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16ème dimanche – Année A – 23 juillet 2017
Évangile de Matthieu 13, 24-43

DES PARABOLES … POUR CAPTER QUEL MESSAGE ?

« Dieu vient régner » : telle est la proclamation essentielle que Jésus annonce dès que, baptisé, il commence sa mission en circulant à travers la Galilée.

Que signifie cette expression ? Si Dieu « règne », où est son royaume ? En quoi consiste-t-il ?

L’explication est donnée au centre de l’évangile de Matthieu, dans les 8 paraboles du chapitre 13.

Dimanche passé, a été lue la première : le Royaume vient par la Parole, la Bonne Nouvelle que Jésus lance comme un semeur sème des grains de blé. Beaucoup ne l’écoutent pas ; certains l’abandonnent ; d’autres y renoncent, pris par des intérêts mondains. Mais certains y croient, accueillent la Parole, portent du fruit.

Aujourd’hui voici les 3 paraboles suivantes : elles aussi cherchent à nous convertir, à nous ouvrir les yeux, à bousculer nos inerties, à modifier notre vision, notre existence.

LE SEMEUR : écouter, garder les paroles dans le cœur, laisser mûrir.

L’IVRAIE : patience, ne pas s’énerver, laisser le jugement à Dieu.

LE GRAIN DE MOUTARDE : multiplier les petites attentions, les initiatives discrètes

LE LEVAIN : Le royaume de Dieu n’est pas dans les marges pieuses de l’histoire. Introduire la puissance de l’Evangile au cœur des réalités du monde.

R.D.

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BIEN ET MAL ENTREMÊLÉS : PATIENCE

« Dieu vient régner » : telle est la proclamation essentielle que Jésus annonce dès que, baptisé, il commence la mission qu’il vient de recevoir de son Père en circulant à travers la Galilée. Que signifie cette expression ? Si Dieu « règne » où est son royaume ? En quoi consiste-t-il ?

L’explication est donnée au centre de l’évangile de Matthieu, dans les 8 paraboles du chapitre 13. Dimanche passé, a été lue la première : le Royaume vient par la Parole, la Bonne Nouvelle que Jésus lance comme un semeur sème des grains de blé. Beaucoup ne l’écoutent pas ; certains l’abandonnent ; d’autres y renoncent, pris par des intérêts mondains. Mais certains y croient, accueillent la Parole, portent du fruit.

Aujourd’hui voici les 3 paraboles suivantes.

2ème PARABOLE : COEXISTENCE DU BIEN ET DU MAL

Il leur proposa une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi.
Les serviteurs du maître vinrent lui dire : “Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?”
Il leur dit : “C’est un ennemi qui a fait cela.” Les serviteurs lui disent : “Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?”Il répond : “Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.” »

Ceux qui croient que Jésus est le messie, le véritable envoyé de Dieu, l’authentique sauveur du monde, sont persuadés que son Evangile est le seul programme qui peut apporter à tous les peuples justice, paix, fraternité. Puisque Jésus lui-même a donné l’ordre de mission et puisqu’il est tellement triste de voir les innombrables victimes de la haine, de l’ambition, de la cupidité, n’est-il pas urgent et indispensable de vouloir éliminer au plus vite ce mal qui ravage le monde ? Si le monde est comme un champ où Jésus a semé le bon grain de l’amour et de la miséricorde, poursuivons donc son œuvre en arrachant toutes les poussées d’ivraie, cette invasion funeste qui apporte la mort.

Jésus se dresse contre ce fanatisme, « cette pureté dangereuse », cette illusion d’être du parti des bons chargés d’exterminer le parti du mal. Et cependant, hélas, au cours de son histoire, l’Eglise, sous le fallacieux prétexte de faire le bonheur de la société, a lancé des croisades, a provoqué des massacres ; des papes se sont autoproclamés chefs suprêmes du monde, ont joui de voir des empereurs baiser leurs sandales de pourpre ; des autorités religieuses ont voulu imposer les pratiques des sacrements ou les règles de la morale chrétienne.

Ne maudis pas les ténèbres, allume une bougie – disait un sage. Certes l’ivraie n’est pas le blé et il faut en discerner les dégâts mais l’Eglise n’est pas chargée d’instaurer immédiatement la justice mondiale et de porter des anathèmes péremptoires. Au lieu de condamner, qu’elle fasse du bien. Et qu’elle ose l’espérance : car si, au niveau botanique, l’ivraie ne peut jamais se transformer en blé, l’homme qui fait le mal peut, lui, se convertir. Toute croisade est péché d’impatience et de désespérance. Marie-Madeleine, Camille de Lellis, Charles de Foucauld et tant d’autres ont manifesté les merveilles de la conversion.

