’être des ânes qui apportent un tel Seigneur ?

R.D.