Catégories
Dimanches

5ème dimanche de Carême – Année A – 2 avril 2017
Évangile de Jean 11, 1-45

SIGNES ECRITS POUR CROIRE ET POUR VIVRE

Aujourd’hui nous écoutons le long et célèbre récit dit de « la résurrection de Lazare », le plus sensationnel miracle opéré par Jésus. Mais Jean ne dit jamais que Jésus a fait des « miracles » et il faut toujours relire le dernier verset de son évangile où il explique pourquoi et comment il a écrit son livre :

« Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d’autres signes qui ne sont pas consignés dans ce livre. Ceux-ci l’ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom » (20,30).

Un signe est une chose, un geste qui renvoie à au-delà de lui-même : ainsi un feu rouge vous dit de vous arrêter, un bouquet de fleurs vous dit la gratitude et l’affection de celui qui vous l’offre. Donc Jean n’a pas l’intention de lancer un scoop pour épater ses lecteurs et il ne veut pas restituer parfaitement un événement ancien pour que nous soyons au courant. Ni l’admiration ni la connaissance ne sauvent.
Je n’ai pas écrit, dit Jean, pour que vous connaissiez un fait, pour que vous croyiez que Lazare a été ressuscité mais pour que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Sauveur, le Fils de Dieu, celui qui vous donne la vie. Tout le récit est scandé par l’affirmation : « Afin que vous croyiez » (11, 15) ; « Crois-tu cela ? » (11, 26) ; « J’ai parlé afin qu’ils croient que tu m’exauces » (11 ? 42) ; etc.
La finalité du récit est de conduire le lecteur à croire à Jésus et donc à vivre. Jean rédige son texte pour faire comprendre comment l’action de Jésus est « significative », comment la résurrection de Lazare peut être un signe qui provoque ma résurrection. Essayons de comprendre le signe

Catégories
Dimanches

4ème dimanche de Carême – Année A – 26 mars 2017
Évangile de Jean 9, 1-41

« JE SAIS UNE CHOSE :
J’ETAIS AVEUGLE ET MAINTENANT JE VOIS »

Marc, Matthieu et Luc racontent que Jésus a opéré des guérisons et que notamment il a rendu la vue à certains aveugles. Lorsque Jean écrit son évangile, plusieurs années se sont passées et avec sa communauté d’Ephèse, il a beaucoup médité la portée de ces événements.
Si Jésus est Seigneur vivant, Verbe de Dieu, ses paroles et ses actions ne peuvent demeurer fixées dans un passé dont il suffirait d’évoquer le souvenir.
D’ailleurs la cécité se réduit-elle à une infirmité corporelle ? Si oui, pourquoi Jésus n’a-t-il pas rendu la vue à tous les aveugles qu’il rencontrait ?
Suffit-il d’être guéri d’un handicap pour entrer dans le Royaume tel que Jésus l’a précisé ?…Quel est donc le sens profond de ces guérisons ?

D’autre part 75 ans après sa mort et sa disparition, beaucoup de Juifs ne reconnaissent toujours pas Jésus, « ils ne voient pas » qui il est en réalité et l’hostilité des autorités religieuses est telle qu’on a décidé de chasser des synagogues ceux qui se convertissent à la foi nouvelle.

Voilà pourquoi Jean ne raconte pas la guérison d’un aveugle comme un « miracle » (mot qu’il n’utilise jamais) mais comme l’histoire qui arrive à celui qui commence à voir, qui reconnaît Jésus comme son Seigneur en se laissant baptiser.
L’Evangile n’est pas une histoire ancienne mais rejoint l’actualité même du lecteur croyant.

Catégories
Dimanches

3ème dimanche de Carême – Année A – 19 mars 2017
Évangile de Jean 4, 5-42

SEIGNEUR, DONNE-MOI CETTE EAU VIVE

Lors de ces trois dimanches, nous écoutons des pages célèbres de l’évangile de Jean qui nous conduiront à pénétrer dans la Grande Semaine puis dans le Mystère pascal :

  • La rencontre de Jésus avec une femme de Samarie
  • La guérison puis le procès d’un aveugle-né à Jérusalem
  • La réanimation de Lazare, à Béthanie.

On reconnaît tout de suite le style de Jean si différent des évangiles précédents. Pendant quelques dizaines d’années après ceux-ci, l’école de Jean, à Ephèse sans doute, a médité, approfondi le mystère de Jésus.
Rappelons la conclusion de son évangile qui en dit le but : « Ces signes ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu – et pour que, en croyant, vous ayez la Vie en son Nom » (20, 31)
Rien n’est plus important sur terre que de le connaître et de lui faire confiance, c.à.d. de croire en lui.

Il faut bien voir la différence. Un historien enquête soigneusement pour reconstituer le passé aussi parfaitement que possible : il donne à ses lecteurs la joie de faire un saut en arrière et de se plonger dans l’histoire à jamais révolue. Jean est un génie spirituel et théologique mais d’abord un évangéliste : il sait que Jésus a été naguère un personnage de l’histoire mais il est le Seigneur, la Parole incarnée de Dieu, celui qui demeure vivant dans l’histoire et qui peut donner à tout homme l’Esprit.
La rencontre avec la Samaritaine montre comment Jésus Seigneur nous rejoint dans notre aujourd’hui, nous propose l’Esprit qui, comme une eau vive, irriguera notre cœur desséché, lavera nos souillures et nous fera vivre de la Vie de Dieu.

Catégories
Dimanches

2ème dimanche de Carême – Année A – 12 mars 2017
Évangile de Matthieu 17, 1-9

TRANSFIGURATION
« QUE TON VISAGE S’ECLAIRE ET NOUS SERONS SAUVES »

(Psaume 80)

Le baptême avait marqué le premier tournant de la vie de Jésus : l’artisan de Nazareth était intronisé Roi par Dieu son Père et se lançait seul dans sa mission.
Ses options de base étaient fermes : faire vivre les hommes en leur annonçant la Parole de Dieu, sans recours à la magie ni à la violence.
Dans un coin perdu du monde, la Parole commence à éveiller une humanité nouvelle.

Après un certain temps, un second tournant va s’effectuer. Aux sources du Jourdain, Jésus annonce à ses disciples effarés qu’il a décidé de monter à Jérusalem, qu’il y sera refusé, condamné et exécuté, qu’il a toute confiance en son Père qui lui rendra la vie. Et il ajoute : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il me suive sur ce même chemin ».
« 6 jours après cette annonce » a lieu la célèbre scène de l’évangile d’aujourd’hui : sur la montagne, Jésus est transfiguré. Son visage rayonne de la présence d’amour de son Père. La vision est furtive mais la voix entendue au baptême répète : « Oui il est mon Fils : écoutez-le ».
L’annonce de la croix est confirmée par la Lumière divine.
Visage crispé par la peur et visage rayonnant de lumière sont les indices, les présages de la Pâque prochaine.

La vision n’est pas le terme : elle fait place à l’audition. « Ecoutez-le ».

L’arrêt sur la montagne, ou à la messe du dimanche, n’est qu’une étape : il faut redescendre, sortir, poursuivre la route où nous attendent refus des hommes et grâce de Dieu.

Oui Jésus est bien la Lumière du monde. Et la Lumière de Dieu brille sur un visage d’homme.
La vraie beauté d’un visage humain n’est pas cosmétique mais transparence de l’amour.