Et d’ailleurs bien et mal ne sont-ils pas enchevêtrés en chacun de nous ? L’obsession d’arracher notre part d’ombre, l’acharnement à être parfait  peuvent provoquer des névroses. Et si la foi était d’abord de s’accepter soi-même, de porter ses défauts, de constater sans hargne que l’on ne réalise pas l’idéal que l’on s’était forgé de soi-même ?
Reconnaître sa propre part d’ivraie inarrachable n’est-ce pas le moyen pour devenir plus miséricordieux à l’égard de ceux dont nous remarquons trop bien les défauts ?

3ème PARABOLE : LE MINUSCULE A UN AVENIR

Il leur proposa une autre parabole :
« Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches. »

Imaginez l’époque : Le César de Rome règne sur le plus puisant Empire que l’on ait vu sur terre, des légions romaines défilent au milieu des palais grandioses, les plus grands esprits dissertent sur la philosophie des génies comme Platon et Aristote, des foules en délire applaudissent, dans des théâtres de 25.000 places, les plus grands acteurs jouant les chefs d’œuvre des Tragiques grecs. Et au même moment, en Galilée, un villageois en sandales, sans titres, sans un sou en poche, circule de village en village en criant : « Heureux les pauvres, heureux les pacifiques…. ». Et bientôt cet homme qui dérange est arrêté et condamné à la mort ignominieuse de la croix. Ponce Pilate n’aurait pas misé un sesterce sur l’avenir de cette croyance un peu folle.
Vingt siècles plus tard, les touristes photographient les ruines de ce monde mort et, sur toute la planète, deux milliards d’hommes confessent leur foi en ce Jésus vivant et tentent de vivre son Evangile !
La graine minuscule est devenue un arbre. Et les oiseaux – c.à.d. les peuples – trouvent en lui consolation, force, joie de vivre. Epanouissement extraordinaire d’un grain d’humanité animé de l’Esprit.

Aucun apôtre de Jésus n’a cherché la célébrité ; personne ne connaissait un certain Paul qui rassemblait quelques dockers de Corinthe dans une maison ordinaire. La mission n’appelle pas à construire de grandes choses. Semons des grains minuscules : visiter un vieillard solitaire ou un malade à l’hôpital, prier pendant quelques minutes en silence, soutenir la marche d’une pauvre paroisse, célébrer une Eucharistie sans éclat….Dans la nuit allumer une bougie. Elle éclairera plus tard les jeunes qui errent dans la nuit.

4ème PARABOLE : S’ENFOUIR DANS LE MONDE POUR LE FAIRE LEVER

Il leur dit une autre parabole :
« Le royaume des Cieux est comparable au levain qu’une femme a pris et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »

L’homme qui accepte le règne de Dieu c.à.d. qui consent à conduire sa vie selon l’Evangile ne s’écarte pas du monde dans lequel il vit. Il ne renonce pas à ses engagements familiaux, professionnels et civiques : il les accomplit avec un nouvel esprit. Sa foi ne se réduit pas à une zone de prières, de liturgies, de piété.
Sans nier l’apport de la Grèce et des Lumières, l’Evangile – plus largement le judéo-christianisme – a introduit une force d’élévation dans l’humanité : le sens de la personne humaine, le respect de la femme, le service des plus pauvres, le sens de l’universel….
Dès ses débuts, l’Eglise ne s’est jamais cantonnée dans des cérémonies et si elle parlait du ciel et de l’avenir, elle suscitait du coup les responsabilités les plus immenses vis-à-vis du présent.
Même au plan culturel, l’inspiration chrétienne a manifesté son génie : les peintures de Giotto, les sculptures de Michel-Ange, la cathédrale de Chartres, le cloître de Moissac, la Messe de Jean-Sébastien Bach, le Requiem de Mozart…tant de chefs d’œuvre témoignent de la beauté unique de l’Évangile du Ressuscité. L’Evangile magnifie la culture.
C’est en pleine pâte humaine, au cœur des enjeux sociaux, à la pointe des projets scientifiques, dans la tempête des conflits politiques que l’Evangile doit travailler. Le chrétien ne peut avoir deux vies juxtaposées et il doit toujours se demander comment la prière et la liturgie irriguent ses décisions et ses comportements. Si la croyance en un Dieu invisible peut inspirer une religion aliénante, la foi en Jésus, fils de l’homme et Fils de Dieu, renvoie inévitablement au cœur de la chair, dans l’incarnation.

