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1er dimanche de Carême – Année A – 5 mars 2017
Évangile de Matthieu 4, 1-11

LE VRAI SENS DU CARÊME

Les apôtres et les premières générations chrétiennes n’ont jamais « fait carême ». Groupes minuscules perdus dans les multitudes païennes, ils se rassemblaient chaque premier jour de la semaine (Jour du Seigneur = Dimanche) et, au printemps, ils célébraient Pâques, la grande fête de la Résurrection du Seigneur qu’ils préparaient par trois jours de jeûne et qu’ils prolongeaient par les 50 jours joyeux de la Pentecôte.
Ce temps Pâques-Pentecôte reste le sommet de l’année liturgique.

Plus tard, en souvenir douloureux de la croix, on allongea le temps de pénitence d’abord à toute la semaine, dite « semaine sainte », puis peu à peu aux semaines précédentes.
Et comme il était depuis toujours strictement interdit de jeûner le dimanche – Jour du Seigneur, jour de joie et d’allégresse -, on remonta jusqu’au mercredi précédent afin d’obtenir une période de 40 jours. Le mot latin « quadragesima » donna le mot français carême dont l’entrée fut symbolisée par le rite de l’imposition des cendres.

Le carême n’est donc pas d’abord un temps d’ascèse, un ramadan chrétien, mais un chemin orienté vers son terme : Pâques. C’est en décidant de mieux communier au Christ mort et ressuscité que l’on décide de la façon de « faire carême » donc de « faire pénitence ».
Et il faut rappeler que le mot « pénitence » ne veut pas dire d’abord effort pénible, punition, privation, flagellation, souffrance…mais « conversion », changement d’orientation.
Cette conversion est une bonne nouvelle, une merveille de la foi judéo-chrétienne : elle affirme que l’homme n’est pas prisonnier dans la prison de ses fautes passées, dans le carcan de ses habitudes.
Elle remplace le « remords » qui ronge et décourage par le « repentir » qui espère à bon droit que du neuf est toujours possible.

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8ème dimanche ordinaire – Année A – 26 février 2017
Évangile de Matthieu 6, 24-34

Là où est ton trésor, là est ton cœur

Il obture notre angoisse de manquer. Il nous permet de satisfaire nos besoins vitaux : manger, boire, se vêtir, habiter, se soigner. Il apaise notre inquiétude du lendemain.
L’argent est donc un instrument très utile, nécessaire, indispensable. L’argent liquide est comme le sang qui circule pour apporter la vie à tout l’organisme humain. S’il circule !!
Mais en avoir plus, toujours plus, offre tellement d’avantages ! Il ouvre des possibilités de jouissances nouvelles, offre notoriété, réputation. Le riche oublie le devoir de le partager – or tout homme doit vivre.
L’argent rend sourd aux cris des affamés : des fortunes gigantesques s’édifient tandis que des multitudes s’enlisent dans la misère.
L’argent rend aveugle au désastre écologique et à la destruction insensée de la planète.
La convoitise brûle : on gaspille, on se consume à consommer de façon effrénée.
Quel monde laisserons-nous à nos enfants ?

Ecoutons aujourd’hui le grave avertissement du Seigneur. Le tout premier danger qui torpille la vie dans le Royaume de Dieu, c’est la déification de l’argent. L’outil devient maître.
La cupidité donne la confiance. La fortune éteint l’espérance. L’avarice tue la charité.

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7ème dimanche ordinaire – Année A – 19 février 2017
Évangile de Matthieu 5, 38-48

« AIMEZ VOS ENNEMIS » : LA RÉVOLUTION CHRÉTIENNE
(Pape Benoît XVI)

« L’Évangile de ce dimanche contient l’une des paroles les plus typiques et fortes de la prédication de Jésus: « Aimez vos ennemis »… Pourquoi Jésus demande-t-il d’aimer ses ennemis, un amour qui dépasse les capacités humaines ? En réalité, la proposition du Christ est réaliste, car elle tient compte du fait que dans le monde il règne trop de violence, trop d’injustice, et que par conséquent, on ne peut surmonter cette situation qu’en lui opposant un supplément d’amour, un supplément de bonté. Ce « supplément » vient de Dieu, c’est sa miséricorde qui s’est faite chair en Jésus et qui seule peut « faire basculer » le monde du mal vers le bien, à partir de ce « monde » petit et décisif qu’est le cœur de l’homme.

Cette page de l’Évangile est considérée, à juste titre, comme la « grande charte » de la non-violence chrétienne, qui ne consiste pas à se résigner au mal mais à répondre au mal par le bien (Rom 12, 17-21), en brisant ainsi la chaîne de l’injustice.

On comprend alors que pour les chrétiens, la non-violence n’est pas un simple comportement tactique, mais bien une manière d’être de la personne, l’attitude de celui qui est tellement convaincu de l’amour de Dieu et de sa puissance, qu’il n’a pas peur d’affronter le mal avec les seules armes de l’amour et de la vérité.

L’amour  pour  l’ennemi constitue le noyau de la « révolution chrétienne », une révolution qui n’est pas fondée sur des stratégies de pouvoir économique, politique ou médiatique.

Un amour qui ne s’appuie pas, en définitive, sur les ressources humaines, mais qui est un don de Dieu que l’on obtient uniquement en faisant confiance sans réserves à sa bonté miséricordieuse.

Voilà la nouveauté de l’Évangile, qui change le monde sans faire de bruit.

Voilà l’héroïsme des « petits », qui croient dans l’amour de Dieu et le diffusent même au prix de leur vie ».

Pape Benoit XVI (Angelus du 18.02.2007)
Ce texte est cité par le pape François dans son Message pour la Journée de la Paix 2017 (cf. ci-dessous) 

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6ème dimanche ordinaire – Année A – 12 février 2017
Évangile de Matthieu 5, 17-37

Je ne suis pas venu abolir mais accomplir.

En adoptant le style du prophète pauvre et itinérant,
en proclamant avec assurance qu’il vient inaugurer le Royaume de Dieu,
en pressant les gens de changer leurs conceptions et de vivre comme il le dit et le pratique,
en enseignant que l’entrée dans ce royaume s’opère par les chemins des 8 béatitudes,
en présentant la Bonne Nouvelle de la Miséricorde de Dieu à tous les pécheurs,
est-ce que Jésus n’apportait pas quelque chose d’absolument nouveau ?

Est-ce que son Evangile ne remplaçait pas la Loi ?
Est-ce que la Nouvelle Alliance ne rendait pas l’Ancienne caduque?
Est-ce que les 8 Béatitudes ne supplantaient pas les 10 Paroles du Décalogue ?
Est-ce que la liberté s’épanouissait au-delà de la morale ?….

« NON ! Ne pensez pas… »

Enchaînant sur les Béatitudes, Jésus tout de suite écarte cette fausse interprétation.
Le Nouveau Testament ne dévalorise pas l’Ancien : il « l’accomplit ».