CONCLUSIONS

En proclamant la venue du Règne de Dieu, Jésus ajoutait immédiatement : « Convertissez-vous ». Les paraboles nous changent, ouvrent les yeux, bousculent les inerties, modifient notre vision, notre existence.
LE SEMEUR : écouter, garder les paroles dans le cœur, laisser mûrir.
L’IVRAIE : patience, ne pas s’énerver, ne pas juger
LE GRAIN DE MOUTARDE : multiplier les petites attentions, les initiatives discrètes,
LE LEVAIN : il n’y a pas deux domaines : sacré/profane. Introduis la puissance de l’Evangile au cœur des réalités du monde.[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= » » animation_direction= » » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

Raphaël Devillers,  dominicain
Tél. : 04 / 220 56 93   –   Courriel :   r.devillers@resurgences.be

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PAPE FRANÇOIS : « LOUÉ SOIS-TU »

LETTRE ENCYCLIQUE SUR LA CONVERSION ECOLOGIQUE

Gigantesques sont les dimensions des tragédies écologiques. Minuscules, ridicules, inutiles nous semblent nos moyens d’action. D’où notre inertie. Nous nous plaignons et nous laissons faire.
Que faire ? Semer des grains de blé même s’il y a beaucoup d’ivraie ; accomplir de petits actes, persuadés qu’ils sont porteurs d’un avenir immense ; insérer l’Evangile en pleine pâte humaine quelle que soit sa lourdeur.
La spiritualité des paraboles est efficace…si nous y croyons, si nous les mettons en pratique. Le pape nous presse à multiplier les actions les plus humbles.

II. ÉDUCATION POUR L’ALLIANCE  ENTRE L’HUMANITÉ ET L’ENVIRONNEMENT

209. La conscience de la gravité de la crise culturelle et écologique doit se traduire par de nouvelles habitudes.

Beaucoup savent que le progrès actuel, tout comme la simple accumulation d’objets ou de plaisirs, ne suffit pas à donner un sens ni de la joie au cœur humain, mais ils ne se sentent pas capables de renoncer à ce que le marché leur offre. ……………..

211. Cependant cette éducation ayant pour vocation de créer une “citoyenneté écologique” se limite parfois à informer, et ne réussit pas à développer des habitudes. L’existence de lois et de normes n’est pas suffisante à long terme pour limiter les mauvais comportements, même si un contrôle effectif existe.

Pour que la norme juridique produise des effets importants et durables, il est nécessaire que la plupart des membres de la société l’aient acceptée grâce à des motivations appropriées, et réagissent à partir d’un changement personnel.

C’est seulement en cultivant de solides vertus que le don de soi dans un engagement écologique est possible.

Si une personne a l’habitude de se couvrir un peu au lieu d’allumer le chauffage, alors que sa situation économique lui permettrait de consommer et de dépenser plus, cela suppose qu’elle a intégré des convictions et des sentiments favorables à la préservation de l’environnement.

Accomplir le devoir de sauvegarder la création par de petites actions quotidiennes est très noble,

et il est merveilleux que l’éducation soit capable de les susciter jusqu’à en faire un style de vie.

L’éducation à la responsabilité environnementale peut encourager divers comportements qui ont une incidence directe et importante sur la préservation de l’environnement tels que :

  • éviter l’usage de matière plastique et de papier,
  • réduire la consommation d’eau,
  • trier les déchets,
  • cuisiner seulement ce que l’on pourra raisonnablement manger,
  • traiter avec attention les autres êtres vivants,
  • utiliser les transports publics ou partager le même véhicule entre plusieurs personnes,
  • planter des arbres,
  • éteindre les lumières inutiles.

Tout cela fait partie d’une créativité généreuse et digne, qui révèle le meilleur de l’être humain. Le fait de réutiliser quelque chose au lieu de le jeter rapidement, parce qu’on est animé par de profondes motivations, peut être un acte d’amour exprimant notre dignité.

212. Il ne faut pas penser que ces efforts ne vont pas changer le monde.

Ces actions répandent dans la société un bien qui produit toujours des fruits au-delà de ce que l’on peut constater….

En outre, le développement de ces comportements nous redonne le sentiment de notre propre dignité, il nous porte à une plus grande profondeur de vie, il nous permet de faire l’expérience du fait qu’il vaut la peine de passer en ce monde…… »[/fusion_text][/one_full][one_full last= »yes » spacing= »yes » center_content= »no » hide_on_mobile= »no » background_color= »#ff9604″ background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » hover_type= »none » link= » » border_position= »all » border_size= »0px » border_color= » » border_style= »solid » padding= »25px » margin_top= » » margin_bottom= » » animation_type= »0″ animation_direction= »down » animation_speed= »0.1″ animation_offset= » » class= » » id= » »][fusion_text]

« ACHETER
EST NON SEULEMENT UN ACTE ECONOMIQUE
MAIS TOUJOURS AUSSI UN ACTE MORAL »

PAPE BENOIT XVI (cité dans « Laudato si » – § 206)

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